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27-05-2012
Assises: 15 ans pour l'inceste Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Administrator   
29-01-2011

Assises: 15 ans pour l'inceste

Éric Gros a été condamné hier à 15 ans de réclusion criminelle pour les viols et agressions sexuelles sur les enfants de sa compagne, à Bréville. Il envisage de faire appel.



Quinze ans de réclusion criminelle. Plus dix ans de suivi sociojudiciaire, avec obligation de soins, d'une thérapie et interdiction d'entrer en contact avec ses victimes, Valérie et David (1). Et une épée de Damoclès de cinq ans de prison supplémentaires s'il ne respecte pas ces injonctions.

Hier soir, vers 21 heures, Éric Gros, 46 ans, a eu du mal à encaisser le coup. L'avocat général avait requis 12 ans de réclusion. La cour a dit 15 ans. Éric Gros, qui a traversé son procès comme un fantôme, l'air détaché, la mine arrogante, envisage de faire appel.


Un recueil des horreurs

Quinze ans de prison pour payer sa dette. Quinze années qui ne cicatriseront jamais les blessures de Valérie, cette femme d'aujourd'hui, petite fille d'hier. Pendant deux jours, les jurés ont entendu son calvaire, le drame d'une enfant devenue «l'objet sexuel» de celui qu'elle considérait comme son «papounet».

Cette enfant, qui n'est pas la fille biologique d'Éric Gros mais qu'il a tout de même reconnue, avait mis des mots sur ses maux. Elle a tout subi. Elle a tout noté.

Un journal intime, c'est souvent le cahier des joies et des peines d'une préadolescente. Celui de Valérie était un recueil des horreurs qu'elle subissait dans le foyer familial de Bréville.

Dans un silence glacial, Katell Couhé, la présidente de la cour, en a lu de larges extraits. Ce n'était pas les mots d'un avocat, pas les mots d'un expert, pas ceux d'un magistrat. Juste les mots simples, crus d'une petite fille de 12 ans. Des mots qui cognent. «22 mars 2003. Il m'a embêtée, n'a fait que me toucher les fesses. Il m'a tapé la tête, j'avais le tournis.» «26 avril 2003. Il m'a tripotée. Et en plus, il insiste.» «29 avril 2003. Il m'a enlevé mon pantalon, a regardé ma ch... Il a fait un bisou dessus.» «8 juin 2003. Il a enlevé ma jupe et mon tee-shirt.» Suit la description, crue, d'un viol. Puis: «Je ne dis rien car je ne veux pas aller à la Ddass. Avec mes frères, nous, on veut rester avec notre mère.»

Face à ces mots, face à cette réalité, les arguties, les chicaneries d'Éric Gros étaient dérisoires. Surtout que ces mots, Valérie les écrivait en 2003 et 2004. Deux années lors desquelles Éric Gros, le jardinier-paysagiste de l'ADMR de Cherves-Richemont, était poursuivi pour des atteintes sexuelles sur la petite soeur de Valérie. Il était dans le viseur de la justice. Il continuait ses déviances.

«Même en prison, je suis narcissique»

Le 2 juin 2004, le tribunal correctionnel d'Angoulême le condamnait à six mois de prison avec sursis. «Juste pour avoir touché les fesses d'Agnès», minimise Éric Gros. Trois semaines plus tard, le 28 juin, Valérie décrivait dans son journal intime un autre viol sordide. Et concluait: «Il m'a fait plein d'autres choses dégueulasses. Je n'arrive pas à les écrire, j'ai mal. Je le tuerai.»

«Depuis huit ans, Éric Gros n'a pas varié d'un iota, n'a pas évolué. Il continue de nier, puis de dénigrer ses victimes. Sa dangerosité est intacte», a estimé Gilles Fonrouge, l'avocat général. Lui, ne retient qu'une phrase d'Éric Gros: «Elle serrait son tee-shirt le long de ses jambes. J'arrivais à lui enlever les mains et à lui écarter les cuisses.»

Face aux éléments accablants, face aux charges de Catherine Briaud-Belliot et Jean-Pierre Portet, avocats des victimes, face aux coups de boutoir de l'avocat général, et surtout aux côtés d'un accusé à l'air arrogant - prêt à dire aux jurés: «J'ai toujours été narcissique. Même aujourd'hui en prison, je suis narcissique»«avec de bien faibles moyens». Il a essayé de démontrer «qu'Éric Gros n'est pas le monstre que l'on vous a présenté». Il a convenu: «Il n'est pas sympathique, il est arrogant, il est le pire défenseur de lui-même.» -, Jean-François Changeur, l'avocat de la défense, s'est retrouvé

Mais pour lui, si la prison était nécessaire, elle n'était pas la solution. «La maison d'arrêt, c'est l'école de la récidive. C'est un quartier, le quartier des pointeurs, où l'on parle de ce que l'on a fait toute la journée et où l'on banalise.» Il insiste: «Le suivi sociojudiciaire, c'est la seule solution pour qu'il ne mette pas de l'irrationnel partout.»

La solution administrée par les jurés, ç'a été la prison, plus le suivi sociojudiciaire.

(1) Tous les prénoms de ceux qui étaient des enfants au moment des faits ont été changés.

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