Irlande: des milliers d’enfants frappés et violés dans des institutions catholiques, selon un rapport

DUBLIN — Coups, viols, humiliations en tous genres: la liste est longue des mauvais traitements et agressions sexuelles commis en Irlande dans les institutions sous administration catholique qui ont accueilli les enfants les plus vulnérables de la société jusqu’aux années 1990, selon un rapport accablant rendu public mercredi à l’issue de neuf ans d’investigations.

Le rapport de 2.600 pages de la commission d’enquête sur les mauvais traitements infligés à des enfants a été dévoilé par le juge de la Haute Cour Sean Ryan. Ce dernier a présidé les travaux à partir de 2003 en remplacement de la juge Mary Laffoy, qui avait démissionné en reprochant au ministère de l’éducation de bloquer l’enquête.

Le document s’appuie sur les témoignages de plusieurs milliers d’anciens élèves, des femmes et des hommes aujourd’hui âgés de 50 à 80 ans, ainsi que sur les récits de responsables -à la retraite-de plus de 250 institutions placées sous administration catholique.

« Un climat de peur, créé par des châtiments insidieux, excessifs et arbitraires a grandi dans la plupart des institutions et dans toutes celles accueillant des garçons. Les enfants vivaient avec la terreur quotidienne de ne pas savoir d’où viendrait le prochain coup », souligne le rapport.

D’après la commission, le système tout entier traitait les enfants davantage comme des esclaves et des détenus que comme des êtres disposant de droits légaux.

Plus de 30.000 enfants considérés comme des délinquants ou issus de familles à problèmes -une catégorie qui englobait souvent les mères célibataires-ont été envoyés dans les écoles techniques, maisons de redressement, orphelinats et foyers administrés par des catholiques, entre les années 1930 et les années 1990, période marquée par la fermeture des dernières institutions.

Selon les conclusions du rapport, attentats à la pudeur et viols étaient « endémiques » dans les établissements réservés aux garçons, principalement dirigés par la congrégation des Frères chrétiens. Les filles, dont s’occupaient des religieuses, essentiellement les Soeurs de la miséricorde, ont moins souffert d’abus sexuels. Cependant, elles étaient victimes d’agressions et d’humiliations fréquentes, destinées à provoquer chez elles un sentiment de dépréciation.


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