UN TRAITEMENT DOUX, RESPECTUEUX, EFFICACE ET RAPIDE DES PERSONNES VICTIMES DE TRAUMAS SEXUELS EST-IL POSSIBLE?

LA PTR:  PSYCHOTHERAPIE DU TRAUMA ET REINTEGRATION

par  Gerald Brassine

 
  • 1  Préalable: une connaissance de l’abus sexuel est capitale.

Pour travailler des traumatismes aussi importants que ceux qui découlent des abus sexuels, en particulier, ainsi que de nombreux autres événements de vie anciens qui  restent douloureux des années plus tard, il est important de respecter certaines règles, souvent méconnues par pas mal de professionnels.

Une des attitudes importante de la part de “l’intervenant désensibilisateur de traumas” qu’il soit professionnel ou non est qu’il crée une bonne relation, ca va de soi ! Dans le cas des abus sexuels une méconnaissance de la réalité des abus et de leurs effets  rendra cette relation de confiance impossible.

Une bonne relation découle de beaucoup de choses différentes, entre autres, de la connaissance de ce que vivent effectivement les victimes de traumas.

Un grand nombre de personnes abusées continuent de se cacher dans la peur et dans la honte des agressions dont ils ont été les victimes.

Ces personnes se sentent bien plus à l’aise sur le net, sur un forum de discussion et d’entre-aide aux victimes. Sur ces forums on ne raconte rien des abus subis si on le souhaite. On parle sous un pseudonyme et on ne dévoile rien de son histoire tragique ou seulement la partie que l’on se sent capable de dire sans trop en souffrir.

Celui ou celle qui a vécu des agressions sexuelles, des tortures, se sent, non seulement coupable, mais fait aussi tout ce qu’il peut pour ne pas se les remémorer et essaie d’éviter le sujet. Ce n’est pas pour rien que beaucoup de sites spécialisés sont gentiment “fleur bleue”, anodins et c’est bien comme ça. Les personnes victimes essayent de se reconstituer une identité propre (pas sale) avec des gens apparemment normaux qui ne parlent que peu souvent de “çà”, mais dont le non jugement est garanti puisqu’ils ont eux aussi vécu la chose dont on parle le moins possible.

Et ils ont raison de faire cela et de cette manière …. Se glisser dans un salon respectueux et silencieux. Et cela est déjà, en soi, très thérapeutique.

Mais il y a moyen de faire mieux, beaucoup mieux, pour se soulager de ses symptômes, mais il faut savoir comment faire.

  • 2  Le parcours du combattant des victimes.

Trop de victimes ont parfois pris le risque de s’adresser à des amis, devant un public non averti, à des policiers et parfois à des psy et elles en ont souvent gardé un souvenir douloureux, elles en sont ressorties effrayées et jugées, condamnées par des interprétations faciles.

Certaines victimes m’ont exprimé, la douleur qu’implique le fait d’en parler pendant des séances et des séances, de s’en souvenir et cela devant une personne qui ne réagit pas, qui reste muette, ne fait rien.

Ces patients se sont adressés à des psys de type analytique ou d’autres orientations qui ne connaissent le trauma que théoriquement et qui ne connaissent pas non plus, ce qui pourtant dans d’autres pays est considéré comme une faute grave; la victimisation secondaire créée par le simple fait de faire parler des traumas sans y porter remède immédiatement!!!

Beaucoup d’orientations psychologiques n’ont aucune autre pratique que celle de faire parler la victime et c’est totalement inutile et vraiment dommageable.

Sur ce point, différentes approches modernes qui traitent spécifiquement le trauma sont d’accord. Il est très dangereux de faire parler une victime exagérément de ses souvenirs. Cela relance les symptômes et augmente la difficulté à vivre de la victime.

Les approches de type psychanalytique qui n’utilisent que la parole n’ont donc pas d’outils spécifiques pour le traitement des traumas. Il faudrait éviter ces méthodes inappropriées pour le trauma. Les approches psychanalytiques restent bénéfiques pour d’autres problématiques.

Plus grave encore pour ces patientes qui, dans leur tentative de trouver quelqu’un qui puisse les aider, sont “tombées”sur un thérapeute qui ignore tout du trauma  ou croit  que toutes les personnes qui parlent d’abus sexuels sont  suspectes d’avoir tout inventé, ou d’être la victime (quasi psychotique) de faux souvenirs.

Si ce type de psychothérapeute pouvait d’emblée dire qu’il ne croit pas à cette problématique. Ce serait plus honnête et cela ferait moins de dégâts. Qu’il avoue honnêtement son incompétence à travailler cela, parce qu’il pense qu’il est trop difficile de savoir ce qu’il en est vraiment quant à la véracité des abus ou parce qu’il a peur que la personne ne s’invente des faux souvenirs. Il me semble que ce type de thérapeute devrait prendre sur lui la responsabilité de sa croyance et la rendre explicite immédiatement.  Puisqu’il apparaît évident que seul un thérapeute qui ne connaît

aucune approche efficace pour le traitement des traumas ne peut craindre une telle fabrication de faux souvenirs.

Quel bon service il pourrait rendre en s’excusant et en renvoyant ailleurs, vers d’autres thérapeutes qui travaillent avec les traumas !!! Malheureusement le problème est évidemment qu’un thérapeute qui croit à la fabrication de faux souvenirs, pense logiquement que le spécialiste en traumas est un spécialiste en creation de faux souvenirs, qui ne peut que  créer plus de difficulté aux patients !

Le thérapeute devrait quand même savoir que pas mal d’écoles  de pensées traitent de différentes manières les traumas. Que se soit le Comportementalisme, le Cognitivisme, l’hypnose ericksonienne, le Descopem, l’Emdr, la Somatic Experiencing et tant d’autres encore sans oublier, bien sûr, la PTR !

En renvoyant à quelqu’un d’autre et en acceptant la possibilité de vrais souvenirs, il pourrait éviter cette terrible douleur que ressentent déjà pas mal de victimes.

En effet lorsque, seulement quelques bribes floues de souvenirs de viols, d’agressions etc. sont accessibles à la conscience, une autre manière qu’à l’inconscient de protéger la personne de la douleur de ces souvenirs est “d’offrir” le sentiment que: “peut-être ai-je inventé tout cela” !!!

C’est un classique, pour qui travaille régulièrement avec les victimes de traumas. Qu’il soit dû à des agressions sexuelles ou non j’invente

Dans la PTR le thérapeute avisé utilisera ce sentiment en le renforçant pour offrir le confort de cette idée, de ce sentiment (peut-être que j’invente, ce souvenir est un faux) pour mieux revisiter, transformer afin d’insensibiliser les souvenirs en question. Dans les instants qui suivent cette désensibilisation, le patient se retrouve au clair avec ce qui a eu lieu ou non. Il sait ce qui lui est réellement arrivé et retrouve souvent d’autres séquences ou morceaux pénibles du souvenir qui rendent le souvenir vérifiable et indiscutable.

En général, le patient comprend mieux après avoir retrouvé le souvenir complètement,

“ l’intelligence” de la stratégie utilisée par son inconscient pour le protéger de ces souvenirs traumatiques.

Une de mes patientes m’a raconté comment sa psychologue, qui la “suivait” depuis deux ans et à laquelle elle avait confié les abus sexuels dont elle avait été la victime, a réagi d’une manière plus que stupéfiante. Un jour, cette patiente confia à sa thérapeute qu’elle était parvenue à avoir des rapports sexuels avec un homme qu’elle aimait beaucoup (en faisant de grands efforts pour y parvenir) alors que jusque là elle n’avait vécu que des relations homosexuelles. Pour la psy c’était la preuve qu’elle avait menti. Jusque là, elle ne lui avait parlé que de son homosexualité et avoir eu un rapport hétérosexuel signait son mensonge. Pour la psychologue cette aventure hétérosexuelle devenait la preuve qu’elle avait inventé cette histoire d’abus sexuel. Car, pour la psy, il était impossible qu’une jeune femme abusée puisse avoir des rapports sexuels avec un homme! La méconnaissance de cette psy n’est-elle pas énorme? Cet exemple me fait penser à un texte écrit par Françoise Dolto, dans lequel elle affirmait qu’une petite fille abusée ne souffrait pas du fait que son père abuse d’elle, parce qu’elle savait bien que si papa faisait cela, c’était parce que maman se refusait à lui…”

J’ai entendu dans la bouche de certaines de mes patients que des psys les avaient fait taire  en avançant que les abus n’étaient pas là le vrai problème… Il fallait chercher autre chose, est-ce dans la croyance à la F. Dolto que l’on peut justifier une telle attitude?

D’autres thérapeutes ont invité le patient à pardonner ou à oublier alors que rien n’avait été offert pour désensibiliser ces mille et une douleurs, dont souffrait encore la patiente. Comme si le pardon pouvait être thérapeutique en soi. De la même manière, certains psychothérapeutes pensent  que porter plainte et aller au tribunal, auront un effet thérapeutique magique. Ils poussent le patient à faire ces démarches, lorsqu’ils ne les y forcent pas, par un “si vous n’allez pas porter plainte, je ne vous donne pas un autre rendez-vous”. Bien souvent le patient se sent encore plus honteux de ne pas être capable de faire cela.

Pas mal de psy devraient avoir la décence, l’humilité de déclarer que ce n’est pas leur spécialité, ou que cela leur fait trop mal et ils devraient envoyer les patients chez quelqu’un qui pourra les aider. Chez quelqu’un qui y connaît quelque chose dans les abus sexuels et dans le traitement des traumatismes qu’ils impliquent.

Malheureusement ceux-ci ne sont pas légion !

 
  • 3 Du neuf sous le soleil en ce qui concerne le traitement des traumatismes.

Pour autant que cela soi fait en douceur! Le Emdr ne cache pas qu’il s’adresse essentiellement à des traumas légers, que les traumas  trop lourds, trops anciens, ou qui ont été perpétrés de manière répétitive devraient être évités par les praticiens du Emdr. Il semble d’ailleurs évident que l’abandon de cette technique (pourtant efficace) par les thérapeutes formés, soit dû à la trop grande violence de cette approche, si on en croit une recherche faite par l’école de Emdr de Londres). Aux États Unis certains thérapeutes formés a l’Emdr disent, non sans humour, qu’il faudrait avoir un permis de port d’arme pour être autorisé à utiliser le Emdr. Dans beaucoup de cas le thérapeute pas plus que ne patient ne sait pas si il y a un gros trauma caché derrière le plus petit présenté explicitement par le patient. Il est donc capital de préparer le patient au confort de l’état modifie de conscience, avant de commencer à désensibiliser, même un petit trauma, et d’utiliser tous les moyens de protection comme si il s’agissait de désensibiliser quelque chose d’extrêmement violent. La récompense est toujours au rendez-vous, car l’inconscient sait reconnaître les attentions du thérapeute et il lui ouvrira alors les portes pour la désensibilisation de traumatismes amnésies. Ces protections sont la spécificité de la PTR et expliquent sa rapidité d’action grâce à la sécurité qu’elle procure au patient durant la désensibilisation des contenus émotionnels refoulés en raison de leur intensité.

Au fil des années, avec les différents outils que j’ai acquis lors de nombreuses formations et d’une longue pratique avec des cas extrêmement “lourds”, j’ai été obligé de mettre au point des techniques spécifiquement élaborées pour insensibiliser les traumas en douceur et sans souffrance ou presque.

  • 4 Le psycho-trauma au quotidien et la nécessité de tordre le cou à un certain nombre d’incompréhensions, d’idées macho et paternalistes encore en vigueur!

 
Un trauma résulte d’un choc émotionnel souvent ancien et dont les différents aspects du souvenir, restent vivants, comme collés à la peau, au corps, à la tête, au cœur, au sexe, et à l’esprit des victimes.

Des odeurs de sexe, de sperme, de sang restent dans le nez ou la bouche, des victimes pendant des décennies. Des douleurs physiques, traitées par la médecine et résistantes à celles-ci, sont parfois le souvenir amnésiquement inscrit, de violences physiques, d’accidents, restés ancrés dans le corps, quand elles ne sont pas le pur produit de la conversion psychosomatique.

La violence du trauma toujours puissamment active est gigantesque et les psys ne semblent pas le percevoir. A leur décharge, les victimes, elles, font tout pour dissimuler et minimiser ces stigmates bien vivants. Elles “serrent les dents”, elles “font bonne figure” et parlent rapidement d’autre chose pour ne pas dévoiler leur souffrance pourtant énorme.

Durant le travail de désensibilisation, j’observe de près les patients, pour éviter le retour incontrôlé de la souffrance, mais surtout je les invite à me dire si quelque chose se déclenche et est susceptible de leur faire mal. Que se soit à cause d’une de mes propositions ou parce qu’ils se remémorent quelque chose de pénible. Il faut éviter de souffrir pendant ce travail. Il est même préférable que la procédure se fasse dans le confort, le plaisir et même l’amusement.

Le rire n’est pas toujours garanti, mais un certain confort, une aisance sont pratiquement toujours présents durant l’usage de la PTR, ou devraient l’être.

Retirer le ressenti, par exemple -le souvenir d’un couteau, ou d’un revolver introduit dans un vagin, souvenir qui y est comme resté imprimé depuis lors, peut faire éclater de rire au moment où l’imagination du patient change le couteau en un poisson rouge gigotant ou taut autre fantasmagorie qui changera POUR TOUJOURS l’horreur de ce souvenir. Ce ressenti, re-vécu au quotidien depuis des années se changera grâce à ce jeu de l’imagination et permettra d’expérimenter dans le présent et le futur, toutes sortes d’autres sensations bien plus adéquates.

Même en présence d’un thérapeute expérimenté et bienveillant, il n’est pas facile pour une victime d’oser révéler certains symptômes, certains faits subis qui amènent, peur, angoisse, colère et principalement la honte.

Comment un homme d’une quarantaine d’années, ex-victime, peut-il dire et faire comprendre à une jeune psychologue, qu’il ne peut toujours pas s’asseoir sur ses deux fesses sans avoir l’impression qu’un pénis s’enfonce plus profondément dans son rectum? Même si ce pénis à été introduit là il y a plus de trente ans. Comment la jeune femme peut-elle dire que les rares fois ou elle a essayé de faire l’amour, le visage de son conjoint s’est changé en celui de l’agresseur qui l’avait violé 25 ans auparavant. Comment cette personne va-t-elle pouvoir avoir une vie amoureuse (physiquement?)

Comment une personne dira-t-elle que son agresseur, celui qui lui a dit si tu parles, je te tue, en pointant le couteau vers son cou, comment et à qui dire que cet homme, cette présence est toujours là avec elle, même dans les rues. Ne risque-t-elle pas de tomber sur un psychiatre qui pensera qu’elle est folle, psychotique? Croyez-vous que cette femme abusée dans son enfance, osera dire à un psy qu’elle a été violée, à nouveau, il y a dix ans plus tard …

Ce genre de vieilles idées stupides a la vie longue, un jeune magistrat d’une trentaine d’année et professeur dans une université catholique, me disait que lui aussi pensait que il y a toujours “quelque chose” entre la femme violée et son agresseur, comme un accord pré-établi avant l’agression. Il rajoutait que cette idée était déjà présente dans “l’ancien régime” je me suis contenté de lui rappeler que l’ancien régime s’était arrêté en 1789, qu’il était temps qu’il mette sa pendule à l’heure. Je lui ai fait remarquer, fermement que s’était fort dommage qu’un imbécile comme lui enseigne à de futurs avocats et futurs magistrats.  On s’en rend compte dans cet exemple, que même des personnes concernées ne sont pas encore informées.

Tellement peu de personnes savent que les violeurs ont un radar pour repérer les personnes qui ont été cassées, battues ou violées. Celles-ci souffrent de ce qu’on appelle l’impuissance acquise. Ce sont les violeurs et autres psychopathes qui les repèrent, se ne sont pas elles qui les recherchent. Il n’est pas rare d’ailleurs qu’elles ne se suicident après un nouveau viol, une nouvelle agression, pensant comme le leur dit trop  souvent l’entourage professionnel ou non: “c’est qu’elle le cherchait”.

Comment doivent faire toutes ces personnes pour oser parler du viol, des abus sexuels, qui sont malheureusement très fréquents. J’en ai tellement vu et entendu que mes victimes sont rassurées par mes questions, qui montrent simplement que je connais cette réalité et que je ne les en crois pas responsables.

Elles sont rassurées pcq je suis de toute évidence au courant du fait que par exemple elles ont fait une anesthésie corporelle presque complète lors d’une visite et d’un toucher chez un gynécologue. Elles sont soulagées d’apprendre qu’elles ne sont pas les seules à ne plus avoir consulté un gynéco depuis des années.

Elles sont rassurées d’apprendre que je sais que le plaisir est mécanique et pas affaire de désir. Les malheureux(x)ses qui ont du endurer cette sensation de “plaisir” ont souvent été questionnées par des “professionnels” qui ignorent encore que même une érection puis une éjaculation peut advenir d’une stimulation appropriée mais cependant forcée.

Malheureusement, elles sont nombreuses les victimes qui ont vécu cette trahison du corps.

D’autres questions comme: “Et quand vous faites l’amour avec votre mari, est-ce que vous êtes anesthésiée au niveau vaginal ou tout votre corps est comme gelé? Quand je leur demande si le jour de l’agression elle avait été comme collée au plafond ou simplement comme assise à côté d’elle même en se regardant et en se demandant si cette femme était comme quelqu’un d’autre? Est-ce que cela lui arrive souvent d’être hors de son corps lorsqu’on la touche? Ce goût de sperme dont elle a fini par oser me décrire l’existence parce que lorsqu’elle me parlait, je la voyais tousser et toucher frénétiquement sa bouche tout en s’en empêchant. Ce goût de sperme est-il présent tout le temps ou seulement de temps en temps? Et dire que dans bien des cas ce symptôme disparaîtra en moins de 5 minutes. Grâce à la PTR, dans un état légèrement modifié de conscience, la personne pourra, par exemple, être invitée à penser au goût d’un fruit délicieux, et en se l’imaginant, elle éliminera pour toujours  ce goût de sperme !

Oui, la grande majorité des victimes vit ce genre de phénomènes au quotidien et a malheureusement trop souvent raison de ne pas en parler aux psys qui semblent effrayés devant ceux-ci et ne savent pas comment les comprendre.

Pire encore, ils ne savent pas comment les transformer dans la bonne humeur et avec l’aide d’une agréable sensation dite d’hypnose.

  • 5  Les états modifies de conscience mis à l’index par quelques Papes, cause de la  méconnaissance des symptômes des psycho-traumas et de leur traitement ?

 
L’hypnose a été interdite par S.Freud et cet interdit à été réitéré par J.Lacan, est-ce cela qui empêche encore l’apprentissage des techniques, pourtant simples et efficaces, dans le traitement des traumas ? Les victimes de traumas connaissent les états modifiés de conscience en permanence (comme nous tous d’ailleurs) malheureusement essentiellement négatifs et ce depuis le jour des agressions.

L’état modifié de conscience utile pour la transformation des traumas, peut être la résultante d’une simple évocation agréable, par exemple, d’un souvenir de vacances, de la natation, de la danse et l’évocation subséquente d’avoir mangé un abricot particulièrement délicieux pourra être utilisée pour effacer le goût déplaisant resté en bouche depuis tellement de temps (comme évoqué plus haut), et celui-ci s’en ira tout simplement.

Un brève illustration incomplète de la PTR: transformer un souvenir avec un autre souvenir.

Aucune magie, aucun gri-gri, aucune manipulation, mais simplement une patiente qui s’amuse à ramener à elle des bons souvenirs, de bonnes sensations, comme ceux associés à une grossesse heureuse, à un beau voyage, à la peinture, à toute activité de son choix.

Une fois ce souvenir positif ravivé, il sera juxtaposé progressivement, au compte goutte sur la situation de l’incident traumatique et sera ainsi complètement transformé. Il le sera d’autant plus facilement et rapidement que patient et thérapeute communiquent à tout instant pour veiller à ce que l’horreur du passé ne ressurgisse pas.

Non, aucun anti-dépresseur, ni aucun anti-psychotique ne changera rien à un trauma inscrit dans la mémoire. Sauf à tellement haute dose que la patiente dort toute la journée ou presque. Je me souviens de cette pauvre jeune fille de 20 ans qui hospitalisée en raison d’une grande agitation et de plusieurs tentatives de suicides apparemment injustifiées. Jusqu’à ses 18 ans tout allait bien, jeune fille équilibrée, bonne à l’école, fort jolie elle pratiquait des activités parascolaires avec enthousiasme.

Après avoir été fortement sédatée dans cet hôpital bruxellois, elle se mutila les bras, et lors d’un entretien avec le psychiatre, elle se jeta sous le bureau et tenta de lui faire une felation. On cria au fou (l’endroit s’y prêtait) on augmenta la dose de neuroleptiques, elle passa plusieurs jours dans le cabanon et reçu bien évidemment le titre de “psychose hystérique”. Une séance de PTR permit d’obtenir quelques infos supplémentaires du simple fait que le thérapeute connaissait ce type de problème. Il lui a demandé si elle se mutilait entre les jambes ? Réponse: Oui, Je lui avais simplement fait raconter ce qui à son avis avait amené un tel changement dans sa vie. Ce n’est qu’après beaucoup d’hésitations qu’elle osa exprimer qu’elle pensait, mais n’en était pas sûr, qu’il lui était arrivé quelque chose. Mais elle avait des doutes, elle se demandait si elle n’était pas folle de croire à cela…  Après avoir été rassurée et calmée par un long moment passé à se souvenir de son enfance joyeuse (ceci étant “l’hypnose”), l’état modifié de conscience, adéquat pour la reconnecter avec des souvenirs et des sensations positives et heureuses. Cet état lui permit de raconter et de retrouver, grâce à  ce confort, ce qui lui était arrivé. Elle révéla en même temps qu’elle s’en souvenait  que deux ans auparavant, lors de la célébration de fin de cours du secondaire (le Bac) toute sa classe, avec le professeur étaient sortis ensemble dans un café non loin de l’école. Elle avait un peu bu mais cela ne justifiait pas pourquoi elle s’était réveillée plusieurs heures plus tard tout à fait ailleurs et les vêtements en pagaille. En utilisant la PTR très progressivement et délicatement avec des allers retours entre les bons moments et grâce à la force de ces bons souvenirs, elle a revu et retrouvé le souvenir de certains étudiants de sa classe ainsi que du professeur qui en état d’ébriété l’avaient violée collectivement. Un neuroleptique puissant avait été utilisé pour la violer dans un état d’inconscience. Il est encore peu connu que l’on peut éliminer les symptômes de Stress post-traumatiques contractés alors que la personne n’avait pas entièrement conscience de ce qui lui arrivait. Ce type de viol est malheureusement fréquent.

Cette séance de PTR a été utile thérapeutiquement dans l’apaisement de ses symptômes. Il a été extrêmement rassurant pour la jeune femme de remettre en place les morceaux manquants de ce puzzle.

Avec la PTR on pourra “entrer”, explorer, remonter le fil de la douleur, (la psychosomatique est à mes yeux une des voies impériales vers la guérison) et retrouver les souvenirs totalement ou partiellement oubliés. Le travail se fera, comme toujours, en douceur et pourra se faire dans une ambiance de constante collaboration amicale, parfois pleine d’humour. Que les phénomènes psychosomatiques soient explorés ou / et transformés par d’autres sensations agréables délicatement juxtaposées sur les douleurs physiques.

L’essentiel dans cette procédure est que cela se fasse sans douleur tant émotionnelle que physique.

Pour décrire le trauma appelé Etat de Stress Post Traumatique (ESPT) j’aime employer l’expression de: “plaques sensibles de la mémoire” empruntée à Serge Gainsbourg, parce qu’en effet les traumatismes que nous avons vécus sont comme inscrits en nous, comme sur des plaques sensibles (émotions, sensations, images et la dernière plaque sensible étant celle de la cognition). C’est cette cognition qui fait que la victime pense TOUJOURS –quel que soit le type de trauma- qu’elle est responsable, coupable d’avoir été violée, agressée, accidentée, etc… Le but de la thérapie est l’éradication de tous ses phénomènes inscrits, il y a bien longtemps, sur ces “plaques sensibles de la mémoire”.

Les sensations douloureuses et terrifiantes de sodomies multiples seront changées avec quoi me direz-vous ? Je n’en sais rien, je vais demander à la personne de ne surtout pas rester dans cette douleur physique toujours présente et qui peut entraîner des saignements et autres maladies du rectum et des intestins. Mais lorsque la personne me dira: “j’ai d’abord besoin de me sentir en sécurité avant de revister l’agression et d’y changer complètement le lieu et de tout mettre cela sur ma plage favorite ou dans ce coin de montagne où je me sens tellement bien.  Ensuite, le thérapeute ou le patient proposera d’imaginer qu’une bonne fée avec sa baguette magique dépose un sort qui enlève cette sensation brûlante qui l’avait terrorisé, alors tout changera, sauf si une autre idée se présente comme plus adéquate. Thérapeute et patient discutent ensemble, dansent ensemble avec des propositions de transformation toujours créatives et régénérantes. L’agresseur se dégonflera comme une poupée gonflable ou restera figé sous les traits miniaturisés d’un schtroumph ou d’un nain de jardin… Alors dans cet état modifié de conscience, de concentration ludique, et alors seulement cette magie va s’opérer, l’anus va oublier, effacer cette douleur qui rappelait la honte, l’humiliation et l’avilissement depuis tant d’années. La magie de cette collaboration patient – thérapeute et de ces transformations “enfantines” sont immédiates et durables. Ce qui en découle quasi automatiquement est la transformation de la cognition qui ici pourrait être: “c’est de ma faute, j’aurai du crier ou me débattre” se change souvent dans une émotion tendre envers cet enfant:” je n’aurai jamais pu faire autrement, j’avais 5 ou 6 ans il en avait 30 ou quarante”… “Pauvre petit garçon, pauvre petite fille, il (elle) n’est en rien responsable”!

Les médicaments pour toutes les maladies du duodénum, contre les ulcères de l’estomac, contre l’asthme, etc…de tous ces médicaments la personne n’en aura plus jamais besoin. Et avec un peu de chance cette séance ou la suivante permettra le retour d’une colère libératrice, ensevelie sous la terreur depuis longtemps.

Au détour du travail il n’est pas rare qu’une femme tombe enceinte après des années de tentatives infructueuses assistées médicalement ou non. Le vieux démon qui l’empêchait d’avoir un enfant est éliminé. Le vieux demon avait existé inconsciemment sous la forme de: “si je suis enceinte et que l’enfant est un garçon, il pourrait devenir un abuseur”, ou aussi: “si le bébé est une fille, elle risquerait elle aussi de se faire abuser”, ou encore: parce que la victime avait eu, à l’époque des abus, la crainte d’avoir été mise enceinte et c’était comme si elle était encore en gestation aujourd’hui, etc…

Voilà une brève et sans doute trop enthousiaste présentation de la Psychothérapie du Trauma et Réintégration PTR, fruit d’années de travail avec les cas les plus lourds. Que se soient des personnes torturées dans des pays lointains ou dans les chambres obscures de nos foyers.

Pour les personnes intéressées: sachez qu’il manque, dans ce bref exposé, une des spécificités de la PTR: l’Utilisation Paradoxale des Résistances ou Protections Dissociatives qui favorisent encore d’avantage la délicatesse et donc l’efficacité du modèle de traitement.

Il est bon de rappeler que ces viols d’enfants dans 70-80 % des cas se sont fait sans que la maman, parfois les parents ne le sachent, cela s’est passé aussi avec les frères et soeurs de la victime qui n’osent pas encore se poser la question des décennies plus tard.

Il est bon de rappeler que 80 % des enfants pensent que leur maman était au courant et que durant toute une vie, ils ont continué d’expérimenter une colère contre celle qui n’y était pour rien.

La pédophilie c’est, le monde du silence, le silence est le cadeau que nous offrons aux nombreux pédophiles qui rôdent autour de nos enfants.

Le silence que nous continuons d’imposer à nos enfants, parce que comme Dolto, nous croyons qu’il ne faut pas parler spontanément, aux enfants, de sexualité saine. “Attendez qu’ils vous posent des questions” disait-elle !

Vous qui avez été abusé, à l’époque, auriez-vous osé poser la question apparemment aussi “simple” que: comment fait-on les enfants?

Avez-vous osé demander si les abus sexuels, que vous subissiez étaient bien normaux ? Avez-vous posé ces questions aux parents, aux adultes, qui auraient pu vous aider?

Ceci n’est pas du tout une autre histoire, nous sommes tous co-créateurs des trop nombreux actes de pédophilies que nous prétendons vouloir éradiquer!

Lisez mon petit livre: “Prévenir, détecter et gérer les abus sexuels subis par les enfants. Chez Dangles Éditions.  2008.  Que vous soyez victime, parent, professeur, éducateur, prêtre, responsable d’enfants à quelque titre que se soit, lisez-le! Racontez-en le contenu aux enfants autour de vous! Rappelez-vous que si vous avez été victime il y a des abuseurs autour de vos chères têtes blondes et si vous n’avez pas été abusé, cela ne vous en immunise pas pour autant, tant s’en faut !

Laissez-moi vous prévenir d’une chose, si vous utilisez les idées suggérées dans ce livre, vous découvrirez des abusés qui n’ont pas encore parlé et d’autres que vous fréquentez depuis longtemps, sans savoir ce qu’ils ont vécu. Vous découvrirez aussi quelques abuseurs… A bon entendeur…!

Si vous le souhaitez, je reviendrais encore avec quelques informations complémentaires sur les protections dissociatives ou quelques cas pour illustrer la PTR,  thérapie douce faite conjointement avec le patient.Vos réactions sont les bien venues, elles me permettront de mieux répondre à vos attentes.

Avec l’aimable autorisation de l’auteur Mr. Gérald Brassine

Copyright:    © Gérald Brassine décembre 2008

 
gerald.brassine@scarlet.be
 

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