Enfants disparus, pédophilie et prévention

article publié sur Mamamiiia 

Depuis le printemps 2007, je suis de près l’enquête entourant la disparition mystérieuse au Portugal de Madeleine McCann, une petite Britannique de 4 ans qui était en vacances avec ses parents. À la fin de juillet, un autre cas de disparition mobilisait mon attention, celui de la petite Cédrika Provencher, une fillette de 9 ans de Trois-Rivières. Dans un cas comme dans l’autre, aucun indice n’a permis de les retrouver. Tous les jours, je m’interroge sur le sort de ces enfants et sur les motivations des responsables de ces enlèvements.

À ce stade, toutes les hypothèses expliquant leur disparition sont permises, y compris la possibilité d’avoir été enlevées par un pédophile.

Et qui sont ces pédophiles? Où se cachent-t-ils? On a souvent l’impression qu’ils n’existent que dans notre imagination, et pourtant…

En septembre dernier, une équipe du Journal de Montréal démasquait des présumés pédophiles traqués par une fausse « jeune fille » dans un forum de discussion. L’un d’eux a même été interviewé par l’équipe du journal. Le plus frappant, c’est l’impression que ces hommes ne comprennent pas la gravité de leurs gestes.

En effectuant des recherches sur le sujet dans Internet, j’ai découvert qu’il existe plusieurs groupes de défense des relations amoureuses et sexuelles entre adultes et enfants, filles ou garçons. Loin de condamner leurs gestes, ces individus les glorifient. Les adeptes du BoyLove ou GirlLove, prétendent que ce type de relation avec un enfant peut même lui être bénéfique, études pseudo-scientifiques à l’appui! Des exemples?

Aux Pays-Bas, le groupe Martinjn (Wikipédia), qui existe depuis une trentaine d’années, se porte à la défense de la pédophilie et réclame la légalisation des relations amoureuses et sexuelles entre adultes et enfants. Tous les mois, les adeptes de ce groupe publient le magazine OK, destiné à appuyer leur cause. La une de ce magazine présente toujours des photographies suggestives de garçons à l’aube de la puberté, parfois plus jeunes.

Un autre groupe, celui-là aux États-Unis, s’appelle la North American Man/Boy Love Association (NAMBLA)(Wikipédia) et fait la promotion des relations sexuelles entre les hommes et les petits garçons. En 1995, l’organisation aurait compté pas moins de 1000 membres, mais on ignore s’ils sont toujours actifs.

En 2006, le New York Times publiait les résultats d’une vaste enquête qui mettait au jour la présence des pédophiles sur le Net, en particulier dans des forums de discussion, des « chat rooms » et même une station de radio internet. Dans ces forums, les pédophiles cherchaient conseil sur la manière de se faire embaucher dans des camps de vacances, dans des garderies ou tout autre endroit où se trouvent des enfants ou adolescents. L’organisation diffusait même une émission de radio sur Internet au cours de laquelle des pédophiles discutaient notamment « des bienfaits des relations homme-garçons ». À la suite de la publication de l’enquête du New York Times, les autorités en ont profité pour procéder à de nombreuses arrestations dont les responsables de la station de radio Internet Sure Quality Radio, fermée depuis.

Dans le cyberespace francophone, des groupes virtuels de pédophiles existent aussi et d’après la teneur des propos tenus dans le forum appelé Le Jardin d’Alice (jardin.glgarden.org), le forum public des girllovers francophones, certains sont des pédophiles bien de chez nous. À lire leurs conversations, il n’y a pas de doute que ces hommes préfèrent ouvertement les petites filles. Dans la version anglophone du site, Girllove Garden (www.glgarden.org ) des membres du forum admettent ouvertement être pédophiles. Certains sites prétendent même se consacrer à l’étude scientifiques des relations entre adultes et enfants. L’un d’eux, appelé IPCE (l’acronyme n’est pas expliqué), regroupe des membres triés sur le volet qui se réunissent une à deux fois par année dans divers pays, publie une lettre électronique, tient un forum sur le web et propose de nombreux sites et forums à l’intention des pédophiles. (voir : http://www.ipce.info/ipceweb/links.htm )

Selon le Service de police de la Ville de Montréal, il y a eu 60 461 enfants portés disparus en 2006 (pdf) au Canada et 7 317 provenaient du Québec. Dans 64% des cas, on retrouve un enfant disparu dans les 3-4 heures suivant le signalement et dans 86% des cas, on localise l’enfant au bout d’une semaine. La majorité des enfants portés disparus (80%) sont des adolescents et 78% d’entre eux ont fait une fugue. Chez les enfants plus jeunes, l’enlèvement parentale est l’une des principales causes de disparition. Aucune donnée ne permet de savoir combien parmi ces enfants ont été enlevés par des pédophiles. Évidemment, il existe encore aujourd’hui des enfants qui sont abusés secrètement par un proche pendant de longues années. Ils ne disparaissent pas tous…

Or, en voyant le nombre d’organisations pédophiles qui ont une présence sur le web, j’ai pris conscience que ces individus existent réellement et bénéficient même du privilège de se regrouper et de s’exprimer dans la plus totale liberté. J’ose espérer que les forces policières les surveillent de près.

Malgré la surveillance, il y a des précautions à prendre, surtout quand nos enfants sont en âge de communiquer par Internet. Au Canada, Cyberaide encourage la dénonciation des sites qui signalent l’exploitation sexuelle des enfants. Un formulaire est disponible à cet effet sur le site. Grâce à des signalements, 2 850 sites ont été fermés à ce jour. Une section du site est entièrement consacrée à la sécurité en ligne selon l’âge des enfants. Le site Enfants avertis propose un programme destiné aux parents et aux éducateurs, des ressources et un jeu questionnaire. Le site propose aussi des jeux éducatifs destinés à enseigner aux enfants les règles de base de la sécurité en ligne ou en société.

Cela dit, gardons l’œil ouvert…et protégeons nos enfants.

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