Les infiltrés sur la sellette

Apres l’émission « les infiltrés » diffusée sur France 2, la polémique enfle.

 

Rappel des faits, mardi 06.04.2010, France2 à diffusé en soirée une émission sur la cybercriminalité et plus particulièrement sur les pédocriminels, les journalistes ont piégé plusieurs pédophiles présumés en prenant l’identité de mineurs (22 cas présumés), ensuite les reportages terminés ils ont dénoncé les pseudos pédophiles aux autorités.

 

Plusieurs sujets posent problème dont le premier est l’éthique des journalistes qui après avoir bouclé leur enquête ont dénoncé les présumés pédophiles. Il faut rappeler que les journalistes ont  utilisé des fausses identités d’enfants pour appâter les criminels. Ce qui choque une partie de la profession journalistique, c’est que normalement un journaliste ne cite pas ses sources ! Ont-ils bien fait de dénoncer ? C’est à se le demander vu la levée de bouclier qui est entrain de se soulever ! Il faut bien dire que, quand l’on prépare un sujet comme celui-ci, on se doute bien que l’on risque de trouver ce que l’on cherche vraiment, et se pose alors le problème de ce qui devra être fait de ces découvertes ! Si l’on décide de faire le sujet, on a forcément choisi avant de dénoncer les pédophiles potentiels.

 

Pourquoi France 2 a-t-elle cru bon de se substituer aux forces de police qui d’ailleurs font leur travail d’une façon super professionnelle et remarquable? Surement pour montrer que des journalistes sont bien plus efficaces ! Ou bien pour manifester les faiblesses et le manque de résultats !

 

En ce qui concerne la dénonciation aux forces de l’ordre,  il faut rappeler que tout citoyen se doit de dénoncer toute sorte de crimes comme la pédophilie, mais aussi le grand banditisme, le présumé terroriste, les assassins etc…sous peine de pouvoir être considéré comme complice. Cependant, la loi sur les journalistes et la protection de leurs sources datant du 4 janvier 2010 dit que personne ne peut contraindre un journaliste à donner ses sources, quel que soit le sujet traité. Mais le reporter s’il le souhaite peut très bien le faire s’il juge nécessaire,  il en a tout à fait le droit.

 

Pour en revenir à l’émission les infiltrés, présentée par David Pujadas, pourquoi ne pas montrer le travail de la Police sur la même enquête (qui aurait eu les mêmes résultats ! avec des preuves recueillies d’une manière irréfutable. ), les moyens mis en œuvre pour lutter contre les cybercriminels, signaler les moyens de prévention et des organismes qui luttent contre ce fléau… ?

 

« France2 à choisi le tape –a-l’œil » voila ce qu’en dit Dominique Pradalié journaliste à France2 et secrétaire générale du Syndicat national des journalistes(SN), elle rajoute : « qui plus est sur le service public. Il est temps d’arrêter les frais des  infiltrés, émission qui ne répond pas à un choix rédactionnel, en l’enlevant de la grille des programmes. »

 

On peut se réjouir et ce dire que cela en fera 22 de moins en circulation, super, génial, mais on pourra aussi se poser les bonnes questions, dont celles-ci : Quelle interférences sur le travail de fond des policiers aura eu cette diffusion ? Quelles modifications des comportements des cybercriminels aura-t-elle induit ? Ne serait-ce pas un déclencheur pour une phase de replis et de méfiance qui serait préjudiciable…

 

Nous avons été régulièrement prospectés par les chaines nationales par l’intermédiaire de freelances qui cherchaient du sensationnel, des témoignages croustillants d’enfants avec détails…

 

L’émission de mardi soir aurait du être diffusée dans les salles de classe ( service public oblige) et aussi à une heure d’audience plus tôt dans la soirée, si le but réel était une quelconque prévention, en revanche la diffusion en seconde partie de soirée est contestable pour un reportage se voulant presque d’utilité publique.

 

On notera tout de même la qualité du reportage bien réalisé et très bien monté.

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