Child Focus: la campagne de prévention de la pédophilie jugée trop provocante

 

Afin de prévenir les abus sexuels, Child Focus a lancé une nouvelle campagne il y a un peu plus d’un mois. Le but est de promouvoir un tchat destiné aux mineurs. Cette action est montrée du doigt car certains estiment qu’elle est trop provocante voir même anxiogène pour les enfants.

 

Child Focus a lancé il y a un peu plus d’un mois une nouvelle campagne choc pour prévenir les abus sexuel. La fondation fait la publicité d’un tchat destiné aux mineurs.  Sa manière choc de communiquer dérange certains acteurs du secteur à l’enfance. Ils l’estiment trop provoquante, voire même anxiogène.  Pour eux, cette campagne génère trop de peur et d’angoisse chez le jeune.

 

Un sentiment d’angoisse

Un des spots au cœur de la polémique montre un adolescent qui n’ose pas parler des abus sexuels que lui inflige son entraineur sportif. « C’est jouer sur cette suspicion généralisée, créer un sentiment d’angoisse et ne plus avoir confiance en aucun service et aucune structure « , explique Michel Dechamps du Comité d’accompagnement de l’Enfance maltraitée.

 

Une communication virtuelle sans réel contact

Certains acteurs du secteur à l’enfance craignent que les jeunes victimes n’arrivent plus à s’y retrouver. « C’est un moyen de communication virtuelle sans réel contact personnel, ce tchat ne fonctionne que quelques heures par semaine« , ajoute Michel Dechamps.

 

Déjà  39 abus sexuels révélés

Cette campagne vise à promouvoir une nouvelle plateforme de discussion en ligne. Un tchat qui permet aux mineurs de se confier à des conseillers de Child Focus. Des psychologues et sexologues répondent aux jeunes internautes. Ces échanges ont permis de révéler 39 abus sexuels en un mois, selon Child Focus. Pour la fondation, cette campagne est un franc succès.

 

« Nous les réorientons vers les services d’aide plus spécialisés »

« Nous informons les jeunes qui s’adonnent au tchat avec nous, nous les soutenons, nous les conseillons et surtout nous les réorientons vers les services d’aide plus spécialisés. Nous sommes un centre de crise, une première aide pour les aider justement à trouver leur chemin« , confie Maryse Rolland, Porte-parole de Child Focus.
Plusieurs signataires d’une carte blanche, qui ont déjà interpellé Child Focus, demandent  le retrait de la campagne.

 

 

Child Focus défend sa politique et se profile en « partenaire sérieux »

Child Focus défend le chat « maintenantjenparle.be » qu’il a mis en place en janvier pour inviter les jeunes victimes d’abus sexuels à s’exprimer et dénoncer les faits. Child Focus s’étonne de ces critiques et nie le manque de concertation dont elle est accusée. « Les différentes associations étaient au courant de notre démarche », indique Maryse Rolland, porte-parole de Child Focus, tout en constatant que la communication n’a sans doute pas été efficace avec ces associations. La carte blanche dénonce aussi l’utilisation abusive que fait Child Focus de sa visibilité. « Nous utilisons effectivement notre notoriété et nous comprenons qu’il y ait une certaine crainte de ces associations mais nous ne voulons marcher sur les plates-bandes de personne », explique Maryse Rolland. « Nous sommes un partenaire sérieux et nous voulons simplement remplir notre rôle de point de contact national », ajoute-t-elle. Child Focus tient aussi à repréciser que ce chat n’est que la première étape d’une démarche qui vise à aider des jeunes en difficulté. « L’internet est devenu un canal privilégié pour les jeunes et nous voulons l’utiliser pour les atteindre plus facilement », précise Maryse Rolland. « C’est peut-être une différence d’approche entre une vision plus traditionnelle, défendue par les associations, et l’autre qui s’adapte aux nouveaux médias, utilisés par les jeunes. » Elle note que ce type de conversation anonyme peut aider des jeunes qui n’osent pas parler à s’exprimer. « Et ce n’est de toute façon qu’une première étape.

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