Disparition d’Alexandre Junca

Pau : de gros moyens déployés pour retrouver Alexandre

L’enquête vient d’être confiée à la Direction centrale de la police judiciaire pour tenter de retrouver Alexandre, 13 ans, qui a disparu il y a une semaine.

 25 affiches de la sorte devraient être installés en lieu et place des informations municipales.  photo thierry suire
25 affiches de la sorte devraient être installés en lieu et place des informations municipales. photo thierry suire

L’enquête sur la disparition d’Alexandre Junca a pris une tout autre envergure hier. Le parquet de Pau a décidé, en fin d’après-midi, d’ouvrir une information judiciaire confiée à une juge d’instruction paloise, Lucile Pichenot.

La magistrate a aussitôt confié l’enquête à la Direction centrale de la police judiciaire (PJ), à Paris. « L’ouverture d’une information judiciaire permet aux enquêteurs de la PJ de continuer leurs investigations, sur commissions rogatoires, sur tout le territoire national » expliquait, en début de soirée, Valérie Grenier, procureur adjointe.

Investigation poussée

Réparties dans tout l’Hexagone, les antennes de la PJ disposeront par ailleurs de moyens beaucoup plus conséquents : les policiers vont pouvoir effectuer des actes tels que des perquisitions, saisies… Le parquet de Pau n’a en revanche pas communiqué le chef d’ouverture de la procédure.

« Toutes les hypothèses restent possibles », a assuré le parquet. Aucune piste sérieuse n’est exclue, pas même celle de la fugue, mais les enquêteurs désireraient ratisser le plus large possible. Une perquisition a été effectuée chez un proche, hier.

Effet collatéral

Déclenchée après le signalement de la disparition de l’adolescent âgé de 13 ans et demi, dimanche soir dernier, l’enquête de flagrance pour « recherche de personne disparue » aurait pris fin demain soir. Sa durée est en effet limitée à une semaine.

Au plus tard dimanche, un juge d’instruction aurait été probablement saisi. Ce passage de relais n’a été motivé par « aucun élément déclencheur » soutient le parquet. Effet collatéral, la sûreté départementale, qui était cosaisie jusque-là avec la Direction interrégionale de la police judiciaire de Bordeaux (1), ne travaille plus sur l’enquête.

(1) 20 policiers des antennes de la police judiciaire de Pau et de Bayonne sont affectés à l’enquête depuis mercredi.

Vaste affichage du portrait d’Alexandre
Après la famille qui a placardé des affiches dès lundi matin dans les commerces de Pau et les amis collégiens qui organisateurs d’un défilé qui a réuni 300 personnes mercredi après-midi, la mairie et la communauté d’agglomération de Pau se mobilisent à leur tour pour Alexandre Junca. Jusque-là, quelques dizaines de tracts avaient été apposés dans des bâtiments publics.L’avis de recherche avec le visage d’Alexandre, âgé de 13 ans et demi, a fait son apparition hier matin sur les espaces du mobilier urbain Decaux habituellement occupés par des informations municipales. Jusqu’au samedi 19 juin, 25 faces d’une dimension de 120 cm X 176 cm seront recouvertes.Si l’enquête n’évolue pas d’ici mardi, 20 abribus du réseau de transports en commun Idelis abriteront également le portrait d’Alexandre tandis que son visage sera diffusé sur les flancs de 86 bus circulant dans l’agglo.

Dans trois départements

Imprimées par la mairie et la communauté d’agglomération, 5 000 affichettes au format A4 vont par ailleurs être expédiées, par un transporteur de colis dans trois départements : Pyrénées-Atlantiques, Landes et Hautes-Pyrénées. Elles seront ensuite affichées dans les commerces et dans des édifices publics.

« En lien avec les parents et la police, nous accompagnons la mobilisation en mettant au service de cette cause toutes les forces que l’on peut apporter », explique-t-on à la communauté d’agglomération Pau Porte des Pyrénées.

La famille soutenue

Si elle part d’un bon sentiment, l’initiative s’est néanmoins heurtée dans un premier temps à un accueil tiède de la police, pour deux raisons : dans l’hypothèse d’une fugue, les multiples portraits de l’adolescent placardés aux quatre coins de la ville ne l’auraient peut-être pas incité à revenir, quitte à provoquer l’effet inverse.

Second point, un enquêteur s’inquiétait d’un possible effet d’imitation de la part d’un adolescent fragile désireux d’entraîner un mouvement de mobilisation similaire. La mère et le beau-père d’Alexandre étaient en tout cas sensibles à cette attention des services de la ville et de l’agglo.

« La maire de Pau, Martine Lignières-Cassou, nous a téléphoné mercredi pour nous proposer de mettre à disposition le service communication », notait Daniel Lance, le beau-père d’Alexandre, touché par les multiples aides et encouragements reçus toute la semaine.

Au-delà des témoignages de sympathie émanant de collègues du centre Leclerc de Pau-Université où ils sont tous deux employés, le beau-père d’Alexandre et sa mère Valérie retenaient que la direction de l’hypermarché avait offert de profiter des moyens du centre commercial pour rééditer des affiches.

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