La prostitution des mineurs, commerce mondial

Par Claire Brisset

Enfances décomposées

CERTAINS sujets brisent difficilement le silence. L’exploitation des enfants par des réseaux mondiaux de prostitution liés à la terrible progression du tourisme sexuel oblige autorités et organisations de défense des droits humains à réagir. A l’initiative du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), une centaine de gouvernements se retrouvent avec de nombreuses institutions en Suède du 27 au 31 août, afin d’élaborer une stratégie commune pour réprimer ce fléau.
Il est des  » prostitués  » qui n’ont pas cinq ans. Quelques-uns sont même des nourrissons une victime identifiée en Belgique n’avait que neuf mois : elle en est morte. Un million d’enfants rejoignent chaque année, dans le monde entier, les rangs des victimes du tourisme sexuel et de la prostitution organisée. Lucrative activité, dont le profit se chiffre en milliards de dollars ; industrie en pleine croissance, à l’Est comme à l’Ouest, au Nord comme au Sud de la planète, tant la  » demande  » est forte et l’offre sans limites. Commerce mortifère, qui se traduit en enfances détruites, en viols, en sida. Pour la première fois, la communauté mondiale entreprend d’affronter un problème dont les dimensions internationales ne peuvent plus échapper aux responsables politiques. Du 27 au 31 août 1996, le Congrès mondial sur l’exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales se réunit à Stockholm, à l’initiative conjointe du gouvernement suédois, du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) et d’une myriade d’organisations non gouvernementales dont les plus actives sont regroupées au sein de End Child Prostitution in Asian Tourism (Ecpat, Pour en finir avec la prostitution enfantine du tourisme en Asie), engagé depuis des années dans ce combat (1). Plus de cent gouvernements ainsi qu’Interpol et de nombreux représentants de l’industrie touristique conscients du dévoiement de leur activité ont déjà annoncé leur participation. Les faits étaient connus depuis bien longtemps, et chacun semblait prendre son parti de voir Manille, Bombay ou Bangkok transformées en vastes bordels (2). Certes, entendait-on, peut-être ces centaines de milliers de victimes ne sont-elles pas toutes consentantes, mais du moins ont-elles un emploi ; certes, quelques-unes d’entre elles semblent très jeunes, mais en Asie la maturité vient si tôt… Des enfants ? Mais qu’appelle-t-on un enfant ? Quinze ans ? Douze ans ? Allez savoir ! Huit ans ? Cinq ? C’est là que survenait, que survient encore, la dénégation. Or l’aveuglement n’est plus possible tant ce marché est devenu massif, envahissant, alourdi chaque année de nouveaux témoignages. Les clients des prostituées craignent tant le sida qu’ils les recherchent de plus en plus jeunes, les pensant ainsi non contaminées. C’est ignorer l’habileté et le goût du lucre des souteneurs qui, louant très cher les services d’enfants vierges, leur font refaire à plusieurs reprises des  » virginités  » hautement rentables. C’est ainsi que l’on compte en Thaïlande, selon l’estimation de l’Unicef, environ 300 000 enfants de moins de seize ans travaillant dans des bars et des maisons closes. Hermétiquement closes puisque ces enfants, dont la majorité ont été enlevés ou achetés dans le nord du pays partie la plus pauvre de la Thaïlande, peuplée de minorités sont enfermés de jour comme de nuit. Ils sont d’abord livrés, dans une chambre gardée, à leurs premiers clients, qui défileront au rythme de dix à quinze par jour. Pour la plupart, ces rapports sexuels contraints s’accompagnent de coups et de mauvais traitements de toutes sortes. Mme Marie-France Botte, une jeune assistante sociale belge, est parvenue, au péril de sa vie, avec des équipes thaïlandaises, à faire libérer 1 400 enfants des maisons closes de Bangkok :  » On les viole, on les affame, on les brûle avec des cigarettes, on les blesse à coups de ceinture, voire à coups de couteau, on les torture parce qu’ils ne veulent pas du soi-disant « nouvel amour« . Et, au bout du chemin, on les laisse crever de ces mauvais traitements et du sida (3).  » Ce  » nouvel amour  » est celui que les pédophiles, occidentaux ou non, prônent inlassablement et qu’ils mettent en pratique, au mépris de toutes les lois. Certes, la Convention des Nations unies sur les droits de l’enfant (20 novembre 1989) prévoit l’interdiction de toute prostitution enfantine. Certes, le code pénal français punit de cinq ans de prison les relations sexuelles rémunérées avec un enfant de moins de quinze ans, et de vingt ans de réclusion criminelle toute  » atteinte sexuelle  » sur un mineur de moins de quinze ans  » commise avec violence, contrainte ou surprise « . Il n’en demeure pas moins que toute une littérature de propagande fleurit librement, sous couvert d’expression artistique, sans que leurs auteurs soient le moins du monde inquiétés. On peut ainsi lire, sous la plume de Gabriel Matzneff, de retour d’un voyage aux Philippines (4) :  » Amoureusement, ce que je vis en Asie est très inférieur à ce que je vis en France, même si les petits garçons de onze ou douze ans que je mets ici dans mon lit sont un piment rare. Oui, un piment, mais seulement un piment : une épice et non le plat de résistance.  » Mais les  » clients  » des enfants prostitués ne sont pas tous des pervers. La plupart sont des citoyens ordinaires, sans habitudes apparentes particulières. Leurs goûts sexuels s’exercent plus facilement à l’étranger que chez eux, où les risques sont plus grands. Avec les gamin(e)s du tiers-monde, tout est tellement plus simple… C’est l’enfant matière première, l’enfant qu’on achète, qu’on loue, puis qu’on jette peu importent les conséquences. Les suites commencent pourtant à être connues : c’est l’explosion de l’épidémie de sida dans toute l’Asie, notamment en Thaïlande et en Inde, où la prostitution enfantine atteint des seuils jamais égalés. Ce sont des enfances saccagées par des pédophiles venus d’Occident, du Japon ou, plus nombreux encore, du pays lui-même. Et ce proxénétisme s’accompagne d’une propagation de la pornographie mettant en scène des enfants, industrie florissante. Car les clients sont les mêmes. Ceux qui recherchent des enfants sont aussi ceux qui les filment puis distribuent tout ce matériel, de plus en plus facile à produire grâce aux Caméscope et autres appareils de vidéo amateur. Selon Interpol, l’Allemagne est le principal producteur de ce type de films, les Pays-Bas et le Royaume-Uni sont de vastes centres de distribution, les Etats-Unis le plus gros marché, avec un chiffre d’affaires annuel qui dépasse le milliard de dollars. Ce commerce, sans délaisser l’Europe et l’Amérique du Nord, se déplace lentement vers l’Asie. Tout démontre que dans ces deux domaines prostitution et pornographie enfantines il n’existe plus de zones préservées. Le Cambodge et le Vietnam sont touchés de plein fouet, comme l’est toute l’Amérique latine, notamment le Brésil et la Colombie (lire, pages 6 et 7, l’article d’Eduardo Galeano). En Afrique, le phénomène s’accroît dans les régions en guerre, où l’errance rend quantité d’enfants réfugiés très vulnérables à toutes sortes de pressions et de coercitions. L’exploitation sexuelle des mineurs s’y exerce aussi sur les travailleurs à domicile, considérés comme corvéables aux services les plus divers. Au Proche-Orient et au Maghreb, cela passe également souvent par le travail domestique, malgré la dénégation des gouvernements, mais aussi par le biais du mariage d’enfants, légitimation de leur utilisation sexuelle, rendue ainsi  » présentable  » quoique hautement monnayée. Le Nord reste toutefois un pivot essentiel de ce trafic. D’abord par la masse de touristes qui écument les bars et  » salons de massage  » des pays du Sud. Mais aussi parce que la prostitution enfantine s’exerce sur son propre sol, et de plus en plus. Il y aurait près de 30 000 prostitués mineurs à New York et de 10 000 à 15 000 à Paris. Il s’agit là, le plus souvent, d’adolescents en rupture de famille, qui se vendent pour acheter une dose de drogue ou, plus simplement, un bien de consommation rendu  » indispensable  » par la pression sociale. La paupérisation de l’Europe de l’Est y a entraîné l’éclosion et le développement inquiétant de ce moyen de survie, notamment en Russie, en Pologne et en Roumanie. Pour ce qui concerne la France, les organisateurs de la conférence de Stockholm se montrent extrêmement critiques à l’égard du Minitel, dont on sait qu’il est, avec la complicité de fait de son administrateur France Télécom, un relais efficace de la prostitution, y compris des mineurs. Plus généralement, le détournement de procédés plus modernes de communication Internet au premier chef fait naître de très fortes inquiétudes. Reste à souligner que la banalisation des scènes pornographiques, avec leur diffusion par la télévision, permet à tous, y compris aux pédophiles, de considérer comme réalisables avec des enfants des fantasmes qui ne relèvent à l’évidence, entre adultes, que de la sphère privée. Le mouvement est-il encore contrôlable ? De l’avis unanime, un aspect paraît essentiel, celui du droit : il faut renforcer l’arsenal des textes, et surtout les faire appliquer. Douze pays dont la France, les Etats-Unis, l’Allemagne, la Belgique, etc. ont adopté des lois d’extra-territorialité, leur permettant de réprimer sur leur sol des abus sexuels sur mineurs commis à l’étranger. Le Royaume-Uni, pour le moment, s’y refuse. Cette procédure doit être généralisée. D’autre part, certains pays, terres d’élection du tourisme sexuel, ont, comme les Philippines ou même plus récemment la Thaïlande, entrepris de le réprimer. Aux Philippines, cette attitude commence à porter ses fruits. L’un des objectifs de la conférence de Stockholm consiste à donner une très forte impulsion à ces efforts. Essentielle, la répression ne suffit pas pour autant. Le pédophile incarcéré un temps récidivera à sa sortie de prison s’il n’est pas soigné. Pour le moment, de tels traitements n’existent guère. La coopération internationale doit conduire à mieux contrôler les auteurs, et à libérer les victimes. Car les enfants retenus malgré eux dans de tels réseaux doivent bien entendu être considérés comme des victimes, et non raflés et jetés en prison, comme on le voit par exemple au Pakistan.  » Il faut en finir avec tout cela. Parce que c’est insupportable et qu’on peut faire quelque chose. Pour qu’un jour il ne suffise plus de pousser la porte d’un hôtel de Bangkok, d’appeler le garçon d’étage, de lui tendre quelques billets, pour voir arriver dans sa chambre un enfant au regard de somnambule, le corps nu et la serviette à la main (5).  » Victimes, ils le sont tous, par leur blessures, les maladies contractées, parfois mortelles. Et par leur confiance à jamais perdue dans le monde des adultes.

Claire Brisset.

À six ans, ils ont des gestes sexuels adultes

Publié sur Forum , Université de Montréal

La majorité de ces enfants ont été agressés sexuellement ou exposés à des modèles sexuels déviants.

Dans les cours d’écoles, des enfants âgés de 6 à 12 ans procèdent à des attouchements sexuels sur d’autres garçons et filles. Ces attouchements vont jusqu’à la sodomie.

«Le phénomène est dérangeant mais bien réel, affirme Mélanie M. Gagnon, chercheuse au Département de psychologie. Le problème est trop inquiétant pour être ignoré.» L’état des connaissances actuelles révèle que les gestes de ces enfants peuvent être aussi agressifs que ceux des adolescents ou des adultes. Trop jeunes pour être traduits en justice et trop à risque pour les foyers d’accueil où il y a d’autres enfants, ces petits étaient jusqu’à maintenant laissés à eux-mêmes.

Dans une recherche doctorale dirigée par la professeure Huguette Bégin, Mélanie M. Gagnon a collaboré à l’élaboration d’un programme d’intervention pour venir en aide à ces jeunes qui ont des comportements sexuels inappropriés pour leur âge. «La demande est là et très peu de services sont actuellement à leur disposition, souligne la future psychologue. Notre stratégie consiste entre autres à fournir des outils aux intervenants qui ne savent pas toujours quand il est nécessaire d’agir ni quel type d’intervention adopter.»

Connaissances limitées sur la sexualité

Les jeux sexuels font partie de la socialisation, rappelle Mélanie M. Gagnon. Les enfants explorent leur propre corps en se regardant nus dans le miroir et en se caressant. Ils explorent aussi le corps de leurs amis en «jouant au docteur» et même, dans certains cas, en se frottant les uns les autres sans toutefois se dévêtir. Mais comment distingue-t-on les comportements appropriés de ceux qui ne le sont pas? «Lorsque le comportement sexuel empiète sur les autres sphères de la vie de l’enfant, il y a lieu de s’inquiéter. Par exemple, s’il préfère se masturber au lieu d’aller jouer au parc avec ses amis, il y a un problème», explique Mme Gagnon.

On note trois profils d’enfants aux comportements sexuels problématiques. Il y a ceux qui n’agissent que sur eux-mêmes. Ils se masturbent de façon compulsive ou insèrent un doigt ou un objet dans leur vagin ou leur anus. D’autres ont des comportements sexuels avec des enfants sans qu’il y ait contrainte, mais leurs gestes sont très poussés pour leur âge. Et, enfin, il y a ceux qu’on qualifie d’agressifs. Ils accomplissent des gestes sexuels d’adultes auprès de leurs pairs en ayant recours à la coercition ou à l’intimidation.

«Le répertoire des gestes est vaste, souligne Mélanie M. Gagnon. Cela va du baiser avec la langue à la pénétration vaginale ou anale en passant par la fellation et les relations bucco-génitales.»

Selon la spécialiste, plus de 75 % de ces enfants ont été agressés sexuellement ou exposés à des modèles sexuels déviants et proviennent d’un milieu familial dysfonctionnel. La violence physique et la négligence des parents semblent également faire partie de l’histoire de ces jeunes, dont une proportion significative vit hors du milieu familial d’origine et éprouve des difficultés d’apprentissage scolaire. Ces enfants, qui ont une grande curiosité à l’égard de la sexualité, possèdent paradoxalement peu de connaissances sur le sujet, faute d’une éducation adéquate. Ils souffrent généralement de troubles de comportement et prennent au moins un médicament, souvent du Ritalin.

Thérapie de groupe

Pour Mélanie M. Gagnon, il est très important de traiter le plus tôt possible ces jeunes. «L’âge du premier comportement sexuel problématique rapporté est de six ans, mais ils vont souvent en avoir commis auparavant. Il faut offrir un traitement avant que le comportement soit enraciné. D’autant plus que ces enfants présentent un profil délinquant qui risque de s’aggraver au cours de leur développement.»

Le programme d’intervention mis en place par la chercheuse et Claudia Tremblay, psychologue pour les centres jeunesse de Lanaudière, en est à sa troisième année d’expérimentation. Il a déjà permis de traiter une quarantaine de jeunes, filles et garçons. Venus principalement des régions de Lanaudière et de l’Outaouais, ils ont suivi un traitement à raison d’une séance de thérapie par semaine pendant près de six mois.

En petits groupes, ils sont amenés progressivement à s’ouvrir, à parler de leur passé, souvent ponctué de violence, et à décrire leur expérience. L’enfant prend peu à peu conscience de ses comportements négatifs et renforce ses comportements sociaux positifs. Il apprend aussi comment contrôler ses pulsions. Le programme d’intervention comprend de plus un volet destiné aux parents et aux adultes responsables de l’enfant.

S’il est encore trop tôt pour dire si le programme devrait être étendu à l’ensemble du Québec, il est clair pour Mélanie M. Gagnon qu’il faut poursuivre les recherches dans ce domaine. «Sur une période aussi courte que trois ans, le nombre de participants s’est accru considérablement, signale-t-elle. Cela laisse croire que la présence de comportements sexuels problématiques chez les enfants n’est pas un phénomène aussi rare qu’on pourrait le penser.»

Dominique Nancy

Ça sert à quoi un père?

par Louise Plante

 Le Nouvelliste

Trois-Rivières

La réflexion sur la condition masculine prend parfois de petits chemins de travers pour s’imposer d’elle-même. C’est ce qui est arrivé à la Maison Radisson, un centre de réinsertion sociale d’ex-détenus où une étude de quatre ans sur la transmission intergénérationnelle de la criminalité de père en fils et… en petits-fils, a débouché sur une réflexion sur la paternité.

Des praticiens se sont penchés sérieusement ces dernières années sur le rôle du père, ce qu’il apporte à ses enfants et sur l’importance de préserver ce lien … même lorsque papa est en prison. Et ce, autant pour le bien de l’enfant que du père, car la paternité peut devenir un facteur de réinsertion sociale.

Cela a donné le programme d’intervention Père-enfant, et plus précisément, la recherche-action « Grandir sainement avec un père détenu ».

Une petite bombe dans le domaine de l’intervention auprès des hommes délinquants et qui mettra sans doute des années avant « d’atterrir » sur le terrain de l’intervention clinique, tant elle heurte les pratiques traditionnelles et même la législation en place.

C’est que ces pratiques ont surtout tendance à éloigner le père criminalisé de sa famille, surtout dans les cas de violence, d’inceste ou de forte toxicomanie. On coupe presque définitivement le lien père-enfant, dans certains cas, il est vrai, à la demande même des enfants.

« Ce que l’on fait ici s’inscrit dans le continuum du masculinisme, déclare d’entrée de jeu Daniel Bellemare, directeur général de la Maison Radisson. Ce que je veux dire, c’est que le programme Père-enfant nous a démontré qu’ici, au fil des ans, on a d’abord reçu un père, son fils puis le fils du fils. Le modèle s’est répété. Pourtant les deux pères criminalisés ne voulaient pas que leur enfant fasse le même cheminement qu’eux! »

Au départ, c’est ce phénomène de la transmission intergénérationnelle de la délinquance qui intéressait les chercheurs. Avec le programme Père-enfant, ils ont dû fatalement s’arrêter à la question de la paternité elle-même.

 

À quoi ça sert?

 

Mais à quoi sert donc un père se demande-t-on, puisque depuis plusieurs décennies, le discours officiel et un certain discours féministe soutiennent qu’on peut très bien élever des enfants sans père.

Or, des études récentes démontrent qu’un père est celui qui protège le lien d’attachement entre la mère et l’enfant. Il représente la nouveauté pour ses petits; il sent différemment de maman, il pique, il parle autrement et a un style d’interaction unique, plus aventureux.

C’est lui qui lance avec confiance l’enfant dans les airs par exemple. C’est lui qui l’incite à explorer son environnement. C’est encore le père qui consolide l’identité sexuelle du garçon et de la fille et qui contribue au développement de l’estime de soi, si précieuse pour la suite des choses. Un père vraiment engagé auprès de son enfant contribuera à développer un adulte avec des attitudes moins stéréotypées.

Son absence représente toujours un facteur de risque pour les enfants. Ces derniers y réagiront différemment et à des moments distincts de leur existence, tôt chez le garçon et beaucoup plus tard chez la fille.

Le départ d’un père pour cause de divorce ou d’incarcération aura des répercussions sur les résultats scolaires, surtout des garçons.

L’absence d’un père aura aussi une incidence sur les compétences sociales et sur le contrôle des pulsions agressives. Bref, un père sert à quelque chose au-delà de fournir le gîte et le couvert.

 

Loin du trouble

 

Pour en revenir à la condition masculine, M. Bellemare remarque que les hommes en général sont actuellement en situation de retrait, et ce, dans plusieurs domaines de leur vie: travail, vie amoureuse, paternité, etc.

« Les hommes s’éloignent des troubles en relations humaines. Ils ne veulent pas « s’astiner » avec les femmes. Et cet éloignement en dit beaucoup sur l’état de la condition masculine actuellement. Dans le contexte de la paternité, c’est pareil, poursuit-il. Les gars ne cherchent pas le trouble. Ils ne savent plus quoi enseigner à leur garçon. Ce qui fait qu’il y a un impact. Il n’y a plus de modèles d’homme. »

M. Bellemare estime aussi qu’on a maintenant dépassé le stade des hommes roses qui, de toutes façons, ne plaisent pas vraiment aux femmes. Les hommes seraient actuellement sans repères, et peineraient à combler un vide d’où l’important malaise qu’on constate actuellement… et l’émergence du discours sur la masculinité.

 

Quand on se donne à une femme d’expérience

par Richard Martineau

Le journal de Montréal

 
Tout le monde a entendu parler du cas de Julie Dorval, cette Québécoise de 31 ans qui a écopé de 15 mois de prison pour avoir entretenu une relation amoureuse avec un jeune de 12 ans.

C’est clair, cette femme (visiblement perturbée) a brisé la loi et mérite d’être punie.

Mais je me pose une question, comme ça: le jeune homme, lui, s’est-il senti agressé? Ou se trouve-t-il au contraire chanceux?

Je ne veux pas minimiser la pédophilie, loin de là, mais je me souviens, quand j’étais un jeune adolescent (et que la testostérone me sortait par le nez), je priais tous les soirs pour que le ciel m’envoie une femme de 20 ou 30 ans.

Je n’étais pas seul. Tous mes amis faisaient le même souhait. Comme le chanteur Francis Martin (qui est devenu James K. Field après avoir parlé aux anges), on rêvait tous de «se donner à une femme d’expérience».

Certes, la pédophilie est condamnable, et le juge a bien fait d’appliquer la loi à la lettre (de toute façon, il n’avait pas le choix; la loi, c’est la loi).

Mais au-delà des considérations légales, la question ne cesse de me chicoter: une femme de 30 ans qui fait l’amour avec un adolescent, est-ce aussi grave qu’un homme de 30 ans qui fait l’amour avec une adolescente?

Cela a-t-il les mêmes conséquences?

Après tout, pour qu’il y ait relation, il faut qu’il y ait érection, donc plaisir, donc consentement… Non?

Plein de tendresse?

Il y a quelques jours, j’ai fait une tribune téléphonique sur la question.

Plusieurs hommes m’ont téléphoné. Des hommes qui ont vécu la même expérience, qui ont eu des relations avec des femmes de 30 ans alors qu’ils étaient au début de l’adolescence.

– Est-ce que tu t’es senti agressé? ai-je demandé à l’un d’eux.

– Es-tu fou? m’a-t-il répondu en riant. C’est l’une des plus belles choses qui me soient arrivées. Tous mes chums étaient jaloux… Cette femme m’a appris à faire l’amour. Grâce à elle, je suis un excellent amant, plus doux, plus attentionné que la plupart des gars de mon âge…

Un autre m’a dit que son père l’a félicité quand il a appris ce qui lui est arrivé!

On connaît tous la chanson de Claude Dubois: «Plein de tendresse, elle avait deux fois mon âge, plein de tendresse…»

Ça ne sent pas beaucoup l’agression. Plutôt le fantasme réalisé…

Traumatisme

Cela dit, le portrait n’est pas toujours aussi rose.

Un homme m’a fait part de son témoignage. Il avait 12,13 ans, il passait l’été dans un camp de vacances, et la monitrice (qui était dans la trentaine, comme Julie Dorval) allait régulièrement le voir pour l’embrasser sur la bouche.

Résultat: le gars a été complètement traumatisé. Depuis ce temps, il est incapable d’embrasser une fille…

«Un acte pédophile est un acte pédophile, que l’adulte soit un homme ou une femme», m’a répété la sexologue Denise Cusson.

D’accord, je comprends.

Reste qu’à douze ans, si le ciel avait répondu à mes prières et m’avait envoyé une jolie fille dans la trentaine (à l’époque, je tripais sur Deborah Harry, la chanteuse de Blondie), j’aurais grimpé les marches de l’Oratoire à genoux.

Et mes amis auraient bavé d’envie…


La c.i.a. protège les réseaux pédophiles

 Publié le 13 juillet 2007 sur Indymédia


Les réseaux pédophiles avec des haut placés existent dans différents pays et pratiquent des actes horribles similaires. Ci-dessous, on traitera successivement la Belgique, l’Australie et les Etats-Unis. Mais les pédophiles haut placés sont aussi actifs en Grande-Bretagne, en France, au Portugal etc. Pour ces hommes qui sont impliqués, l’étouffement de leurs affaires réussit traditionnellement par les besognes corrompus des pouvoirs juridiques et des services de renseignements.

B e l g i q u e

La disparition de Stacy et de Nathalie, le 9 juin 2006, nous rappelle à la douloureuse épisode de pédophilie en Belgique. Il y a à peine deux mois, Michel Nihoul était mis en liberté provisoire. Depuis lors, on dirait que les kidnappeurs ont repris courage et veulent nous souvenir de leur influence. Il est improbable que Stacy et Nathalie seront retrouvées vivantes. D’autres filles comme Estelle sont toujours introuvables. Les victimes des réseaux pédophiles sont abandonnées à leurs bourreaux. Surtout si notre appareil judiciaire-même paraît moralement et sexuellement corrompu.

En août 1996, le juge d’instruction Jean-Marc Connerotte réussit, de façon héroïque, à sortir deux enfants de la cave de Marc Dutroux. Dans son investigation, le juge suit la piste des réseaux. Il veut examiner des frottis et des traces d’ADN sur les enfants assassinés. Ses supérieurs ne lui laisseront pas faire. Pour une futilité, Connerotte est licencié et remplacé par un débutant. Non pas le réseau pédophile autour de Nihoul, mais Marc Dutroux doit être placé au centre de l’attention. Quand on découvre que plusieurs témoins cruciaux au procès-Dutroux sont décédés, il devient clair que la piste des réseaux devait être évitée à tout prix. Ont disparus dans un ordre chronologique :

Francois Reyskens : début juin 1995, il disait avoir des informations sur la disparition de Julie et Mélissa. Avant d’arriver au commissariat de police il se fait écraser par un train.

Bruno Tagliaferro, un marchand de quincaillerie et connaissance de Dutroux, fait savoir qu’il peut fournir de l’info sur la voiture qui avait servi à enlever Julie et Mélissa. Il déclarait aussi posséder une liste de noms relatés à Dutroux. Le 5 novembre 1995, on le trouvera mort apparemment décédé d’une crise cardiaque. Dur à croire, selon sa femme Fabienne Jaupart, qui fait réaliser une autopsie secondaire. Des prélèvements de sang auraient indiqués que son mari était empoisonné. Peu après, on la retrouvera morte sur un matelas moitié brûlé. Le matelas contient des traces de carburant.1 (milieu de la page) La piste essentielle à l’enquête — le trafic des voitures — est en suite compartimenté de façon efficace par le procureur général Anne Thilly. Qui ne s’épargnera point pour saboter la suite du procès.

Le 22 janvier 1996, Simon Poncelet, chercheur de police examinant la même piste d’escroquerie de voitures, est tué par balles. Son père souligne qu’il voit une connexion claire avec le procès-Dutroux.2

Le 5 avril 1998, Brigitte Jennart apparemment se suicide. Elle est la dentiste de Michel Nihoul et de sa femme Annie Bouty. Jennart est probablement le témoin décédé le plus important :elle en savait trop sur l’escroquerie pédophile du couple-Nihoul avec des réfugiés africains.3

Anna Konjevoda, en 1996, se présente comme témoin dans la disparition des deux fillettes. La femme dit en savoir plus sur la connexion entre les kidnappings et le trafic de voitures à Charleroi. Le 7 avril 1998, on la draguera du canal de Liège. Une autopsie prouvera qu’elle était asassiné par strangulation.source

Le 25 août 1995, Guy Goebels, qui examinait la disparition de Julie et Mélissa, se suicide — officiellement — avec son arme de service. Les parents des filles connaissent bien le chercheur et estiment qu’un meurtre est plus probable.4 Jean Marc Houdmont, connaissance de Dutroux, meurt le 25 février 1997 dans un accident de voiture, en route vers Namur pour délivrer son témoignage sur Dutroux.5 Et ce ne sont pas les seuls. Lire cet article pour apprendre qu’il y a encore plus de témoins décédés.

La plupart de ces témoins transmettait ses informations à la gendarmerie ou à la court de justice, avant de perdre la vie peu après. La façon volontairement déficiente des services juridiques de traiter ces disparitions, et le silence quasiment complet des médias sur ces témoins décédés, sont accablants.

Pendant son apparition au procès-Dutroux, un Jean-Marc Connerotte brisé résumait correctement que ‘jamais auparavant avait-on gaspillé tant d’énergie à l’enrayage d’une investigation’. La police l’alertait que des contrats était préparés pour ’terminer’ les magistrats si nécessaire. Connerotte-même se faisait transporter dans une voiture pare-balles. Selon le juge, Nihoul profitait d’une certaine protection et était hors d’atteinte.6

Que la piste des réseaux pédophiles fut étouffée sera confirmé par le témoignage d’une victime connue de pédophilie. Durant l’arrestation de Dutroux, Régina Louf reconnaît Michel Nihoul à la télévision comme un de ses bourreaux.7 Selon elle, Nihoul jouait un rôle central dans l’organisation des Ballets Roses : des réunions aux années ’80 où des filles mineures furent horriblement abusées par différents personnages. Elle témoigne que Michel Nihoul — ensemble avec Annie Bouty — avait tué une autre victime, Christine Van Hees, de façon rituelle. Elle décrit exactement tous les détails du meurtre comme les investigateurs les avaient découverts.8 Régina connaît aussi d’autres victimes du réseau comme Carine Dellaert, Catherine De Cuyper et plusieurs autres filles.

Durant les sévices, Régina reconnaît des politiciens, elle nomme des juges haut placés, des officiers de police et des hommes d’affaires. Les interrogations de Régina font resurgir des noms comme Paul Van den Boeynants, Maurice Lippens, Melchior Wathelet, Wilfried Martens, des membres de la famille royale et différents autres. En effet, durant l’investigation, Michel Nihoul avait à quelques reprises nommé Paul Van den Boeynants comme participant aux partouzes.9 Nihoul réglait les fonds des campagnes électorales de l’ancien premier ministre et côtoyait les mêmes milieux neofascistes autour du CEPIC.10 Les interrogations originelles (choquantes) de Régina (pp. 8 à 1083), ainsi que celles de X2 (pp.1083 à1100) et de X3 (pp.1100 à1105), y inclus les noms et perversions des participants, ont transpiré sur l’internet.source

Que des notables cités par leur nom étaient présents au partouzes ne signifie pas que tous ces hommes sont des pédophiles cruels. Certains étaient leurrés par Nihoul afin d’enregistrer leur présence près de mineurs d’âge sur photo. Les tactiques de chantage par Nihoul étaient inhérents à son organisation et étaient très lucratives. Pour prouver qu’il ne bluffait pas, Nihoul avait essayé plusieurs fois de régler une vente de tels photos avec des agences de presses étrangères comme Der Spiegel ou Canal+.11 Si Nihoul était vraiment en possession de tels matériels sensibles, on peut comprendre pourquoi la piste de réseaux autour de sa personne fut étouffée. On a commis l’erreur de jouer à son jeu de chantage.

Ce qui n’est point excusable : la disparition à Liège de deux nouvelles filles indique que les réseaux pédophiles continuent leur travail invariablement. Il est recommandable que les personnes qui se font plaisir avec de telles perversions se regardent dans le miroir, et se réalisent qu’ils ont tort.

A u s t r a l i e

Ceci est aussi de valeur pour ces abuseurs d’enfants de l’autre côté du monde. Le Dr. Reina Michelson est la directrice du Child Sexual Abuse Prevention Program (CSAPP) en Victoria, au sud de l’Australie. Depuis des années, elle est une combattante couronnée pour les droits de l’enfant. Son histoire commence en 1995 quand elle sonne l’alarme sur des abus pédophiles dans un internat à Victoria et dans un centre d’accueil à Melbourne. Aucune de ces affaires seront résolues.

Depuis lors, le Dr. Michelson rencontre régulièrement des victimes similaires qui témoignent sur des pratiques sadiques avec des enfants de 2 à 14 ans, sur des tournages de films-x pédosexuels et même sur des meurtres d’enfants. Cette injustice date des années ’80 et continue impunément jusqu’à ce jour.121314

Les victimes australiens de pédophilie citent ouvertement les noms des participants aux séances : des magnats des médias, des hommes d’affaires et plusieurs politiciens sont impliqués. Personne ne sera poursuivi par la justice.

En Australie aussi, l’étouffement des affaires de pédophilie est extensif :

Le scandal à l’internat de Mornington — où au moins 19 enfants sont abusés — est totalement négligé par la police de Victoria. Les instances officielles inviteront ni les parents, ni les victimes à entrer un réquisitoire.15

La plainte en avril 2002 contre un magnat des médias de Melbourne qui avait violé à répétition un garçon de 3 ans (abus physique confirmé par le Royal Children’s Hospital’s Gatehouse Centre) fut classé sans suite deux jours plus tard.16

La plainte, en mars 2004, d’un victime de pédophilie des années ’80, contre une personnalité connue de la télévision, fut simplement détruit par la police de Victoria.17 Un enseignant de renommée pédophile à Melbourne donne toujours cours dans l’enseignement secondaire. Il n’a jamais été puni, voir même interrogé.18

L’étouffement du réseau australien pédophile a tout à voir avec la complicité des services de sécurité. Plusieurs victimes témoignent qu’ils ont été violés par des agents et officiers de police même. C’est ce qu’on peut lire dans une lettre d’avril 2004 envoyé à la CSAPP venant d’une femme qui témoigne : des fonctionnaires de la police de Victoria haut placés se servaient sexuellement d’elle dans une réseau de prostitution locale d’enfants ; elle est toujours intimidée par la police et craint d’être ’suicidée’. Le Dr. Michelson, elle aussi, n’est pas épargnée : on cambriole chez elle, un membre de sa famille est menacé et elle-même est régulièrement physiquement intimidée.192021

On reconnaît le même phénomène en Belgique : Gina Pardaens, activiste des droits de l’enfant flamande, meurt dans un accident de voiture en novembre 1998. Avant sa mort, elle examinait la disparition d’enfants dans un réseau pédophile et avait découvert de l’information sur le réseau de Nihoul. Les jours précédents à son accident elle fut intimidé à répétition au téléphone et suivi par une voiture de façon constante.source

En 1996, Marie France Botte, une activiste des droits de l’enfant wallonne mondialement connue, parle de protection de pédophiles haut placés. Fin 1998, madame Botte essaye soi-disant de se suicider en avalant un dissolvant. Son asbl est ébranlée sans cesse et doit finir par fermer ses portes.source

L’abus navrant d’enfants en Belgique et en Australie indique comment les victimes de pédophilie et les activistes du droits de l’enfant sont intimidés et menacés par un appareil d’Etat. Si les chantages ou les intimidations s’avèrent inefficace, le réseau exécutif autour des pédophiles met en route des moyens plus lourds. On remarque que l’ordre qui est supposé protéger les victimes s’active davantage dans la protection des accusés.

E t a t s U n i s

En 1999, Paul Bonacci inculpe des notables au Nébraska d’une série d’abus qu’il avait succombé pendant les années ’80. Il inculpe et cite les noms de policiers haut placés, des hommes d’affaires, des médias, des membres de l’église et de l’orphelinat. Le républicain noir Larry King, manager du Community Federal Credit Union à Franklin, sera condamné à payer un million de dollars d’indemnisation.22

Ce procès, tout comme en Belgique et en Australie, démontre comment les représentants de l’Etat participent à l’abus des enfants et etouffent l’affaire pendant des décennies. Un thème récurrent est l’opportunité de systématiquement recruter des enfants dans des écoles, des centres d’accueil ou des orphelinats, et de les ’conditionner’ dès un jeune âge pour qu’ils acceptent les excès auxquels ils doivent succomber. Paul Bonacci en fut un malheureux exemple. Comme d’autres victimes de pédophilie, il souffre d’ailleurs du syndrome d’identités multiples.

Le procès au Nébraska ouvre des veilles cicatrices. Une investigation du comité d’enquête à Franklin indique que l’abus des mineurs date de 1984, et probablement déjà d’avant. On soumet Lisa, une fille de Franklin qui était introduite dans le réseau depuis ses quatorze ans, à un détecteur de mensonges ; son témoignage est tellement incroyable. Le détecteur indique que Lisa racontait la vérité. Elle raconte qu’elle fut transportée par Larry King, ensemble avec des garçons noirs mineurs, vers une partouze au Chicago, où elle avait entre autre reconnu le candidat présidentiel et ancien directeur de la CIA George H.W. Bush. C’est ce qu’on peut lire dans une biographie renommée sur le président.23

Des articles d’investigation du New York Times du 15 et 22 décembre 1988 avaient exposé en effet que des mineurs, de Franklin à Washington, étaient obligé de fournir des services sexuels aux pédophiles haut placés.24

Le 29 juin 1989 apparaît en suite un article dans le Washington Times intitulé (ma traduction, ndla) : « Investigation de Prostitution Homosexuelle piègent des VIPs autour de Reagan, Bush ».25 Dans cet article, on peut lire que des jeunes prostitués étaient importés dans la Maison Blanche pour en suite être abusé dans des fêtes vicieuses avec des politiciens, militaires et hommes d’affaires.

Craig J. Spence est un personnage central dans les scandales à Washington. C’est un lobbyiste républicain homosexuel qui avait introduit des mineurs dans la Maison Blanche à au moins une occasion. Spence est une version américaine de Michel Nihoul. Dans sa résidence secondaire, il s’occupait des orgies élitaires où un tas de participants haut placés étaient discrètement filmés et enregistrés ; ceci paraît dans un article du Washington Times, le 30 juin 1989.26

Craig Spence aurait dit à un ami : « J’ai besoin de garçons et de filles pour mes fêtes avec des politiciens, avec des hommes d’affaires haut placés, ou d’autres individus, bref : tout ce qui se présente. »27

Le lobbyiste-souteneur laissait entendre qu’il serait finalement trahis par ce service secret et qu’il mourrait probablement dans un suicide. Ce qui fut le cas.28 Intéressant à l’investigation chez nous des Ballets Roses et des Tueurs du Brabant est que cette pratique de chantage, selon Spence, était une opération de longue durée de la CIA où des call-boys et des mineurs d’âge étaient systématiquement recrutés pour figurer dans des partouzes avec des invités domestiques et étrangers. L’enregistrement des notables dans des scènes compromettantes s’avérait comme base de pouvoir pour les services de renseignements américains.

C o n c l u s i o n

Les actes sexuels organisés par les réseaux pédophiles, et dont je vous ai épargné les détails, sont d’une perversion inouïe. Les impliqués se livrent au viols, tortures, et mêmes meurtres de jeunes personnes. Les sessions sont filmés, parfois on cré des soi-disants snuff movies. Des invités sont piégés, filmés et seront chantés si nécessaire. On constate régulièrement un rituel satanique. C’est bouleversant que non seulement ces actes sexuels malsains sont vraiment pratiqués, mais qu’ils cachent aussi une organisation bien huilée.

Notons que les organisateurs des partouzes en Belgique, comme aux Etats-Unis, sont liés aux services de renseignements. Cette technique permettra aux derniers de chanter des personnes de pouvoir de façon efficace. Durant la période des partouzes outre-Atlantiques, Michel Nihoul équipait systématiquement ses Ballets Roses de caméras. Comme Craig Spence, il tenait des liens proches avec des personnages néofascistes au sein de la Sûreté d’Etat. Durant la même période, ces membres de la Sûreté d’Etat étaient impliqués dans l’organisation des Tueries du Brabant et des CCC Les Tueurs du Brabant : le plus grand hit de la CIA

Conclusion : en comparant les actions des réseaux pédophiles en Belgique, en Australie et aux Etats-Unis, on constate que les services de sécurité et de renseignement participent activement à l’organisation des réseaux élitaires pédophiles, à l’étouffement de leur existence en temps de crise, et à l’intimidation et l’assassinat éventuel de témoins encombrants.

La résilience et les perroquets de Panurge, par Boris Cyrulnik

« A Sodoké, dans mon quartier, trois personnes seulement possèdent la télé. Et pourtant, chaque matin, tout le monde discute du film de la veille », dit Amaka, la petite Ghanéenne. Elle nous questionne sur le mystère du panurgisme intellectuel qui nous pousse à suivre ou à contester un penseur sans se donner la peine de savoir de quoi il parle.

Nous avons tous fait ça, avouons-le. Au cours d’une discussion, quel qu’en soit le niveau, nous avons tous répondu à une approximation. Un ami me raconte : « Un jour j’ai lu un article soutenant qu’il y avait une localisation cérébrale de la pulsion pédophile. Ça m’avait beaucoup étonné. Mais le soir même ma voisine de table m’avait irrité en expliquant d’un air sucré que c’étaient les mères qui fabriquaient la pédophilie des hommes, je n’ai pu m’empêcher de la cingler avec cette phrase : « Des chercheurs viennent de découvrir l’origine cérébrale de la pédophilie ! » Dès cette phrase, chacun a dû prendre position, les uns, pour la responsabilité des mères dans la pédophilie et les autres, pour l’origine génétique de cette pulsion sexuelle. Le débat fut fiévreux. Par bonheur, le vin était bon. »

Ces discussions pittoresques posent un vrai problème. Nous sommes donc capables de nous engager viscéralement pour défendre ou attaquer un problème que nous ne connaissons pas mais qui a été amorcé par l’énoncé du mot « génétique », lancé dans la dispute pour affronter le mot « mère ». C’est le plaisir d’avoir raison et de moucher l’adversaire qui gouverne ces tempêtes verbales, bien plus que le lent bonheur que donne la connaissance.

Ces duels verbaux sont la règle chaque fois qu’un mot nouveau bombarde la culture. Quand un mot est technique, il se contente de ronronner dans son milieu de spécialistes, mais dès qu’il est accueilli par la culture, il enfle et se boursoufle et se charge d’une signification qui n’est plus celle de son origine. Alors les opposants, irrités par le gonflement de cette baudruche sémantique, tentent de la percer parce qu’elle prend trop d’espace, sans même se préoccuper de ce qui a justifié son fondement.

Ces errances conceptuelles ont connu par le passé de glorieuses illustrations. Le mot « inconscient » baignait l’Autriche quand Freud était enfant. Il était utilisé par les zoologues comme Carl Gustav Carus, qui expliquait que les animaux étaient conscients d’une foule de problèmes, mais n’étaient pas conscients qu’ils en étaient conscients. Il a dénommé cette performance « das Unbewusste« , terme repris par Freud et adapté à la condition humaine.

Les métaphores physico-chimiques charpentent la théorie psychanalytique et personne ne se trompe. Quand on dit qu’un tableau est sublime, on ne pense plus à l’origine chimique du mot. Quand on évoque les forces bouillonnantes du « ça », réprimées par le couvercle du surmoi, ce qui oblige les symptômes à s’échapper par la soupape du Moi, personne ne dit que la psychanalyse est une psychologie pour cocotte-minute.

Le détournement sémantique est flagrant pour les mots « idiot » ou « imbécile », qui, à l’origine, précisaient un niveau de quotient intellectuel. Quand on parle de « psychose collective », personne ne pense à la schizophrénie. Et quand le grand biologiste Ernst Mayr a proposé l’expression de « programme génétique » parce qu’il venait de recevoir un ordinateur, il n’a pas pensé à l’implicite idéologique de ce vocable qui a entraîné une pensée automatique : « Donc l’homme est programmé… tout est écrit dans le code-barres de ses gènes… la famille et la culture n’ont aucune influence… la pédophilie, c’est dans les gènes. »

Cette pensée paresseuse structure les idéologies, mais n’a plus rien à voir avec le concept original. « Tout mot employé dans des contextes différents ramasse un nombre important de significations différentes, qui expliquent son ambiguïté », nous explique Alain Bentolila. Le mot « hôte » désigne celui qui reçoit autant que celui qui est reçu. On peut subir son « destin » autant qu’en devenir le maître.

Le choix du mot est déjà une interprétation du monde. Affirmer qu’un singe est dominant ne déroule pas le même implicite idéologique que dire qu’une femme est dominante. Certaines expressions sont tellement heureuses qu’elles deviennent des gonflettes sémantiques. L’expression « faire son deuil », pourtant clairement élaborée par les psychanalystes, est employée dans tellement de situations différentes qu’elle ne veut plus rien dire aujourd’hui.

« C’est une frustrée… il n’a pas fait son Œdipe… CRS = SS… c’est un génocide… », la banalisation de ces expressions provoque une dérive sémantique qui explique que, lorsque le contexte change, les mêmes mots ne désignent plus les mêmes choses.

C’est ainsi que je me suis expliqué les incroyables contresens autour du mot « résilience ». Les « perroquets partisans » l’ont adoré. Ce concept permettait de tout guérir et de rendre aux humains leurs bonheurs perdus. Les « perroquets opposants » se sont donc empressés de le haïr, en disant que puisque la résilience définissait l’aptitude d’un métal à résister aux chocs, l’homme, n’étant pas une barre de fer, n’était pas concerné.

Le mot devient alors un signal d’appartenance vidé de tout contenu, n’ayant que la fonction de colle intellectuelle, comme à l’époque où certains psychanalystes se reconnaissaient entre eux en récitant : « Quelqu’un a manqué quelque part… ». Le but de cet automatisme verbal n’est pas d’informer sur un contenu d’idée, mais de créer un sentiment de complicité intellectuelle, une sorte de réaction à suivre un locuteur, comme nous l’avait raconté Panurge.

Si vous aimez les tests projectifs où, croyant parler des autres, vous dévoilez votre propre monde intime, il vous suffira de prononcer les mots « génétique », ou « forclusion du nom du Père », ou « résilience », puis d’observer les réactions émotionnelles de votre interlocuteur.

La réalité du concept est ailleurs, dans les livres, les laboratoires ou les groupes de praticiens. Là vous pourrez préciser votre idée et la renforcer, comme l’ont fait ceux qui ont élaboré les mots « inconscient », « génétique » ou « résilience ». Mais ce travail est un plaisir lent que n’apprécient pas les perroquets de Panurge.

 

Boris Cyrulnik, médecin, est directeur d’enseignement à l’université de Toulon-Var.

source de l’article

Pédophilie et enflammement médiatique

L’effet boule de neige est dans les média un effet bien connu. On devrait parler  plutôt d’effet d’avalanche pour relater la façon de travailler de certains et plus particulièrement pour les journaux en ligne.

Petite exemple: Un enfant oublie son sac et sa casquette  dans les vestiaires de son club de football et voilà que la nouvelle se retrouve dans tous les sites!

Deux heures après on parle déjà d’un hypothétique enlèvement. Non vérifiée l’information enfle sans cesse pour quelques heures plus tard  être transformée en enlèvement avec séquestration! Et ainsi de suite.

Peu importe si rien n’est confirmé ensuite,  on a publié un article très intéressant pour les lecteurs qui ont déjà posté moult réponses sur des supports en ligne, le but est souvent de flatter un petit animal précieux qui se promène sur les autoroutes de l’information; Il se nomme google.

Il faudrait arrêter de ressasser les mêmes informations sans contenu comme des moutons et réfléchir un tout petit peu avant de publier la énième version du communiqué de presse de l’AFP ou de Mr. Tartempion pour augmenter le page-rank de votre site »

Je suis moi-même le webmaster d’un portail internet de lutte contre la pédophilie et je publie certains communiqués de presse pour informer les gens. Certains diront que je ne fais que pratiquer les méthodes que je condamne ici mais je suis particulièrement conscient que pour moi il est indispensable d’informer le public sur les risques liés aux pédocriminels et de proposer de la prévention. Le faire oui, pour  une vraie prévention.

Pour répondre a certains détracteurs, on peut faire du bon travail avec des moyens faibles voire inexistants, des informations propres, une ligne de conduite claire et une certaine déontologie sans être ni une O.n.g, Ni une organisation gouvernementale, ni une association n’ayant que pour seul but de se servir au passage et de s’entretenir des bons boulots sans se bouger les fesses!

Notre portail pour ne pas le citer est le Portail Antipedophil, non subventionné, ni association, ni organisation non gouvernementale, ni site gouvernemental et pourtant là! N’en déplaise à certains.

Pour en revenir au sujet de l’article si l’avalanche médiatique servait les vrai causes et les vrai combats il en serait peut être autrement de la lutte anti pédophile dans ce pays ou les gens sont plus forts pour la critique que pour la construction! La France et les français n’ont pas d’argent pour ce combat qui pourtant les touche ou les touchera personnellement une fois dans leur vie.

Il est certain que les français sont très fauchés! Sauf pour appeler et soutenir leur chanteur préféré de la star’ac ou le la recherche de la….Il faut espérer qu’ils n’aient jamais à le regretter! Je leur dit quand même qu’au moins nous nous battons de notre mieux.

Nous faisons sans vous et ferons sans vous mais arrêtez de nous critiquer.

Ils se reconnaîtront!

Pour paraphraser une célébrité « vous ne m’aimez pas, mais moi non plus je ne vous aime pas »

Antipedophil

Pédophilie: observations de différences cérébrales

Une équipe de l’Université Yale a observé des différences dans l’activité cérébrale qui sous-tend les patterns de pensées chez des pédophiles.


Au moyen d’imagerie par résonance magnétique, ils ont observé que l’activité de certaines parties du cerveau des pédophiles est plus faible que celles d’autres volontaires à la vue de photos érotiques montrant des adultes.

Il s’agit de la première observation de différences au niveau neurobiologique dans les patterns de pensées chez les pédophiles, affirme le journal Biological Psychiatry.

Quand les participants connus pour être des pédophiles regardaient des images de pornographie adulte, une partie de leur cerveau, l’hypothalamus, qui est impliquée dans l’excitation sexuelle et la libération d’hormones, était moins active que chez les autres volontaires. Par ailleurs, plus le comportement pédophile de la personne était connu comme étant extrême, moins le cortex frontal était activé. Ces deux observations indiqueraient un intérêt réduit.

Il est important, explique Dr John Krystal, éditeur du journal, « de comprendre que ces résultats ne permettent pas de savoir si ce pattern d’activation du cerveau est un facteur de risque pour le développement de la pédophilie ou une conséquence des expériences sexuelles pédophiles. »

Selon l’auteur principal, Dr Georg Northoff, « ces résultats doivent être vus comme le premier pas vers l’établissement d’une neurobiologie de la pédophilie qui peut ultimement contribuer au développement de nouveaux moyens thérapeutiques pour ce trouble. »

« La capacité d’intervenir rationnellement par rapport à ce trouble est limitée par l’insuffisance de notre compréhension de sa neurobiologie », commente Krystal. « Ces résultats fournissent des indications de la complexité de ce trouble … il est possible que ce déficit prédispose des individus qui sont vulnérables à la pédophilie à rechercher d’autres formes de stimulation. »

Au Royaume-Uni, plusieurs chercheurs étudient la biologie du cerveau pour comprendre non seulement la pédophilie mais d’autres types de criminalité compulsive, rapporte la BBC.

Selon Dr. Keith Ashcroft, psychologue légal au Centre for Forensic Neuroscience (Lancashire), d’autres recherches indiquent des problèmes au niveau du cortex pré-frontal du cerveau liés aux pensées pédophiles.

Sources:
BBC News
Science Daily


Adoption et kafala

Qui dit adoption dit enfant abandonné. L’abandon a de tout temps existé, nos mythes fondateurs participent de personnages solitaires ; cela n’a pas empêché l’humanité — en l’absence de maîtrise de la procréation — de s’accommoder du sort réservé aux enfants malvenus, handicapés, fruits d’inceste, de viol ou d’adultère.

En 1972, un séminaire international s’est tenu à Alger sur le thème de l’enfance abandonnée, la tenue 30 ans plus tard d’assises sur le même thème montre la sollicitude des autorités de ce pays envers cette catégorie de population.
La valeur affective de l’enfant n’a pas toujours été ce qu’elle est aujourd’hui, un rapide survol historique des conditions faites à l’enfant illustre de façon éloquente ce fait. L’enfant malvenu était enterré vivant en Perse, immolé en offrande à Carthagène.
En Grèce, le père pouvait d’un simple signe devant témoins signifier l’abandon de son nouveau-né.
A Rome, ce droit était dévolu au pater familias jusqu’à ce que l’Etat romain, en quête de soldats pour ses conquêtes, substituât l’esclavage avec possibilité de libération à l’élimination physique (cf. le cas d’Octave adopté par César (101-44 av. n.e.) et futur empereur auguste).
Il a fallu attendre le VIe siècle (le code justinien, 528/534, et la loi de 553) pour que l’infanticide et les transactions sur les enfants esclaves soient sévèrement punis, puis l’avènement de l’Islam au VIIIe siècle pour que ces pratiques soient interdites à tout musulman (cf le cas de Zaïd Ibn Harath offert comme esclave au Prophète qui l’adopta après l’avoir libéré).
Les premiers hospices pour enfants abandonnés virent le jour en Europe à partir du XIVe siècle et c’est grâce à l’action sans relâche de Saint-Vincent-de-Paul (1581-1660) qu’un peu d’humanisme se fit jour dans la société européenne. C’est après la Deuxième Guerre mondiale et la maîtrise progressive de la procréation que la valeur affective de l’enfant prend un sens.
Un projet sur les droits de l’enfant, proposé par la Pologne en 1953, fut mis de côté, la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE) ne vit le jour qu’en 1989 après des années de débat et de multiples réserves pour tenir compte de la philosophie des Etats (qui ne l’ont d’ailleurs pas tous ratifiée). Après des siècles de stagnation en matière de sauvegarde de l’enfant abandonné, la société occidentale s’est progressivement dégagée de l’inhibition religieuse rétrograde qui frappait d’opprobre toute naissance hors mariage et a pu ainsi envisager des solutions au profit de la mère et de l’enfant.
L’action pour promouvoir un véritable humanisme au profit des plus démunis a grandement contribué, pour ce qui concerne l’adoption, à la définition d’une réglementation qui tienne compte des progrès sociaux, des exigences de la modernité et du respect de la liberté des femmes.
Le dernier demi-siècle a enregistré les plus belles pages de l’adoption dans la société occidentale. Il en va tout autrement pour la société musulmane où le code du statut personnel puise ses règles dans les interprétations des écritures sacrées des premiers siècles de l’Islam.
Un bref retour historique permet de saisir les raisons des prescriptions qui ont fondé le droit musulman pour ce qui concerne la famille et l’adoption. Dans la société préislamique jusqu’à l’époque du Prophète, coexistaient deux systèmes d’union, différenciés par le statut de la femme dans chacun d’eux et impliquant des différences fondamentales en matière d’éthique et de droit ; ce sont : le système matrilinéaire et le système patrilinéaire. A l’instar de la religion chrétienne, l’islam a privilégié le système patrilinéaire et a, pour ce faire, opté pour l’institution du mariage.
Il a considéré la famille comme la structure de base fondamentale de la société ; il édicta des principes et des règles pour la protéger contre toute transgression. Selon l’origine de la privation de parents, le droit musulman classe les enfants en 3 catégories : légale (enfants nés dans le mariage), illégale (nés hors mariage) et d’origine inconnue (enfants trouvés). Il laisse cependant toute latitude aux docteurs de la loi pour imaginer les solutions les plus appropriées, propres à garantir la paix sociale.
Ainsi fût fait durant des siècles, dans un esprit de générosité envers la mère et l’enfant, quelquefois au mépris du bon sens pour tempérer les conséquences de la fameuse maxime latine : « dura lex, sed lex » (la loi est dure, mais c’est la loi).
Afin d’éviter les éventuelles controverses relatives à la filiation d’un enfant, le législateur musulman a décidé que tout enfant né d’une mère mariée appartient réellement ou de manière putative au lit du mari, et doit donc être systématiquement inscrit dans sa filiation.
Afin d’écarter autant que faire se peut le doute sur la paternité de l’enfant à naître, il est exigé de la femme veuve ou divorcée de respecter un délai de viduité couvrant plusieurs cycles menstruels avant de pouvoir se remarier.
Afin d’éviter les naissances hors mariage (illégitimes), la polygamie est reconduite et il est recommandé aux parents de marier leurs filles dès la puberté, dès qu’elles sont en âge de procréer.
Les maternités hors mariage sont prohibées, les précautions juridiques sont prévues pour qu’il n’y en ait point et s’il advenait qu’une femme mariée soit enceinte alors que le mari est absent depuis plus de 9 mois, la tradition, confortée par certains imams, permettait le recours à un subterfuge qui consistait à admettre que la grossesse pouvait durer très au-delà de la gestation normale (connue sous l’expression « ragued boumergoud »), jusqu’à 3 ou même 5 ans, selon l’imam Malek. Il en va ainsi des sociétés policées, chacune d’elles engendre des mécanismes régulateurs de tension sociale en fonction de ses valeurs.
On peut considérer l’adoption comme l’un de ces mécanismes qui consiste à pallier les conséquences d’une privation parentale et secondairement l’absence d’enfant. C’est l’enveloppe d’une sauvegarde éthique, dont la forme juridique dépend de la culture et du degré de prégnance des traditions dans le pays considéré à une période donnée. Elle participe de l’éthique d’une société, elle change avec elle et présente de ce fait une dimension historique qui relativise sa conception dans le temps.
Hormis en Tunisie, l’adoption, en tant que sauvegarde avec filiation, est prohibée dans tous les pays où l’Islam est religion d’Etat. Dans ces pays, la sauvegarde de l’enfant privé de famille est conçue différemment selon le degré d’engagement des militants de l’enfance et l’esprit d’ouverture des décideurs.
Aucune œuvre privée de placement n’existe dans les Etats musulmans lesquels sont juridiquement tuteurs des enfants privés de famille jusqu’à ce qu’ils soient confiés en kafala ou tutelle légale. En Algérie, la seule autorité compétente pour ce faire est le wali et, par délégation, le directeur de l’action sociale. L’enfant est confié en kafala après enquête sociale de la famille postulante qui doit le considérer comme son propre enfant et peut, s’il est d’ascendance inconnue, lui donner son nom patronymique par décision du ministère de la Justice ; pour autant l’enfant makfoul (adopté) n’en a pas la filiation ni les attributs (héritage notamment). Seule la kafala judiciaire est recevable pour la concordance de nom, à condition que l’enfant soit d’ascendance inconnue ou que la mère biologique ait préalablement donné son consentement par écrit à ce changement de nom.
La Convention internationale sur les droits de l’enfant, adoptée en novembre 1989 et ratifiée par la quasi unanimité des pays, stipule dans son article 20 alinéa 2 : « Les Etats parties prévoient pour cet enfant (privé de famille) une protection de remplacement conforme à la législation nationale. »
Et dans son alinéa 3 : « Cette protection de remplacement peut notamment avoir la forme du placement dans une famille, de la kafala du droit islamique, de l’adoption ou, en cas de nécessité, du placement dans un établissement pour enfant, approprié… »
La « fetwa » autorisant le kafil à donner son nom patronymique au mekfoul — ce qu’il est convenu d’appelé la concordance de nom — on le doit à la pugnacité de notre association AAEFAB qui a présenté et âprement défendu cette demande auprès du Haut Conseil islamique à la faculté d’Ijtihad de ce conseil alors présidé par le défunt cheikh Hamani.
Cette disposition fut un encouragement incontestable à la kafala, des milliers de familles kafilate en ont bénéficié.
A l’usage, certains aménagements législatifs s’imposent pour donner son plein sens au décret de février 1992 portant sur le changement de nom. Ainsi en va-t-il de l’inscription du mekfoul sur le livret de famille avec mention marginale du jugement de kafala et de l’irrévocabilité de la kafala, sauf cas exceptionnel de déchéance civique du kafil.
Depuis sa constitution en 1985, Pl’AAEFAB œuvre sans relâche à la réalisation de ses objectifs et à apporter sa contribution malgré les vicissitudes aux efforts des pouvoirs publics pour une meilleure prise en charge de l’enfant privé de famille. Les distinctions et les reconnaissances reçues au plan national et international n’ont pu qu’inciter ses responsables à plus de persévérance. La priorité a été donnée au plus urgent, entre autres à l’accueil des nourrissons abandonnés par la réalisation en 1987 et 1988 de deux pouponnières et d’une école de formation des « berceuses » appelées à les prendre en charge, à la réalisation d’un « abri parental » pour l’accueil des enfants malades en soins lourds et récurrents dans les hôpitaux de la capitale et de leurs accompagnateurs, fruit d’un téléton initié et organisé entre autres par l’AAEFAB, inaugurée en novembre 2000 et récupéré 6 ans après — à notre corps défendant — par le ministère de l’Emploi et de la Solidarité et à la création d’un centre de ressources qui impulse un réseau euro-méditerranéen, « Prévention et prise en charge de l’abandon ».
L’Institut méditerranéen de la petite enfance (IMPE) — c’est son nom — est destiné aux professionnels, chercheurs, étudiants… Construit à proximité d’Alger dans l’enceinte du Parc d’attractions (PZLA), il réunira tout ce qui se rapporte à la petite enfance, en général, et à celle du bassin méditerrané, en particulier.
L’IMPE est le fruit d’un véritable partenariat Sud-Nord.
Son financement a été assuré (à moitié) par des ONG européennes qui avaient eu l’opportunité d’apprécier le travail et le sérieux de l’AAEFAB et (à moitié) par le service de coopération du gouvernement français et la délégation de la Commission européenne en Algérie. L’IMPE a été inauguré en novembre 2006.
Parallèlement à la prise en charge, l’AAEFAB a œuvré à l’amélioration de la législation relative à l’enfance privée de famille : de menus aménagements ont été apportés dès 1987, mais le plus significatif, de par sa portée et son influence sur la prospérité de la kafala, est le décret relatif à ce qu’il est convenu d’appeler la « Concordance de nom » évoqué ci-dessus. Beaucoup a été fait mais — comme pour toute œuvre humaine — beaucoup reste à faire pour entretenir, améliorer et pérenniser notre action, ce à quoi s’attache avec bonheur et détermination la nouvelle direction de l’association qui a inauguré le 24 mai un cycle intitulé « Kafala café », lequel se propose à intervalles réguliers de réunir les familles kafilate — mais pas seulement — en vue d’échanger et de partager leur expérience.
Je ne peux que souhaiter réussite et longévité à cette conviviale instructive et joyeuse initiative.
*Réactualisation de la communication présentée au colloque de Cordoue (Espagne) en 2001 sur le thème « Maghreb entre passé et avenir, savoir et action ».

Source: http://www.elwatan.com/spip.php?page=article&id_article=81231

Remerciements au journal El Watan pour sa collaboration amicale.

INTERVIEW DE CORINNE LAKHAL SUITE A LA SORTIE DE SON LIVRE « CONFIDENCES D’UNE VOIX »

CONFIDENCES D’UNE VOIX

Voici un livre semé de souffrances et de douleurs, avant que l’amour, le vrai, entre dans la vie de Corinne Lakhal, vie qu’elle partage en écrit dans son livre « Confidences d’une voix ».
Des passages douloureux, des bleus à l’âme indélébiles, mais surtout un silence pesant, des êtres sourds aux souffrances de cet enfant, de cette adolescente, et des mots que cette adulte attend, des mots qui j’espère, elle entendra.
Avec courage, l’auteur aborde des sujets sensibles, touche du bout de sa plume la violence humaine, et surtout l’incompréhension d’une jeune femme meurtrie, qui a pu s’en sortir à force de volonté, à force d’espoir.

INTERVIEW DE CORINNE LAKHAL SUITE A LA SORTIE DE SON LIVRE
« CONFIDENCES D’UNE VOIX »

Sandra Géraldès-Forasté : Bonjour Corinne Lakhal, merci de prendre le temps de répondre à quelques questions, suite à la lecture de ton livre « Confidences d’une voix »
Sandra G-F : Dis-moi, Corinne, peux-tu me parler de l’écrivain que tu es ? Qui est Corinne Lakhal ?
Corinne Lakhal : Bonjour Sandra, c’est avec plaisir que je vais répondre aux questions !
Je dirai que je suis une femme qui a besoin d’utiliser une plume pour exprimer ma colère, ma souffrance passée et aussi les petits bonheurs que je connais aujourd’hui! Partager tout cela avec les gens est pour moi une merveilleuse revanche sur mon passé, car je sais qu’enfin je suis écoutée aujourd’hui, contrairement aux années passées !

Sandra G-F : Quel a été le « déclic » pour que tu veuilles écrire ce livre ?

Corinne Lakhal : Le déclic a été une méchante et odieuse lettre, venant de ma mère il y a un an de cela, me disant que je regarde trop de feuilletons et qu’elle n’avait pas beaucoup d’amour et d’estime pour moi et cela depuis ma plus tendre enfance ! Que rajouter de plus ? J’étais persuadée que ce livre révèlerait la vérité aux gens qui doutaient encore de ma parole, mais hélas je reste incapable de parler ou de montrer ce livre ! Et je n’en vendrais aucun, seul par le net il pourra se vendre, car moi je ne veux pas faire sa promo pour le moment !

Sandra G-F : Au tout début de ton livre, tu écris ta déception envers des personnes, envers la société, envers ce qui t’entoure…Que te reflète le monde dans lequel tu vis ?

Corinne Lakhal : Dans un monde de brute et d’égoïstes, dans un monde où l’on ne peut faire confiance à personne et pour finir, ou  l’injustice reste toujours présente ! Un monde où il faut rester seule, sans amies c’est vivre dans un monde sans problèmes !

Sandra G-F : Un père qui abuse de sa fille, cela mérite que l’on porte une oreille attentive et surtout pouvoir desceller un malaise par rapport aux comportements qu’un enfant peut avoir…te concernant, personne n’a rien vu…Comment as-tu vécu cette solitude ? Tenais-tu un journal intime, par exemple, pour ne serait-ce que poser tes maux ?

Corinne Lakhal : Non, je ne tenais aucun journal intime, j’ai enfoui tout cela au plus profond de moi et j’ai toujours été une fille très souriante ! Je crois que j’ai eu beaucoup de copines à l’époque, mais j’ai lâché un mot de tous ses actes ! J’essayais toujours de me faire inviter pour passer une nuit chez les autres, pour moi le plus important était de ne pas être à la maison ! Et je ne me souviens pas d’avoir ressenti une solitude ! Bizarre de dire cela aujourd’hui, mais très sincèrement je ne me sentais pas seule !

Sandra G-F : Une mère qui te laisse seule, face à la vie, face au monde et a son lot de souffrances, lui en veux-tu toujours ? Où est-ce que ta colère s’épuise pour laisser libre court à l’amour pour ton époux et tes enfants ?

Corinne Lakhal : Ho ! Oui Sandra ma colère ne désemplit pas, au contraire ! Mais elle reste supportable grâce à Dieu puis ma famille ! Je ne veux surtout jamais ressembler à ma mère et ne jamais faire les mêmes choses ! Voilà ce qui me fait tenir et me fait passer au-dessus de toute colère que je peux encore avoir !

Sandra G-F : être enfant n’a pas été facile pour toi, être adolescente non plus, avec une première grossesse…il faut être solide pour vivre de telles expériences, à quoi t’es-tu raccrochée ?

Corinne Lakhal : Une grossesse que j’ai bien assumée seule et avec beaucoup d’obstacles sur mon chemin, mais aujourd’hui il a 19 ans et il est magnifique. Justement, je me suis accrochée à ce petit être qui m’a hélas vite été enlevé par la force des choses ! Puis je n’oublie pas le soutien de ma grand-mère qui s’était très bien occupée de moi et du bébé à l’époque ! Mais surtout je croyais toujours au prince charmant ou plutôt j’espérai rencontrer un papa pour mon bébé !

Sandra G-F : tu t’es confiée, tu as extériorisé ta colère et tes rancœurs, sont-elles encore présentes dans ton cœur malgré l’écriture de ce livre ?

Corinne Lakhal : Oui très sincèrement oui et je crains fort que je devrai vivre avec jusqu’à la dernière seconde ! Mais savoir que mon père devra vivre avec la honte et la peur de mes révélations est une revanche assez satisfaisante, et un soulagement ! Hélas je ne peux pas dire que ce livre m’a aidé à oublier.

Sandra G-F : Attends-tu ou espères-tu un jour entendre ces mots : « je te demande pardon », de la part de tes parents ?

Corinne Lakhal : Non surtout pas, car cela me laisserait de glace ! Par contre j’aimerai entendre des réponses ! J’aimerai des explications à de tels actes et à de tels comportements !Chose que je n’aurai jamais je le sais !

Sandra G-F : Maintenant que tu as fondé une famille, tu as des enfants et un époux qui t’aiment, il y a-t-il quelque chose de particulier que tu voudrais dire à toutes les personnes qui t’ont fait du mal ?

Corinne Lakhal : ben peut être que le lecteur dirai que ; J’ai grandi sans vous et je suis devenue une personne avec un cœur contrairement à vous, Dieu s’occupera de votre cas.

Sandra G-B : Maintenant que ce livre est écrit, qu’attends-tu comme réaction de la part des lecteurs et des lectrices ?

Corinne Lakhal : Je n’attends aucune réaction puisque je n’en parle pas ! Je regrette de l’avoir envoyé aussi vite à Guy, car j’ai oublié beaucoup de passages importants, et je suis déçue de mon travail, donc il me semble injuste de vendre un produit que moi-même je n’aime pas !

Sandra G-F : As-tu rencontré des difficultés pour écrire ton livre ? Revivre tes douleurs et tes souffrances encore une fois n’a pas été trop difficile ?

Corinne Lakhal : Oui terriblement, j’ai vécu chaque instant comme si c’était hier ! Et mes cauchemars sont toujours aussi fatigants ! Cela m’a demandé beaucoup d’énergie et de courage et je pense que je n’ai pas assez pris le temps pour l’écrire, voilà pourquoi il manque beaucoup d’étapes, je réalise que j’ai voulu finir rapidement pour sortir de cet enfer et hélas cela a donné un fascicule qui ne me convient pas !

Sandra G-F : Peux-tu me dire quels sont les auteurs ou écrivains envers qui vont tes préférences ?

Corinne Lakhal : Oui sans aucun doute Victor Hugo, Verlaine sont les plus grands pour moi puis je viens de découvrir Claude Razzon «  L’énigme de l’inceste »

Sandra G-F : Peux-tu me dire dans quelles circonstances tu as fait la connaissance de Mille Poètes et de Guy Boulianne ?

Corinne Lakhal : C’est Brigitte Willigens, une merveilleuse poétesse remplie de bonté qui m’a guidée vers Mille poètes et à mon tour aujourd’hui je conseille cet éditeur aux personnes qui souhaitent être publiées

Sandra G-F : Quels sont tes projets d’avenir sur le plan de l’écriture ?

Corinne Lakhal : Un autre recueil devrait voir le jour dans les mois à venir j’y travaille sans relâche, car je le voudrai rempli de belles images de couleurs avec des poèmes qui ne concernent pas mon passé cette fois-ci ! Mais où les sentiments et mes critiques resteront toujours d’actualité !

Sandra G-F : Merci Corinne, je te souhaite le meilleur pour l’avenir

 

Entrevue de Sandra G-Forasté

geraldes914@hotmail.com
http://www.webzinemaker.com/artpoesie

© Mille Poètes LLC
http://www.mille-poetes.com

Tous nos remerciements a Guy Boulianne et Sandra Géraldès-Forasté des éditions Mille Poètes LLC pour leur coopération a notre cause.

CONFIDENCES D’UNE VOIX

Autre livre de Corinne Lakhal: Regards, pensées et sentiments

Pédophilie: « Il est important que nous ayons les outils juridiques »

Rachida Dati, ministre de la justice, s’explique sur le projet de loi concernant les pédophiles.
La ministre de la Justice Rachida Dati a justifié mardi son projet de loi sur la « rétention » des pédophiles jugés encore dangereux à la fin de leur peine de prison par l’impossibilité, en l’état actuel, de « contraindre aux soins » les détenus.

Rachida Dati, ministre de la Justice.

« Il est important que nous ayons les outils juridiques, que nous comblions un vide juridique (…), pour pouvoir éviter que des enfants puissent être tués ou violés par des personnes qui ont juste refusé de se soigner en prison », a déclaré la ministre sur France Culture.

« Comme nous ne pouvons pas contraindre aux soins… il y a des principes de réalité », a ajouté Mme Dati.

 

C’est quoi ce projet de loi?

Le projet de loi, qui doit être examiné le 8 janvier à l’Assemblée nationale, découle de l’affaire Evrard, du nom d’un pédophile récidiviste qui avait enlevé et violé un garçonnet en août 2007 à Roubaix (Nord).

Le projet de loi sur la mesure dite de « rétention de sûreté » concerne les criminels condamnés à 15 ans de prison ou plus pour un acte à caractère pédophile qui présenteraient à la fin de leur peine un risque de récidive.

Le 12 décembre la commission des lois de l’Assemblée a adopté un amendement d’un député UMP stipulant que la mesure pourra s’appliquer aux agresseurs de mineurs de moins de 18 ans et non plus seulement des mineurs de moins de 15 ans comme le prévoyait le texte du gouvernement.

A propos d’un texte déjà adopté cette année, la loi anti-récidive, Rachida Dati a rappelé mardi que les dispositions sur les injonctions de soins pour les délinquants sexuels entreraient en vigueur le 1er mars 2008. A cette date « nous aurons 450 postes de médecins coordonnateurs » au lieu de 150 actuellement, a-t-elle dit.
Par La rédaction du Post , le 18/12/2007

Des victimes à bon compte

par  Illel Kieser ‘l Baz

Yves Jego, non, votre mouvement politique n’est pas une victime mais manipulateur

 

Sur la rétention de sureté !

En réponse à Stop au déferlement haineux du Parti socialiste par Yves Jégo, Porte-Parole de l’UMP

http://www.sarkostyle.org/2008/02/stop-au-dferlem.html

 

 

M. Yves Jego n’est pas un manipulateur en tant que personne, mais le mouvement politique auquel il appartient use d’artifices manipulateurs et pervers.

Le décret valant application de la loi de rétention de sûreté qui prévoit de sanctionner les criminels les plus dangereux à l’issue de leur peine principale, publié aujourd’hui au Journal Officiel, soulève un tollé.

Chacune des parties y va de sa rhétorique et si les principes fondamentaux du droit sont convoqués par les uns, d’autres invoquent « le droit des victimes » sans qu’il soit précisé de quoi il s’agit. Et si l‘on décrypte les discours des uns et des autres, on découvre, ébahi, que les principales oubliées de ce débat sont, en fait, les victimes elles-mêmes.

Rachida Dati présente cette loi comme primordiale et essentielle à la défense des victimes et c’est ainsi que le Président de la République la voulait, il avait lui-même rappelé que cette initiative était de toute première importance.

Elle est sanctionnée par le Conseil Constitutionnel qui en limite l’application en supprimant la rétroactivité. Ce qui, ne soyons pas dupe, ôte au Président un bénéfice électoral immédiat car cette loi ne pourra être appliquée que dans 15 ans – il s’agit en effet de sanctionner les crimes qui auront fait l’objet d’une sanction carcérale de 15 ans au moins à partir de sa promulgation. On sait aussi que cette loi en question vise principalement les grands crimes pédosexuels, kidnappings, séquestrations, viols et meurtres. 

 

À l’origine de cette grande saga médiatique, souvenons-nous :

Vivant dans un quartier populaire de Roubaix, Enis, un petit garçon de 5 ans est kidnappé le mercredi 15 août 2007. Rapidement le Préfet du département met en place une procédure nouvelle en France : le plan « Alerte enlèvement ». Enis est retrouvé quelques heures après. Il venait d’être également victime d’un viol commis juste après sa disparition. Le plan Alerte Enlèvement qui fut mis en place nécessite la convergence de plusieurs critères qui doivent être réunis. Ce plan fut mis en place en juillet 2006.
(Voir le site officiel : http://www.internet.gouv.fr/information/information/coups-oeil/site-dedie-au-dispositif-alerte-enlevement-227.html – notez en passant que le site dédié à ce plan et annoncé sur l’URL que je vous donne renvoie à une page inexistante.)

Le responsable de l’enlèvement, Francis Evrard, âgé de 61 ans, fut donc interpellé très rapidement. Pédocriminel multirécidiviste, il avait déjà été condamné à trois reprises pour des agressions sexuelles sur mineurs. La première fois, en 1975 et il venait de sortir de prison après dix-huit ans passés derrière les barreaux ; il était placé sous surveillance judiciaire. On apprenait plus tard que le médecin de la prison, dans laquelle il purgeait sa peine, lui avait prescrit du Viagra.Dans cette affaire, le système judiciaire fut largement mis en cause, malgré le succès du plan Alerte Enlèvement. La France avait également été secouée par le scandale du procès d’Outreau, encore une affaire de pédocriminalité.

 

C’est donc au lendemain de ce crime odieux, que Rachida Dati, Ministre de la Justice avait promis de changer la loi pour qu’elle soit plus sévère contre les délinquants sexuels qui récidivent. Le caractère spectaculaire de l’enlèvement puis du succès du plan Alerte Enlèvement avait été largement relayé et amplifié par les annonces de la Garde des Sceaux et par l’Élysée qui avaient reçu, chacun à leur tour, la famille du petit Enis. Le tout sous le zoom médiatique si bien maîtrisé par l’Élysée, ce qui avait fait dire au père de Énis : « Je suis relativement surpris (par cette invitation) […] C’est beaucoup de reconnaissance, je n’ai pas fait ça pour passer devant les caméras. »

 

Parole modeste d’un homme simple qui semblait déjà avoir décelé l’instrumentalisation de sa douleur.Impudique, le pouvoir commençait à émettre son double message :

–  la défense des victimes,

– des sanctions plus fortes, des peines plus lourdes.

Aujourd’hui, voilà les vieilles antiennes qui reparaissent, voilà l’essentiel de la communication présidentielle relayée à grand renfort de communiqués et d’interviews par les collaborateurs-ministres du Prince-Président.

Pour soutenir le coup de force, les manipulations n’ont pas manqué. Ainsi, peu de temps avant que le Conseil Constitutionnel ne se prononce, jeudi 20 février 2008, la presse publiait une liste de 32 détenus « dangereux » libérables prochainement. Cette indiscrétion était immédiatement perçue comme une « pression inadmissible » sur les membres du Conseil Constitutionnel, par les représentants des avocats et magistrats.

Le 1er président de la Cour de cassation, Vincent Lamanda, de son côté, refusait publiquement de remettre en cause la décision des « sages » et rejetait toute rétroactivité.

Désavoué par le Conseil Constitutionnel, le Président se fend donc d’un entretien avec le quotidien Le Parisien pour rappeler sa détermination à mettre en œuvre la rétroactivité de la loi.Mis en cause, malmenés par les Sages de la République, inquiétés par les multiples déconvenues du moment, que font les caciques de l’UMP et les défenseurs d’une sévérité accrue ? Yves Jego, porte parole de l’UMP, y va de son couplet de victime « Le déferlement haineux du parti socialiste à propos de la volonté du Président de la République d’appliquer au plus vite les mesures de lutte contre la délinquance sexuelle est particulièrement inacceptable et inqualifiable.En effet, il s’agit en l’espèce de l’application d’une loi votée par le parlement souverain qui a pour objectif de protéger en particulier les enfants des menaces des prédateurs sexuels dangereux. »Source : Sarkostyle : http://www.sarkostyle.org/2008/02/stop-au-dferlem.html

 

Au comble de l’esprit manipulateur il ose ajouter :

« Une fois de plus, les socialistes sont du côté des coupables plutôt que des victimes.Une fois de plus, les socialistes font semblant d’ignorer que les français ont voté pour des lois plus fermes, en particulier à l’égard des délinquants sexuels. »Il dévoile vraiment le fond, le mobile essentiel de la stratégie présidentielle : « A la veille des élections, ce retour des socialistes à une vision laxiste de la justice doit éclairer les Français pour choisir entre ceux qui veulent protéger les victimes et ceux qui refusent l’application des lois votées par le parlement. »

 

Nous y voilà, les victimes ne sont pas là où chacun croyait l’avoir compris…

Alourdir les peines, les prolonger, quel intérêt au regard du droit des victimes ?Cessons d’errer dans ce jeu de dupes, parlons des victimes et des rescapés de la pédocriminalité !

En quoi cette loi procède-t-elle d’une véritable volonté de défendre les victimes ?Alourdir les peines à l’encontre des pédocriminels, les contraindre à un traitement, en quoi cela peut-il aller dans le sens d’une défense du droit des victimes ?En premier lieu, simple effet de logique, comment une punition plus lourde peut-elle réconforter une victime, le plus souvent un enfant ? À aller dans le sens d’un esprit de vengeance, tout simplement car la victime, une fois blessée n’a rien à attendre d’un surcroît de peine. De plus, cette volonté de vengeance va à l’encontre des principes fondamentaux du droit et quand nous avons, nous agents de terrain, à soutenir une victime, l’urgence n’est pas la vengeance mais la réparation, le soutien, la mise en place de procédures coûteuses de thérapie qui permettent à la victime de reprendre une vie normale.

Qu’en est-il de la protection de la population vis-à-vis des nuisances de la récidive ? C’est là une question de moyens mis à la disposition des policiers, des gendarmes, de la Justice. Cela ne concerne pas les victimes mais le gouvernement. Et il y a beaucoup à dire sur les carences criantes en la matière.

Que je sache, parmi les associations de défense des victimes, reçues par Mme la Ministre Rachida Dati en octobre 2007, aucune n’a manifesté sa volonté de voir les peines alourdies, tout juste le problème du suivi psychiatrique des prédateurs et le risque de récidive ont-t-il été évoqués.

Par contre de nombreuses autres propositions ont été soumises, moins spectaculaires, moins médiatiques mais, surtout, longues à mettre en place et plus coûteuses. Elles impliquent en outre des changements radicaux dans les procédures judiciaires, dans les habitudes des enquêteurs et des juges chargés de ces affaires, car aucune formation spécifique n’existe pour prendre en compte la spécificité de ces crimes : ni connaissance des modes opératoires des prédateurs, ni connaissance des séquelles provoquées par ces crimes sur les victimes.

Voici en substance quelques éléments de proposition :

1- Un état des lieux : l’ignorance favorise et renforce la banalisation et le déni : lancer des enquêtes nationales et régionales et y associer les cliniciens et travailleurs sociaux.

2- Informer : l’information, l’éducation sont nécessaires, tant d’un point de vue préventif que de sanction contre ces crimes.

3- Accueillir : accueillir, soutenir les parents de victimes, les victimes et les rescapés de l’inceste et de la pédocriminalité.

4- Défendre : contre un prédateur manipulateur, par un choix de défenseurs et d’acteurs sociaux formés aux méandres de la justice.

5- Proposer des réformes judiciaires : Le crime d’inceste – par exemple – a été éliminé du Code pénal, il s’agit d’en rétablir la définition et la sanction, tout en envisageant l’imprescriptibilité de ce crime.

6- Mettre en place des réseaux de soutien, mutualiser les moyens : Organiser des Assises Nationales pour la défense des victimes, associant de façon très large tous les acteurs concernés, première étape dans le partage des moyens, des connaissances et des ressources.

7- Former les acteurs sociaux : En les associant à l’émergence d’une expertise efficiente et humaine. Les théories en présence demeurent encore archaïques, éloignées des témoignages recueillis sur le terrain.

8- Agir pour prévenir le passage à l’acte « pédophile » : En favorisant les programmes développés par des scientifiques, les actions menées par des associations spécialisées, la création de lieux d’écoute et d’accueil appropriés.

9- Médiatiser : la médiatisation est un outil essentiel qui peut jouer un rôle déterminant dans la prise de conscience et la lutte contre la pédocriminalité.

Par ailleurs, des associations de victimes et moi-même proposons l’abolition de la prescription pour ces crimes en les classant tels des crimes contre l’humanité. Cette proposition repose sur des points de droit tout à fait défendables.

(Je recommande, en passant, à ceux qui le veulent, de soutenir la pétition mise en ligne : Au nom de l’enfance violée : http://petition-antiprescription.net/)

 

Lire également l’article publié par Agoravox : La prescription des crimes sexuels commis sur les enfants, par Dan, responsable d’une association, Vivre après l’inceste (http://vivreapreslinceste.net/forum/viewtopic.php?p=25025&sid=2280fc37b7f56dd23d829ea58ccc0b1a ) de rescapés de la pédocriminalité ainsi que des arguments de droit – en commentaire de son article – en faveur du classement des crimes pédosexuels au rang de crimes contre l’humanité. (http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=10156)

Face aux tribulations médiatiques, les faitsHé bien nul ne les connaît vraiment en France. La dernière enquête un peu sérieuse, date de 2002.

En 2002, le ministère de la Justice a recensé 328 atteintes sexuelles et 426 viols sur mineurs de moins de 15 ans. En 20 ans, les condamnations pour agression sexuelle sur mineur ont augmenté de 200 %.

– 800 mineurs se sont volatilisés en France en 2000 selon la Garde des Sceaux de l’époque, Marylise Lebranchu.

– 5 116 plaintes pour abus sexuels sur mineurs de moins de 15 ans ont été enregistrées en 2000. Et seulement 500 procès. Dans cette comptabilité, la pédophilie est confondue avec l’inceste. (source : Le Point 21/06/02)

 

– Près de 13 500 affaires recensées en 1999 — 33% de viols, 67% d’agressions sexuelles.

 

– Sur l’ensemble des condamnations pour délits sexuels, la part des faits commis sur des mineurs est passée de 49 en 1997 à 54 en 2002.

– Près de 13 500 mineurs ont subi des violences physiques ou sexuelles en 2001 en France, soit 40 enfants victimes d’agressions sexuelles par jour. Le standard d' » Allô, enfance maltraitée  » (119) a reçu en 2000 près de 26 900 demandes d’aide. (L’Humanité, 25/01/2002)

– Selon les chiffres de l’Observatoire décentralisé de l’action sociale (ODAS), 85 500 enfants sont en danger, c’est-à-dire maltraités ou risquant de l’être à cause de l’environnement dans lequel ils vivent. Ces enfants se répartissent ainsi : 18 000 sont victimes de violences et 67 500 risquent de l’être.

On peut estimer d’après les chiffres de l’ODAS pour 2001 « qu’une fille sur huit et un garçon sur dix sont victimes d’abus sexuels avant d’avoir atteint leur majorité ; 22 d’entre eux ont moins de six ans ; dans quatre cas sur dix, l’enfant est victime d’agressions répétées. Les filles sont plus souvent victimes de maltraitance que les garçons — elles représentent près de 60 des cas — et subissent un plus grand nombre d’abus sexuels. »

Dans cette même année 2002, Juan Miguel Petit, rapporteur spécial de la mission de l’ONU sur la pédocriminalité en France épingle l’État, sa justice, sa police. Une mission qu’il dirigeait, avait été menée dans l’Hexagone du 25 au 29 novembre 2002. Elle portait sur « la vente des enfants, la prostitution et la pornographie impliquant des enfants ».

Sources : SOS Justice : http://www.sos-justice.us/organisation/decadence/rapport-ONU-fr.html

Les conclusions de son rapport mettent clairement en cause l’attitude des magistrats français : « Le rapporteur spécial tient à recommander à nouveau qu’un organe indépendant mène de toute urgence une enquête sur les carences de la justice à l’égard des enfants victimes de sévices sexuels », écrit Juan Miguel Petit, qui estime cette démarche « vitale »… Ce qu’il a vu l’a marqué : « Je me suis retrouvé face à des dossiers complexes, soixante au total, nécessitant la plus grande prudence. J’ai pu constater que les choses ne fonctionnaient pas. Dans plusieurs cas, avérés, des enfants ont été filmés ou photographiés dans des situations pornographiques. La justice française n’a pas enquêté ! Pour ces dossiers un regard neuf est absolument nécessaire. »

Le rapporteur de l’ONU revient également sur la manière surprenante dont le Tribunal de Grande Instance de Paris avait traité l’affaire des fichiers de Zandvoort, des scènes pédopornographiques enregistrées sur CD… Plusieurs centaines d’enfants apparaissent sur ces images terribles. Le parquet de Paris a conclu par un non-lieu…

L’affaire avait été révélée par Serge Garde, journaliste au quotidien L’Humanité. Serge Garde, dans un de ses articles suggérait que l’on vienne visionner ce CD afin d’y reconnaître les visages d’enfants signalés disparus. Il attend encore que les enquêteurs viennent lui demander ce CD.

Ces chiffres ahurissants peuvent désormais être complétés par des enquêtes partielles :

Après l’enquête de l’Insee sur la violence faites aux femmes, une autre enquête portant sur le milieu sportif dans lequel la loi de l’omerta est absolue vient de faire l’objet d’un rapport officiel par la ministre Roselyne Bachelot. Les jeunes sportives sont d’emblée soumises au chantage. Signaler un viol, c’est risquer de voir toute une carrière sportive prometteuse anéantie. C’est aussi mettre en cause des sportifs et des cadres, hommes pour la plupart, porteurs des valeurs de leur pays.

Dans ce milieu, environ 30% de jeunes pensent avoir été déjà confrontés à une forme de violence sexuelle dans le cadre sportif, selon des chiffres révélés vendredi lors de la présentation par la ministre de la Santé, de la jeunesse et des sports, d’un plan de lutte contre ce phénomène et la « loi du silence » qui l’accompagne.

Résumé sur 20 minutes : http://www.20minutes.fr/article/214852/France-Un-jeune-sportif-sur-trois-confronte-a-une-forme-de-violence-sexuelle.php

Des enquêtes menées dans d’autres pays de même culture nous permettent de risquer des comparaisons. Ainsi celles qui sont encours actuellement aux USA et au Canada révèlent que, environ, 25 à 27% des enfants sont victimes de maltraitance, violences physiques, maltraitance sexuelles, viols, harcèlement, esclavage, etc. Que ces maltraitances touchent toutes les couches de la population.

Ajoutons enfin que les crimes odieux qui font l’objet de tant d’empressement médiatique sont exceptionnels.

Ce qui revient à dire : pendant que nos politiques de tout bord se disputent sur un sujet exceptionnel, d’autres victimes demeurent dans le silence total, l’indifférence de leurs élus de tous bords.

Quant à M. Yves Jego, qui voudrait se faire passer pour la victime expiatoire d’une haine féroce que nourrissent les frustrés d’une précédente élection, nous ne pouvons que lui recommander humblement plus de discrétion dans ses lamentations et plus de dignité face à la douleur de ces milliers de personnes victimes et rescapés de la pédocriminalité ordinaire, celle qui est commise par monsieur lambda. Lequel ne sera condamné, la plupart du temps qu’à une peine allant de zéro à quelques petites années de prison, qui se verra acquitté très souvent, au prétexte que sa victime sera considérée par un éminent expert comme une érotomane.

 

Qu’il évalue le coût social gigantesque de ces traumatismes subis durant parfois des années et qui plaquent nos rescapés dans la dépression, la violence autodestructrice… Il risque d’être atterré. Quant à ceux qui lui disputent les scènes médiatiques à grand renfort de gourmandises sur l’état de la Constitution, ne pourrait-il pas, quelques instants, se poser la question des victimes d’une pédosexualité ordinaire : celle du viol d’une petite fille dans les vestiaires, d’une enfant régulièrement agressée par son père depuis l’âge de 4 ans et de tant d’autres… ?Ces affaires qui ne sont jamais spectaculaires. Une personne sur quatre, disions-nous !Étonné ? Tant mieux, c’est notre quotidien, nous nous sentons moins seuls maintenant !Auteur:  Illel Kieser ‘l Baz pour Enfance en Danger

Viols : Quatre cents cas recensés entre 2006 et 2007

Quatre cents cas de viols ont été dénombrés au Sénégal entre septembre 2006 et décembre 2007. Et la plus jeune des violées est âgée de seulement 3 ans. Parmi ces cas de viol recensés, les cas d’inceste occupent 10 %. Tous ces chiffres cités par le vice-président de l’Assemblée nationale et président de l’Ong Jamra sont tirés d’une étude menée par le Groupe de recherche et d’actions contre les violences faites aux enfants.

L’inceste est-il devenu une banalité dans les mœurs sénégalaises ? C’est en tout cas le sentiment du vice-président de l’Assemblée nationale et président de l’Ong Jamra, Abdou Latif Guèye. S’exprimant lors des Journées convergence de l’Alliance nationale de lutte contre le sida, tenues à l’Enam, Abdou Latif Guèye s’est dit choqué par ce qui se passe au Sénégal. En effet, révèle le député, 400 cas de viols ont été dénombrés au Sénégal entre septembre 2006 et décembre 2007. Et la plus jeune des violées est âgée de seulement 3 ans. Parmi ces cas de viol recensés, les cas d’inceste occupent 10 % avec 40 cas. Tous ces chiffres cités par le vice-président de l’Assemblée nationale et président de l’Ong Jamra sont tirés d’une étude menée par le Groupe de recherche et d’actions contre les violences faites aux enfants, créé par des éléments de la société civile et dirigé par notre confrère Adama Sow. Dans cette étude, on découvre surtout que les cas d’inceste sont devenus récurrents au Sénégal. Cas de cette jeune fille de la banlieue dakaroise qui a été tellement abusée par son père qu’elle a fini par se mettre de l’acide dans son sexe pour ne plus avoir à subir en silence les assauts répétés de son géniteur. Et Abdou Latif Guèye de s’offusquer : ‘Personne ne lève le plus petit doigt face à ces tragédies que ces enfants vivent au quotidien pour la plupart d’entre eux.’

C’est pour prendre en charge ces drames qu’un Réseau parlementaire de protection contre les violences et les abus faits aux enfants a été créé mardi dernier. Autant, ses initiateurs se préoccupent de la prise en charge psychologique et sociale de ces enfants dont la vie pourrait être brisée à jamais, autant, ils projettent de faire en sorte que l’impunité ne soit plus de mise, en engageant notamment des poursuite en justice et en faisant en sorte de la législation dans ce domaine soit renforcée. Ce réseau est présidé par le député Oumar Ndoye qui est un psychiatre de profession et sa vice-présidence est assurée par Latif Guéye et Ndèye Guèye Cissé. Et les membres du Groupe de recherche et d’actions contre les violences faites aux enfants en constituent les experts consultants.

Mais il n’y a pas que les cas de viols qui préoccupent Abdou Latif Guèye et les membres du Réseau parlementaire de protection contre les violences et les abus faits aux enfants. Parce que l’étude menée par le Groupe de recherche et d’actions contre les violences faites aux enfants a recensé 12 700 adolescents de 8 à 27 ans en contact régulier avec des sites pédophiles et qui sont sexuellement actifs.

Autant de faits qui ont amené hier le député Abdou Latif Guèye, lors des Journées convergence de l’Alliance nationale de lutte contre le Sida, à inviter les Sénégalais à se regarder en face. Il ne s’agit pas de verser dans ‘le tabou sénégalais’, dit-il, mais plutôt de parler de la question du sexe qui est une de nos réalités et d’y jeter un regard froid. ‘Le sexe, on en fait beaucoup, mais on en parle peu’, s’offusque le président de Jamra.

Le vice-président à l’Assemblée nationale a également plaidé pour un plus grand dynamisme afin que le Round 8 ‘ne puisse pas échapper à l’Ancs’. Etant lui-même membre fondateur de cette organisation de la société civile dans le cadre de la lutte contre la pandémie, Latif Guèye a appelé à une plus grande solidarité.

Se prononçant sur la loi portant sur le Vih, le député a plaidé pour que cette dernière soit établie et déposée sur la table de l’Assemblée nationale. A ce sujet, le secrétaire exécutif du Conseil national de lutte contre le Sida (Cnls), le Docteur Ibra Ndoye, invite à une plus grande prudence. ‘La loi sur le Vih connaît quelques problèmes’, dit-il. Parmi ceux-ci, la question de la transmission mère-enfant et la question du test prénuptial restent des points qui nécessitent un certain éclairage, notamment des religieux et autres, explique Ibra Ndoye.

Ces Journées de l’Ancs permettront de présenter les résultats de la mise en œuvre des interventions de la phase 2 du Round 1 du programme Fonds mondial. Lors de cette rencontre, l’opportunité sera donnée aux sous-récipiendaires de partager leurs expériences dans les composantes stratégiques qu’ils mettent en œuvre. Etant sous-récipiendaire principal du programme Fonds mondial, l’Alliance nationale de lutte contre le sida (Ancs) se prépare pour le Round 8. Ainsi, avec des sessions de formation dans l’élaboration de propositions, l’Ancs s’active pour ne pas rater le coche du Round 8.

Issa NIANG

Enfants disparus, pédophilie et prévention

article publié sur Mamamiiia 

Depuis le printemps 2007, je suis de près l’enquête entourant la disparition mystérieuse au Portugal de Madeleine McCann, une petite Britannique de 4 ans qui était en vacances avec ses parents. À la fin de juillet, un autre cas de disparition mobilisait mon attention, celui de la petite Cédrika Provencher, une fillette de 9 ans de Trois-Rivières. Dans un cas comme dans l’autre, aucun indice n’a permis de les retrouver. Tous les jours, je m’interroge sur le sort de ces enfants et sur les motivations des responsables de ces enlèvements.

À ce stade, toutes les hypothèses expliquant leur disparition sont permises, y compris la possibilité d’avoir été enlevées par un pédophile.

Et qui sont ces pédophiles? Où se cachent-t-ils? On a souvent l’impression qu’ils n’existent que dans notre imagination, et pourtant…

En septembre dernier, une équipe du Journal de Montréal démasquait des présumés pédophiles traqués par une fausse « jeune fille » dans un forum de discussion. L’un d’eux a même été interviewé par l’équipe du journal. Le plus frappant, c’est l’impression que ces hommes ne comprennent pas la gravité de leurs gestes.

En effectuant des recherches sur le sujet dans Internet, j’ai découvert qu’il existe plusieurs groupes de défense des relations amoureuses et sexuelles entre adultes et enfants, filles ou garçons. Loin de condamner leurs gestes, ces individus les glorifient. Les adeptes du BoyLove ou GirlLove, prétendent que ce type de relation avec un enfant peut même lui être bénéfique, études pseudo-scientifiques à l’appui! Des exemples?

Aux Pays-Bas, le groupe Martinjn (Wikipédia), qui existe depuis une trentaine d’années, se porte à la défense de la pédophilie et réclame la légalisation des relations amoureuses et sexuelles entre adultes et enfants. Tous les mois, les adeptes de ce groupe publient le magazine OK, destiné à appuyer leur cause. La une de ce magazine présente toujours des photographies suggestives de garçons à l’aube de la puberté, parfois plus jeunes.

Un autre groupe, celui-là aux États-Unis, s’appelle la North American Man/Boy Love Association (NAMBLA)(Wikipédia) et fait la promotion des relations sexuelles entre les hommes et les petits garçons. En 1995, l’organisation aurait compté pas moins de 1000 membres, mais on ignore s’ils sont toujours actifs.

En 2006, le New York Times publiait les résultats d’une vaste enquête qui mettait au jour la présence des pédophiles sur le Net, en particulier dans des forums de discussion, des « chat rooms » et même une station de radio internet. Dans ces forums, les pédophiles cherchaient conseil sur la manière de se faire embaucher dans des camps de vacances, dans des garderies ou tout autre endroit où se trouvent des enfants ou adolescents. L’organisation diffusait même une émission de radio sur Internet au cours de laquelle des pédophiles discutaient notamment « des bienfaits des relations homme-garçons ». À la suite de la publication de l’enquête du New York Times, les autorités en ont profité pour procéder à de nombreuses arrestations dont les responsables de la station de radio Internet Sure Quality Radio, fermée depuis.

Dans le cyberespace francophone, des groupes virtuels de pédophiles existent aussi et d’après la teneur des propos tenus dans le forum appelé Le Jardin d’Alice (jardin.glgarden.org), le forum public des girllovers francophones, certains sont des pédophiles bien de chez nous. À lire leurs conversations, il n’y a pas de doute que ces hommes préfèrent ouvertement les petites filles. Dans la version anglophone du site, Girllove Garden (www.glgarden.org ) des membres du forum admettent ouvertement être pédophiles. Certains sites prétendent même se consacrer à l’étude scientifiques des relations entre adultes et enfants. L’un d’eux, appelé IPCE (l’acronyme n’est pas expliqué), regroupe des membres triés sur le volet qui se réunissent une à deux fois par année dans divers pays, publie une lettre électronique, tient un forum sur le web et propose de nombreux sites et forums à l’intention des pédophiles. (voir : http://www.ipce.info/ipceweb/links.htm )

Selon le Service de police de la Ville de Montréal, il y a eu 60 461 enfants portés disparus en 2006 (pdf) au Canada et 7 317 provenaient du Québec. Dans 64% des cas, on retrouve un enfant disparu dans les 3-4 heures suivant le signalement et dans 86% des cas, on localise l’enfant au bout d’une semaine. La majorité des enfants portés disparus (80%) sont des adolescents et 78% d’entre eux ont fait une fugue. Chez les enfants plus jeunes, l’enlèvement parentale est l’une des principales causes de disparition. Aucune donnée ne permet de savoir combien parmi ces enfants ont été enlevés par des pédophiles. Évidemment, il existe encore aujourd’hui des enfants qui sont abusés secrètement par un proche pendant de longues années. Ils ne disparaissent pas tous…

Or, en voyant le nombre d’organisations pédophiles qui ont une présence sur le web, j’ai pris conscience que ces individus existent réellement et bénéficient même du privilège de se regrouper et de s’exprimer dans la plus totale liberté. J’ose espérer que les forces policières les surveillent de près.

Malgré la surveillance, il y a des précautions à prendre, surtout quand nos enfants sont en âge de communiquer par Internet. Au Canada, Cyberaide encourage la dénonciation des sites qui signalent l’exploitation sexuelle des enfants. Un formulaire est disponible à cet effet sur le site. Grâce à des signalements, 2 850 sites ont été fermés à ce jour. Une section du site est entièrement consacrée à la sécurité en ligne selon l’âge des enfants. Le site Enfants avertis propose un programme destiné aux parents et aux éducateurs, des ressources et un jeu questionnaire. Le site propose aussi des jeux éducatifs destinés à enseigner aux enfants les règles de base de la sécurité en ligne ou en société.

Cela dit, gardons l’œil ouvert…et protégeons nos enfants.

Marcel Rufo : interview du pédopsychiatre auteur de La vie en désordre pour le site Parent-Solo

 

 

Marcel Rufo : interview du pédopsychiatreParent-Solo : Vous êtes pédopsychiatre, longtemps chef de clinique à l’hôpital Sainte-Marguerite, à Marseille, vous dirigez depuis 2004 la Maison des Adolescents à Paris. Dans votre dernier ouvrage,  » La vie en désordre « , sorti en octobre 2007, vous parlez d’adolescents très perturbés. Certes, tous les adolescents ne vivent pas des choses aussi dramatiques, mais y a-t-il des  » signes  » qui doivent amener à consulter ?
Il n’y a jamais un seul signe. Par exemple, les troubles du sommeil sont un signe mais ils doivent se cumuler avec d’autres signes, pour inquiéter.

P.S. : La rupture ou séparation des parents est un élément à prendre en compte, même s’il ne suffit pas à expliquer le trouble : les ados de parents séparés sont-ils plus affectés ?
Oui. Sans vouloir être démagogue, on observe une fragilisation des adolescents dont les parents sont séparés.

P.S. : Votre psychologie très humaniste traduit une grande humilité. Par exemple, vous écrivez  » accepter que la guérison nous échappe parfois, qu’elle tient à une conjonction de facteurs, de traitements, d’activités, de rencontres… « . Ce sentiment est-il si fréquent dans votre discipline ?
J’espère que c’est fréquent ! Finalement, le psy sert quand il ne sert plus…

P.S. : Dans quelle mesure, les parents sont importants pour l’adolescent mais aussi pour le psychiatre ?
Les parents sont toujours importants. Par exemple, à la Maison de Solène, on a peu de cas d’anorexie-boulimie, car on ne sépare jamais les adolescents des parents, dans leurs relations.

P.S. : Les parents ne sont-ils pas aussi  » à soigner  » durant les périodes difficiles de l’adolescence de leur enfant, car ils culpabilisent…à tort ou à raison ? Vous écrivez  » les parents n’en finissent plus d’être jeunes, on dirait qu’ils n’en ont jamais terminé avec leur propre adolescence « . C’est inquiétant ?
L’adolescence repose sur la crise des parents… On remarque qu’il existe des parents très adolescents, qui se retrouvent en concurrence avec leurs adolescents.

P.S. : A propos des parents, vous dites :  » On les aime aveuglément dans l’enfance ; on croit parfois les détester à l’adolescence, parce qu’ils nous déçoivent et entraînent une désillusion ; on devient adulte le jour où l’on parvient à les critiquer sans les rejeter, à les aimer malgré leurs défauts « . Arrive-t-il que le passage au stade  » adulte  » ne se fasse pas ou se fasse beaucoup plus tard ?
En fait, devenir grand, c’est aimer les défauts de ses parents !

P.S. : Ce qui se passe à l’adolescence est-il dépendant de ce qui s’est passé plus petit, de  » la façon dont on a été aimé et regardé dans les premiers temps de notre vie  » ?
Oui et non, mais plutôt oui.

P.S. : Le sentiment de solitude avec  » la petite lueur au bout du couloir à laquelle on s’accroche  » est-il caractéristique de l’adolescence ?
L’adolescence est une désillusion sur soi.

P.S. : J’ai beaucoup aimé cette phrase  » permettre à chacun de retrouver le temps, d’apprendre que le présent, pour être pleinement vécu, a besoin de passé et d’avenir « . Notre société nous conduirait-elle pas, aujourd’hui de plus en plus, à ne plus tenir compte du passé ?
Pour reprendre une référence d’actualité, le parcours du XV de France pour la Coupe du Monde de Rugby montre que le passé est important pour croire en l’avenir ! (NDLR : à la date de l’interview, la France a battu les All Blacks, elle est qualifiée pour les demi-finales).

P.S. : Notre site, www.parent-solo.fr, suscite beaucoup d’intérêt auprès des mères et pères seuls, et de plus en plus de questionnements concernent l’adolescence. Cela vous surprend-t-il ?
Non, ce n’est pas étonnant, car les parents ont fait beaucoup de progrès.

Découvrir le livre : La vie en désordre de Marcel Rufo