Commentaires récents

    Pédophilie: observations de différences cérébrales

    Une équipe de l’Université Yale a observé des différences dans l’activité cérébrale qui sous-tend les patterns de pensées chez des pédophiles.


    Au moyen d’imagerie par résonance magnétique, ils ont observé que l’activité de certaines parties du cerveau des pédophiles est plus faible que celles d’autres volontaires à la vue de photos érotiques montrant des adultes.

    Il s’agit de la première observation de différences au niveau neurobiologique dans les patterns de pensées chez les pédophiles, affirme le journal Biological Psychiatry.

    Quand les participants connus pour être des pédophiles regardaient des images de pornographie adulte, une partie de leur cerveau, l’hypothalamus, qui est impliquée dans l’excitation sexuelle et la libération d’hormones, était moins active que chez les autres volontaires. Par ailleurs, plus le comportement pédophile de la personne était connu comme étant extrême, moins le cortex frontal était activé. Ces deux observations indiqueraient un intérêt réduit.

    Il est important, explique Dr John Krystal, éditeur du journal, « de comprendre que ces résultats ne permettent pas de savoir si ce pattern d’activation du cerveau est un facteur de risque pour le développement de la pédophilie ou une conséquence des expériences sexuelles pédophiles. »

    Selon l’auteur principal, Dr Georg Northoff, « ces résultats doivent être vus comme le premier pas vers l’établissement d’une neurobiologie de la pédophilie qui peut ultimement contribuer au développement de nouveaux moyens thérapeutiques pour ce trouble. »

    « La capacité d’intervenir rationnellement par rapport à ce trouble est limitée par l’insuffisance de notre compréhension de sa neurobiologie », commente Krystal. « Ces résultats fournissent des indications de la complexité de ce trouble … il est possible que ce déficit prédispose des individus qui sont vulnérables à la pédophilie à rechercher d’autres formes de stimulation. »

    Au Royaume-Uni, plusieurs chercheurs étudient la biologie du cerveau pour comprendre non seulement la pédophilie mais d’autres types de criminalité compulsive, rapporte la BBC.

    Selon Dr. Keith Ashcroft, psychologue légal au Centre for Forensic Neuroscience (Lancashire), d’autres recherches indiquent des problèmes au niveau du cortex pré-frontal du cerveau liés aux pensées pédophiles.

    Sources:
    BBC News
    Science Daily


    Adoption et kafala

    Qui dit adoption dit enfant abandonné. L’abandon a de tout temps existé, nos mythes fondateurs participent de personnages solitaires ; cela n’a pas empêché l’humanité — en l’absence de maîtrise de la procréation — de s’accommoder du sort réservé aux enfants malvenus, handicapés, fruits d’inceste, de viol ou d’adultère.

    En 1972, un séminaire international s’est tenu à Alger sur le thème de l’enfance abandonnée, la tenue 30 ans plus tard d’assises sur le même thème montre la sollicitude des autorités de ce pays envers cette catégorie de population.
    La valeur affective de l’enfant n’a pas toujours été ce qu’elle est aujourd’hui, un rapide survol historique des conditions faites à l’enfant illustre de façon éloquente ce fait. L’enfant malvenu était enterré vivant en Perse, immolé en offrande à Carthagène.
    En Grèce, le père pouvait d’un simple signe devant témoins signifier l’abandon de son nouveau-né.
    A Rome, ce droit était dévolu au pater familias jusqu’à ce que l’Etat romain, en quête de soldats pour ses conquêtes, substituât l’esclavage avec possibilité de libération à l’élimination physique (cf. le cas d’Octave adopté par César (101-44 av. n.e.) et futur empereur auguste).
    Il a fallu attendre le VIe siècle (le code justinien, 528/534, et la loi de 553) pour que l’infanticide et les transactions sur les enfants esclaves soient sévèrement punis, puis l’avènement de l’Islam au VIIIe siècle pour que ces pratiques soient interdites à tout musulman (cf le cas de Zaïd Ibn Harath offert comme esclave au Prophète qui l’adopta après l’avoir libéré).
    Les premiers hospices pour enfants abandonnés virent le jour en Europe à partir du XIVe siècle et c’est grâce à l’action sans relâche de Saint-Vincent-de-Paul (1581-1660) qu’un peu d’humanisme se fit jour dans la société européenne. C’est après la Deuxième Guerre mondiale et la maîtrise progressive de la procréation que la valeur affective de l’enfant prend un sens.
    Un projet sur les droits de l’enfant, proposé par la Pologne en 1953, fut mis de côté, la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE) ne vit le jour qu’en 1989 après des années de débat et de multiples réserves pour tenir compte de la philosophie des Etats (qui ne l’ont d’ailleurs pas tous ratifiée). Après des siècles de stagnation en matière de sauvegarde de l’enfant abandonné, la société occidentale s’est progressivement dégagée de l’inhibition religieuse rétrograde qui frappait d’opprobre toute naissance hors mariage et a pu ainsi envisager des solutions au profit de la mère et de l’enfant.
    L’action pour promouvoir un véritable humanisme au profit des plus démunis a grandement contribué, pour ce qui concerne l’adoption, à la définition d’une réglementation qui tienne compte des progrès sociaux, des exigences de la modernité et du respect de la liberté des femmes.
    Le dernier demi-siècle a enregistré les plus belles pages de l’adoption dans la société occidentale. Il en va tout autrement pour la société musulmane où le code du statut personnel puise ses règles dans les interprétations des écritures sacrées des premiers siècles de l’Islam.
    Un bref retour historique permet de saisir les raisons des prescriptions qui ont fondé le droit musulman pour ce qui concerne la famille et l’adoption. Dans la société préislamique jusqu’à l’époque du Prophète, coexistaient deux systèmes d’union, différenciés par le statut de la femme dans chacun d’eux et impliquant des différences fondamentales en matière d’éthique et de droit ; ce sont : le système matrilinéaire et le système patrilinéaire. A l’instar de la religion chrétienne, l’islam a privilégié le système patrilinéaire et a, pour ce faire, opté pour l’institution du mariage.
    Il a considéré la famille comme la structure de base fondamentale de la société ; il édicta des principes et des règles pour la protéger contre toute transgression. Selon l’origine de la privation de parents, le droit musulman classe les enfants en 3 catégories : légale (enfants nés dans le mariage), illégale (nés hors mariage) et d’origine inconnue (enfants trouvés). Il laisse cependant toute latitude aux docteurs de la loi pour imaginer les solutions les plus appropriées, propres à garantir la paix sociale.
    Ainsi fût fait durant des siècles, dans un esprit de générosité envers la mère et l’enfant, quelquefois au mépris du bon sens pour tempérer les conséquences de la fameuse maxime latine : « dura lex, sed lex » (la loi est dure, mais c’est la loi).
    Afin d’éviter les éventuelles controverses relatives à la filiation d’un enfant, le législateur musulman a décidé que tout enfant né d’une mère mariée appartient réellement ou de manière putative au lit du mari, et doit donc être systématiquement inscrit dans sa filiation.
    Afin d’écarter autant que faire se peut le doute sur la paternité de l’enfant à naître, il est exigé de la femme veuve ou divorcée de respecter un délai de viduité couvrant plusieurs cycles menstruels avant de pouvoir se remarier.
    Afin d’éviter les naissances hors mariage (illégitimes), la polygamie est reconduite et il est recommandé aux parents de marier leurs filles dès la puberté, dès qu’elles sont en âge de procréer.
    Les maternités hors mariage sont prohibées, les précautions juridiques sont prévues pour qu’il n’y en ait point et s’il advenait qu’une femme mariée soit enceinte alors que le mari est absent depuis plus de 9 mois, la tradition, confortée par certains imams, permettait le recours à un subterfuge qui consistait à admettre que la grossesse pouvait durer très au-delà de la gestation normale (connue sous l’expression « ragued boumergoud »), jusqu’à 3 ou même 5 ans, selon l’imam Malek. Il en va ainsi des sociétés policées, chacune d’elles engendre des mécanismes régulateurs de tension sociale en fonction de ses valeurs.
    On peut considérer l’adoption comme l’un de ces mécanismes qui consiste à pallier les conséquences d’une privation parentale et secondairement l’absence d’enfant. C’est l’enveloppe d’une sauvegarde éthique, dont la forme juridique dépend de la culture et du degré de prégnance des traditions dans le pays considéré à une période donnée. Elle participe de l’éthique d’une société, elle change avec elle et présente de ce fait une dimension historique qui relativise sa conception dans le temps.
    Hormis en Tunisie, l’adoption, en tant que sauvegarde avec filiation, est prohibée dans tous les pays où l’Islam est religion d’Etat. Dans ces pays, la sauvegarde de l’enfant privé de famille est conçue différemment selon le degré d’engagement des militants de l’enfance et l’esprit d’ouverture des décideurs.
    Aucune œuvre privée de placement n’existe dans les Etats musulmans lesquels sont juridiquement tuteurs des enfants privés de famille jusqu’à ce qu’ils soient confiés en kafala ou tutelle légale. En Algérie, la seule autorité compétente pour ce faire est le wali et, par délégation, le directeur de l’action sociale. L’enfant est confié en kafala après enquête sociale de la famille postulante qui doit le considérer comme son propre enfant et peut, s’il est d’ascendance inconnue, lui donner son nom patronymique par décision du ministère de la Justice ; pour autant l’enfant makfoul (adopté) n’en a pas la filiation ni les attributs (héritage notamment). Seule la kafala judiciaire est recevable pour la concordance de nom, à condition que l’enfant soit d’ascendance inconnue ou que la mère biologique ait préalablement donné son consentement par écrit à ce changement de nom.
    La Convention internationale sur les droits de l’enfant, adoptée en novembre 1989 et ratifiée par la quasi unanimité des pays, stipule dans son article 20 alinéa 2 : « Les Etats parties prévoient pour cet enfant (privé de famille) une protection de remplacement conforme à la législation nationale. »
    Et dans son alinéa 3 : « Cette protection de remplacement peut notamment avoir la forme du placement dans une famille, de la kafala du droit islamique, de l’adoption ou, en cas de nécessité, du placement dans un établissement pour enfant, approprié… »
    La « fetwa » autorisant le kafil à donner son nom patronymique au mekfoul — ce qu’il est convenu d’appelé la concordance de nom — on le doit à la pugnacité de notre association AAEFAB qui a présenté et âprement défendu cette demande auprès du Haut Conseil islamique à la faculté d’Ijtihad de ce conseil alors présidé par le défunt cheikh Hamani.
    Cette disposition fut un encouragement incontestable à la kafala, des milliers de familles kafilate en ont bénéficié.
    A l’usage, certains aménagements législatifs s’imposent pour donner son plein sens au décret de février 1992 portant sur le changement de nom. Ainsi en va-t-il de l’inscription du mekfoul sur le livret de famille avec mention marginale du jugement de kafala et de l’irrévocabilité de la kafala, sauf cas exceptionnel de déchéance civique du kafil.
    Depuis sa constitution en 1985, Pl’AAEFAB œuvre sans relâche à la réalisation de ses objectifs et à apporter sa contribution malgré les vicissitudes aux efforts des pouvoirs publics pour une meilleure prise en charge de l’enfant privé de famille. Les distinctions et les reconnaissances reçues au plan national et international n’ont pu qu’inciter ses responsables à plus de persévérance. La priorité a été donnée au plus urgent, entre autres à l’accueil des nourrissons abandonnés par la réalisation en 1987 et 1988 de deux pouponnières et d’une école de formation des « berceuses » appelées à les prendre en charge, à la réalisation d’un « abri parental » pour l’accueil des enfants malades en soins lourds et récurrents dans les hôpitaux de la capitale et de leurs accompagnateurs, fruit d’un téléton initié et organisé entre autres par l’AAEFAB, inaugurée en novembre 2000 et récupéré 6 ans après — à notre corps défendant — par le ministère de l’Emploi et de la Solidarité et à la création d’un centre de ressources qui impulse un réseau euro-méditerranéen, « Prévention et prise en charge de l’abandon ».
    L’Institut méditerranéen de la petite enfance (IMPE) — c’est son nom — est destiné aux professionnels, chercheurs, étudiants… Construit à proximité d’Alger dans l’enceinte du Parc d’attractions (PZLA), il réunira tout ce qui se rapporte à la petite enfance, en général, et à celle du bassin méditerrané, en particulier.
    L’IMPE est le fruit d’un véritable partenariat Sud-Nord.
    Son financement a été assuré (à moitié) par des ONG européennes qui avaient eu l’opportunité d’apprécier le travail et le sérieux de l’AAEFAB et (à moitié) par le service de coopération du gouvernement français et la délégation de la Commission européenne en Algérie. L’IMPE a été inauguré en novembre 2006.
    Parallèlement à la prise en charge, l’AAEFAB a œuvré à l’amélioration de la législation relative à l’enfance privée de famille : de menus aménagements ont été apportés dès 1987, mais le plus significatif, de par sa portée et son influence sur la prospérité de la kafala, est le décret relatif à ce qu’il est convenu d’appeler la « Concordance de nom » évoqué ci-dessus. Beaucoup a été fait mais — comme pour toute œuvre humaine — beaucoup reste à faire pour entretenir, améliorer et pérenniser notre action, ce à quoi s’attache avec bonheur et détermination la nouvelle direction de l’association qui a inauguré le 24 mai un cycle intitulé « Kafala café », lequel se propose à intervalles réguliers de réunir les familles kafilate — mais pas seulement — en vue d’échanger et de partager leur expérience.
    Je ne peux que souhaiter réussite et longévité à cette conviviale instructive et joyeuse initiative.
    *Réactualisation de la communication présentée au colloque de Cordoue (Espagne) en 2001 sur le thème « Maghreb entre passé et avenir, savoir et action ».

    Source: http://www.elwatan.com/spip.php?page=article&id_article=81231

    Remerciements au journal El Watan pour sa collaboration amicale.

    INTERVIEW DE CORINNE LAKHAL SUITE A LA SORTIE DE SON LIVRE « CONFIDENCES D’UNE VOIX »

    CONFIDENCES D’UNE VOIX

    Voici un livre semé de souffrances et de douleurs, avant que l’amour, le vrai, entre dans la vie de Corinne Lakhal, vie qu’elle partage en écrit dans son livre « Confidences d’une voix ».
    Des passages douloureux, des bleus à l’âme indélébiles, mais surtout un silence pesant, des êtres sourds aux souffrances de cet enfant, de cette adolescente, et des mots que cette adulte attend, des mots qui j’espère, elle entendra.
    Avec courage, l’auteur aborde des sujets sensibles, touche du bout de sa plume la violence humaine, et surtout l’incompréhension d’une jeune femme meurtrie, qui a pu s’en sortir à force de volonté, à force d’espoir.

    INTERVIEW DE CORINNE LAKHAL SUITE A LA SORTIE DE SON LIVRE
    « CONFIDENCES D’UNE VOIX »

    Sandra Géraldès-Forasté : Bonjour Corinne Lakhal, merci de prendre le temps de répondre à quelques questions, suite à la lecture de ton livre « Confidences d’une voix »
    Sandra G-F : Dis-moi, Corinne, peux-tu me parler de l’écrivain que tu es ? Qui est Corinne Lakhal ?
    Corinne Lakhal : Bonjour Sandra, c’est avec plaisir que je vais répondre aux questions !
    Je dirai que je suis une femme qui a besoin d’utiliser une plume pour exprimer ma colère, ma souffrance passée et aussi les petits bonheurs que je connais aujourd’hui! Partager tout cela avec les gens est pour moi une merveilleuse revanche sur mon passé, car je sais qu’enfin je suis écoutée aujourd’hui, contrairement aux années passées !

    Sandra G-F : Quel a été le « déclic » pour que tu veuilles écrire ce livre ?

    Corinne Lakhal : Le déclic a été une méchante et odieuse lettre, venant de ma mère il y a un an de cela, me disant que je regarde trop de feuilletons et qu’elle n’avait pas beaucoup d’amour et d’estime pour moi et cela depuis ma plus tendre enfance ! Que rajouter de plus ? J’étais persuadée que ce livre révèlerait la vérité aux gens qui doutaient encore de ma parole, mais hélas je reste incapable de parler ou de montrer ce livre ! Et je n’en vendrais aucun, seul par le net il pourra se vendre, car moi je ne veux pas faire sa promo pour le moment !

    Sandra G-F : Au tout début de ton livre, tu écris ta déception envers des personnes, envers la société, envers ce qui t’entoure…Que te reflète le monde dans lequel tu vis ?

    Corinne Lakhal : Dans un monde de brute et d’égoïstes, dans un monde où l’on ne peut faire confiance à personne et pour finir, ou  l’injustice reste toujours présente ! Un monde où il faut rester seule, sans amies c’est vivre dans un monde sans problèmes !

    Sandra G-F : Un père qui abuse de sa fille, cela mérite que l’on porte une oreille attentive et surtout pouvoir desceller un malaise par rapport aux comportements qu’un enfant peut avoir…te concernant, personne n’a rien vu…Comment as-tu vécu cette solitude ? Tenais-tu un journal intime, par exemple, pour ne serait-ce que poser tes maux ?

    Corinne Lakhal : Non, je ne tenais aucun journal intime, j’ai enfoui tout cela au plus profond de moi et j’ai toujours été une fille très souriante ! Je crois que j’ai eu beaucoup de copines à l’époque, mais j’ai lâché un mot de tous ses actes ! J’essayais toujours de me faire inviter pour passer une nuit chez les autres, pour moi le plus important était de ne pas être à la maison ! Et je ne me souviens pas d’avoir ressenti une solitude ! Bizarre de dire cela aujourd’hui, mais très sincèrement je ne me sentais pas seule !

    Sandra G-F : Une mère qui te laisse seule, face à la vie, face au monde et a son lot de souffrances, lui en veux-tu toujours ? Où est-ce que ta colère s’épuise pour laisser libre court à l’amour pour ton époux et tes enfants ?

    Corinne Lakhal : Ho ! Oui Sandra ma colère ne désemplit pas, au contraire ! Mais elle reste supportable grâce à Dieu puis ma famille ! Je ne veux surtout jamais ressembler à ma mère et ne jamais faire les mêmes choses ! Voilà ce qui me fait tenir et me fait passer au-dessus de toute colère que je peux encore avoir !

    Sandra G-F : être enfant n’a pas été facile pour toi, être adolescente non plus, avec une première grossesse…il faut être solide pour vivre de telles expériences, à quoi t’es-tu raccrochée ?

    Corinne Lakhal : Une grossesse que j’ai bien assumée seule et avec beaucoup d’obstacles sur mon chemin, mais aujourd’hui il a 19 ans et il est magnifique. Justement, je me suis accrochée à ce petit être qui m’a hélas vite été enlevé par la force des choses ! Puis je n’oublie pas le soutien de ma grand-mère qui s’était très bien occupée de moi et du bébé à l’époque ! Mais surtout je croyais toujours au prince charmant ou plutôt j’espérai rencontrer un papa pour mon bébé !

    Sandra G-F : tu t’es confiée, tu as extériorisé ta colère et tes rancœurs, sont-elles encore présentes dans ton cœur malgré l’écriture de ce livre ?

    Corinne Lakhal : Oui très sincèrement oui et je crains fort que je devrai vivre avec jusqu’à la dernière seconde ! Mais savoir que mon père devra vivre avec la honte et la peur de mes révélations est une revanche assez satisfaisante, et un soulagement ! Hélas je ne peux pas dire que ce livre m’a aidé à oublier.

    Sandra G-F : Attends-tu ou espères-tu un jour entendre ces mots : « je te demande pardon », de la part de tes parents ?

    Corinne Lakhal : Non surtout pas, car cela me laisserait de glace ! Par contre j’aimerai entendre des réponses ! J’aimerai des explications à de tels actes et à de tels comportements !Chose que je n’aurai jamais je le sais !

    Sandra G-F : Maintenant que tu as fondé une famille, tu as des enfants et un époux qui t’aiment, il y a-t-il quelque chose de particulier que tu voudrais dire à toutes les personnes qui t’ont fait du mal ?

    Corinne Lakhal : ben peut être que le lecteur dirai que ; J’ai grandi sans vous et je suis devenue une personne avec un cœur contrairement à vous, Dieu s’occupera de votre cas.

    Sandra G-B : Maintenant que ce livre est écrit, qu’attends-tu comme réaction de la part des lecteurs et des lectrices ?

    Corinne Lakhal : Je n’attends aucune réaction puisque je n’en parle pas ! Je regrette de l’avoir envoyé aussi vite à Guy, car j’ai oublié beaucoup de passages importants, et je suis déçue de mon travail, donc il me semble injuste de vendre un produit que moi-même je n’aime pas !

    Sandra G-F : As-tu rencontré des difficultés pour écrire ton livre ? Revivre tes douleurs et tes souffrances encore une fois n’a pas été trop difficile ?

    Corinne Lakhal : Oui terriblement, j’ai vécu chaque instant comme si c’était hier ! Et mes cauchemars sont toujours aussi fatigants ! Cela m’a demandé beaucoup d’énergie et de courage et je pense que je n’ai pas assez pris le temps pour l’écrire, voilà pourquoi il manque beaucoup d’étapes, je réalise que j’ai voulu finir rapidement pour sortir de cet enfer et hélas cela a donné un fascicule qui ne me convient pas !

    Sandra G-F : Peux-tu me dire quels sont les auteurs ou écrivains envers qui vont tes préférences ?

    Corinne Lakhal : Oui sans aucun doute Victor Hugo, Verlaine sont les plus grands pour moi puis je viens de découvrir Claude Razzon «  L’énigme de l’inceste »

    Sandra G-F : Peux-tu me dire dans quelles circonstances tu as fait la connaissance de Mille Poètes et de Guy Boulianne ?

    Corinne Lakhal : C’est Brigitte Willigens, une merveilleuse poétesse remplie de bonté qui m’a guidée vers Mille poètes et à mon tour aujourd’hui je conseille cet éditeur aux personnes qui souhaitent être publiées

    Sandra G-F : Quels sont tes projets d’avenir sur le plan de l’écriture ?

    Corinne Lakhal : Un autre recueil devrait voir le jour dans les mois à venir j’y travaille sans relâche, car je le voudrai rempli de belles images de couleurs avec des poèmes qui ne concernent pas mon passé cette fois-ci ! Mais où les sentiments et mes critiques resteront toujours d’actualité !

    Sandra G-F : Merci Corinne, je te souhaite le meilleur pour l’avenir

     

    Entrevue de Sandra G-Forasté

    geraldes914@hotmail.com
    http://www.webzinemaker.com/artpoesie

    © Mille Poètes LLC
    http://www.mille-poetes.com

    Tous nos remerciements a Guy Boulianne et Sandra Géraldès-Forasté des éditions Mille Poètes LLC pour leur coopération a notre cause.

    CONFIDENCES D’UNE VOIX

    Autre livre de Corinne Lakhal: Regards, pensées et sentiments

    Des victimes à bon compte

    par  Illel Kieser ‘l Baz

    Yves Jego, non, votre mouvement politique n’est pas une victime mais manipulateur

     

    Sur la rétention de sureté !

    En réponse à Stop au déferlement haineux du Parti socialiste par Yves Jégo, Porte-Parole de l’UMP

    http://www.sarkostyle.org/2008/02/stop-au-dferlem.html

     

     

    M. Yves Jego n’est pas un manipulateur en tant que personne, mais le mouvement politique auquel il appartient use d’artifices manipulateurs et pervers.

    Le décret valant application de la loi de rétention de sûreté qui prévoit de sanctionner les criminels les plus dangereux à l’issue de leur peine principale, publié aujourd’hui au Journal Officiel, soulève un tollé.

    Chacune des parties y va de sa rhétorique et si les principes fondamentaux du droit sont convoqués par les uns, d’autres invoquent « le droit des victimes » sans qu’il soit précisé de quoi il s’agit. Et si l‘on décrypte les discours des uns et des autres, on découvre, ébahi, que les principales oubliées de ce débat sont, en fait, les victimes elles-mêmes.

    Rachida Dati présente cette loi comme primordiale et essentielle à la défense des victimes et c’est ainsi que le Président de la République la voulait, il avait lui-même rappelé que cette initiative était de toute première importance.

    Elle est sanctionnée par le Conseil Constitutionnel qui en limite l’application en supprimant la rétroactivité. Ce qui, ne soyons pas dupe, ôte au Président un bénéfice électoral immédiat car cette loi ne pourra être appliquée que dans 15 ans – il s’agit en effet de sanctionner les crimes qui auront fait l’objet d’une sanction carcérale de 15 ans au moins à partir de sa promulgation. On sait aussi que cette loi en question vise principalement les grands crimes pédosexuels, kidnappings, séquestrations, viols et meurtres. 

     

    À l’origine de cette grande saga médiatique, souvenons-nous :

    Vivant dans un quartier populaire de Roubaix, Enis, un petit garçon de 5 ans est kidnappé le mercredi 15 août 2007. Rapidement le Préfet du département met en place une procédure nouvelle en France : le plan « Alerte enlèvement ». Enis est retrouvé quelques heures après. Il venait d’être également victime d’un viol commis juste après sa disparition. Le plan Alerte Enlèvement qui fut mis en place nécessite la convergence de plusieurs critères qui doivent être réunis. Ce plan fut mis en place en juillet 2006.
    (Voir le site officiel : http://www.internet.gouv.fr/information/information/coups-oeil/site-dedie-au-dispositif-alerte-enlevement-227.html – notez en passant que le site dédié à ce plan et annoncé sur l’URL que je vous donne renvoie à une page inexistante.)

    Le responsable de l’enlèvement, Francis Evrard, âgé de 61 ans, fut donc interpellé très rapidement. Pédocriminel multirécidiviste, il avait déjà été condamné à trois reprises pour des agressions sexuelles sur mineurs. La première fois, en 1975 et il venait de sortir de prison après dix-huit ans passés derrière les barreaux ; il était placé sous surveillance judiciaire. On apprenait plus tard que le médecin de la prison, dans laquelle il purgeait sa peine, lui avait prescrit du Viagra.Dans cette affaire, le système judiciaire fut largement mis en cause, malgré le succès du plan Alerte Enlèvement. La France avait également été secouée par le scandale du procès d’Outreau, encore une affaire de pédocriminalité.

     

    C’est donc au lendemain de ce crime odieux, que Rachida Dati, Ministre de la Justice avait promis de changer la loi pour qu’elle soit plus sévère contre les délinquants sexuels qui récidivent. Le caractère spectaculaire de l’enlèvement puis du succès du plan Alerte Enlèvement avait été largement relayé et amplifié par les annonces de la Garde des Sceaux et par l’Élysée qui avaient reçu, chacun à leur tour, la famille du petit Enis. Le tout sous le zoom médiatique si bien maîtrisé par l’Élysée, ce qui avait fait dire au père de Énis : « Je suis relativement surpris (par cette invitation) […] C’est beaucoup de reconnaissance, je n’ai pas fait ça pour passer devant les caméras. »

     

    Parole modeste d’un homme simple qui semblait déjà avoir décelé l’instrumentalisation de sa douleur.Impudique, le pouvoir commençait à émettre son double message :

    –  la défense des victimes,

    – des sanctions plus fortes, des peines plus lourdes.

    Aujourd’hui, voilà les vieilles antiennes qui reparaissent, voilà l’essentiel de la communication présidentielle relayée à grand renfort de communiqués et d’interviews par les collaborateurs-ministres du Prince-Président.

    Pour soutenir le coup de force, les manipulations n’ont pas manqué. Ainsi, peu de temps avant que le Conseil Constitutionnel ne se prononce, jeudi 20 février 2008, la presse publiait une liste de 32 détenus « dangereux » libérables prochainement. Cette indiscrétion était immédiatement perçue comme une « pression inadmissible » sur les membres du Conseil Constitutionnel, par les représentants des avocats et magistrats.

    Le 1er président de la Cour de cassation, Vincent Lamanda, de son côté, refusait publiquement de remettre en cause la décision des « sages » et rejetait toute rétroactivité.

    Désavoué par le Conseil Constitutionnel, le Président se fend donc d’un entretien avec le quotidien Le Parisien pour rappeler sa détermination à mettre en œuvre la rétroactivité de la loi.Mis en cause, malmenés par les Sages de la République, inquiétés par les multiples déconvenues du moment, que font les caciques de l’UMP et les défenseurs d’une sévérité accrue ? Yves Jego, porte parole de l’UMP, y va de son couplet de victime « Le déferlement haineux du parti socialiste à propos de la volonté du Président de la République d’appliquer au plus vite les mesures de lutte contre la délinquance sexuelle est particulièrement inacceptable et inqualifiable.En effet, il s’agit en l’espèce de l’application d’une loi votée par le parlement souverain qui a pour objectif de protéger en particulier les enfants des menaces des prédateurs sexuels dangereux. »Source : Sarkostyle : http://www.sarkostyle.org/2008/02/stop-au-dferlem.html

     

    Au comble de l’esprit manipulateur il ose ajouter :

    « Une fois de plus, les socialistes sont du côté des coupables plutôt que des victimes.Une fois de plus, les socialistes font semblant d’ignorer que les français ont voté pour des lois plus fermes, en particulier à l’égard des délinquants sexuels. »Il dévoile vraiment le fond, le mobile essentiel de la stratégie présidentielle : « A la veille des élections, ce retour des socialistes à une vision laxiste de la justice doit éclairer les Français pour choisir entre ceux qui veulent protéger les victimes et ceux qui refusent l’application des lois votées par le parlement. »

     

    Nous y voilà, les victimes ne sont pas là où chacun croyait l’avoir compris…

    Alourdir les peines, les prolonger, quel intérêt au regard du droit des victimes ?Cessons d’errer dans ce jeu de dupes, parlons des victimes et des rescapés de la pédocriminalité !

    En quoi cette loi procède-t-elle d’une véritable volonté de défendre les victimes ?Alourdir les peines à l’encontre des pédocriminels, les contraindre à un traitement, en quoi cela peut-il aller dans le sens d’une défense du droit des victimes ?En premier lieu, simple effet de logique, comment une punition plus lourde peut-elle réconforter une victime, le plus souvent un enfant ? À aller dans le sens d’un esprit de vengeance, tout simplement car la victime, une fois blessée n’a rien à attendre d’un surcroît de peine. De plus, cette volonté de vengeance va à l’encontre des principes fondamentaux du droit et quand nous avons, nous agents de terrain, à soutenir une victime, l’urgence n’est pas la vengeance mais la réparation, le soutien, la mise en place de procédures coûteuses de thérapie qui permettent à la victime de reprendre une vie normale.

    Qu’en est-il de la protection de la population vis-à-vis des nuisances de la récidive ? C’est là une question de moyens mis à la disposition des policiers, des gendarmes, de la Justice. Cela ne concerne pas les victimes mais le gouvernement. Et il y a beaucoup à dire sur les carences criantes en la matière.

    Que je sache, parmi les associations de défense des victimes, reçues par Mme la Ministre Rachida Dati en octobre 2007, aucune n’a manifesté sa volonté de voir les peines alourdies, tout juste le problème du suivi psychiatrique des prédateurs et le risque de récidive ont-t-il été évoqués.

    Par contre de nombreuses autres propositions ont été soumises, moins spectaculaires, moins médiatiques mais, surtout, longues à mettre en place et plus coûteuses. Elles impliquent en outre des changements radicaux dans les procédures judiciaires, dans les habitudes des enquêteurs et des juges chargés de ces affaires, car aucune formation spécifique n’existe pour prendre en compte la spécificité de ces crimes : ni connaissance des modes opératoires des prédateurs, ni connaissance des séquelles provoquées par ces crimes sur les victimes.

    Voici en substance quelques éléments de proposition :

    1- Un état des lieux : l’ignorance favorise et renforce la banalisation et le déni : lancer des enquêtes nationales et régionales et y associer les cliniciens et travailleurs sociaux.

    2- Informer : l’information, l’éducation sont nécessaires, tant d’un point de vue préventif que de sanction contre ces crimes.

    3- Accueillir : accueillir, soutenir les parents de victimes, les victimes et les rescapés de l’inceste et de la pédocriminalité.

    4- Défendre : contre un prédateur manipulateur, par un choix de défenseurs et d’acteurs sociaux formés aux méandres de la justice.

    5- Proposer des réformes judiciaires : Le crime d’inceste – par exemple – a été éliminé du Code pénal, il s’agit d’en rétablir la définition et la sanction, tout en envisageant l’imprescriptibilité de ce crime.

    6- Mettre en place des réseaux de soutien, mutualiser les moyens : Organiser des Assises Nationales pour la défense des victimes, associant de façon très large tous les acteurs concernés, première étape dans le partage des moyens, des connaissances et des ressources.

    7- Former les acteurs sociaux : En les associant à l’émergence d’une expertise efficiente et humaine. Les théories en présence demeurent encore archaïques, éloignées des témoignages recueillis sur le terrain.

    8- Agir pour prévenir le passage à l’acte « pédophile » : En favorisant les programmes développés par des scientifiques, les actions menées par des associations spécialisées, la création de lieux d’écoute et d’accueil appropriés.

    9- Médiatiser : la médiatisation est un outil essentiel qui peut jouer un rôle déterminant dans la prise de conscience et la lutte contre la pédocriminalité.

    Par ailleurs, des associations de victimes et moi-même proposons l’abolition de la prescription pour ces crimes en les classant tels des crimes contre l’humanité. Cette proposition repose sur des points de droit tout à fait défendables.

    (Je recommande, en passant, à ceux qui le veulent, de soutenir la pétition mise en ligne : Au nom de l’enfance violée : http://petition-antiprescription.net/)

     

    Lire également l’article publié par Agoravox : La prescription des crimes sexuels commis sur les enfants, par Dan, responsable d’une association, Vivre après l’inceste (http://vivreapreslinceste.net/forum/viewtopic.php?p=25025&sid=2280fc37b7f56dd23d829ea58ccc0b1a ) de rescapés de la pédocriminalité ainsi que des arguments de droit – en commentaire de son article – en faveur du classement des crimes pédosexuels au rang de crimes contre l’humanité. (http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=10156)

    Face aux tribulations médiatiques, les faitsHé bien nul ne les connaît vraiment en France. La dernière enquête un peu sérieuse, date de 2002.

    En 2002, le ministère de la Justice a recensé 328 atteintes sexuelles et 426 viols sur mineurs de moins de 15 ans. En 20 ans, les condamnations pour agression sexuelle sur mineur ont augmenté de 200 %.

    – 800 mineurs se sont volatilisés en France en 2000 selon la Garde des Sceaux de l’époque, Marylise Lebranchu.

    – 5 116 plaintes pour abus sexuels sur mineurs de moins de 15 ans ont été enregistrées en 2000. Et seulement 500 procès. Dans cette comptabilité, la pédophilie est confondue avec l’inceste. (source : Le Point 21/06/02)

     

    – Près de 13 500 affaires recensées en 1999 — 33% de viols, 67% d’agressions sexuelles.

     

    – Sur l’ensemble des condamnations pour délits sexuels, la part des faits commis sur des mineurs est passée de 49 en 1997 à 54 en 2002.

    – Près de 13 500 mineurs ont subi des violences physiques ou sexuelles en 2001 en France, soit 40 enfants victimes d’agressions sexuelles par jour. Le standard d' » Allô, enfance maltraitée  » (119) a reçu en 2000 près de 26 900 demandes d’aide. (L’Humanité, 25/01/2002)

    – Selon les chiffres de l’Observatoire décentralisé de l’action sociale (ODAS), 85 500 enfants sont en danger, c’est-à-dire maltraités ou risquant de l’être à cause de l’environnement dans lequel ils vivent. Ces enfants se répartissent ainsi : 18 000 sont victimes de violences et 67 500 risquent de l’être.

    On peut estimer d’après les chiffres de l’ODAS pour 2001 « qu’une fille sur huit et un garçon sur dix sont victimes d’abus sexuels avant d’avoir atteint leur majorité ; 22 d’entre eux ont moins de six ans ; dans quatre cas sur dix, l’enfant est victime d’agressions répétées. Les filles sont plus souvent victimes de maltraitance que les garçons — elles représentent près de 60 des cas — et subissent un plus grand nombre d’abus sexuels. »

    Dans cette même année 2002, Juan Miguel Petit, rapporteur spécial de la mission de l’ONU sur la pédocriminalité en France épingle l’État, sa justice, sa police. Une mission qu’il dirigeait, avait été menée dans l’Hexagone du 25 au 29 novembre 2002. Elle portait sur « la vente des enfants, la prostitution et la pornographie impliquant des enfants ».

    Sources : SOS Justice : http://www.sos-justice.us/organisation/decadence/rapport-ONU-fr.html

    Les conclusions de son rapport mettent clairement en cause l’attitude des magistrats français : « Le rapporteur spécial tient à recommander à nouveau qu’un organe indépendant mène de toute urgence une enquête sur les carences de la justice à l’égard des enfants victimes de sévices sexuels », écrit Juan Miguel Petit, qui estime cette démarche « vitale »… Ce qu’il a vu l’a marqué : « Je me suis retrouvé face à des dossiers complexes, soixante au total, nécessitant la plus grande prudence. J’ai pu constater que les choses ne fonctionnaient pas. Dans plusieurs cas, avérés, des enfants ont été filmés ou photographiés dans des situations pornographiques. La justice française n’a pas enquêté ! Pour ces dossiers un regard neuf est absolument nécessaire. »

    Le rapporteur de l’ONU revient également sur la manière surprenante dont le Tribunal de Grande Instance de Paris avait traité l’affaire des fichiers de Zandvoort, des scènes pédopornographiques enregistrées sur CD… Plusieurs centaines d’enfants apparaissent sur ces images terribles. Le parquet de Paris a conclu par un non-lieu…

    L’affaire avait été révélée par Serge Garde, journaliste au quotidien L’Humanité. Serge Garde, dans un de ses articles suggérait que l’on vienne visionner ce CD afin d’y reconnaître les visages d’enfants signalés disparus. Il attend encore que les enquêteurs viennent lui demander ce CD.

    Ces chiffres ahurissants peuvent désormais être complétés par des enquêtes partielles :

    Après l’enquête de l’Insee sur la violence faites aux femmes, une autre enquête portant sur le milieu sportif dans lequel la loi de l’omerta est absolue vient de faire l’objet d’un rapport officiel par la ministre Roselyne Bachelot. Les jeunes sportives sont d’emblée soumises au chantage. Signaler un viol, c’est risquer de voir toute une carrière sportive prometteuse anéantie. C’est aussi mettre en cause des sportifs et des cadres, hommes pour la plupart, porteurs des valeurs de leur pays.

    Dans ce milieu, environ 30% de jeunes pensent avoir été déjà confrontés à une forme de violence sexuelle dans le cadre sportif, selon des chiffres révélés vendredi lors de la présentation par la ministre de la Santé, de la jeunesse et des sports, d’un plan de lutte contre ce phénomène et la « loi du silence » qui l’accompagne.

    Résumé sur 20 minutes : http://www.20minutes.fr/article/214852/France-Un-jeune-sportif-sur-trois-confronte-a-une-forme-de-violence-sexuelle.php

    Des enquêtes menées dans d’autres pays de même culture nous permettent de risquer des comparaisons. Ainsi celles qui sont encours actuellement aux USA et au Canada révèlent que, environ, 25 à 27% des enfants sont victimes de maltraitance, violences physiques, maltraitance sexuelles, viols, harcèlement, esclavage, etc. Que ces maltraitances touchent toutes les couches de la population.

    Ajoutons enfin que les crimes odieux qui font l’objet de tant d’empressement médiatique sont exceptionnels.

    Ce qui revient à dire : pendant que nos politiques de tout bord se disputent sur un sujet exceptionnel, d’autres victimes demeurent dans le silence total, l’indifférence de leurs élus de tous bords.

    Quant à M. Yves Jego, qui voudrait se faire passer pour la victime expiatoire d’une haine féroce que nourrissent les frustrés d’une précédente élection, nous ne pouvons que lui recommander humblement plus de discrétion dans ses lamentations et plus de dignité face à la douleur de ces milliers de personnes victimes et rescapés de la pédocriminalité ordinaire, celle qui est commise par monsieur lambda. Lequel ne sera condamné, la plupart du temps qu’à une peine allant de zéro à quelques petites années de prison, qui se verra acquitté très souvent, au prétexte que sa victime sera considérée par un éminent expert comme une érotomane.

     

    Qu’il évalue le coût social gigantesque de ces traumatismes subis durant parfois des années et qui plaquent nos rescapés dans la dépression, la violence autodestructrice… Il risque d’être atterré. Quant à ceux qui lui disputent les scènes médiatiques à grand renfort de gourmandises sur l’état de la Constitution, ne pourrait-il pas, quelques instants, se poser la question des victimes d’une pédosexualité ordinaire : celle du viol d’une petite fille dans les vestiaires, d’une enfant régulièrement agressée par son père depuis l’âge de 4 ans et de tant d’autres… ?Ces affaires qui ne sont jamais spectaculaires. Une personne sur quatre, disions-nous !Étonné ? Tant mieux, c’est notre quotidien, nous nous sentons moins seuls maintenant !Auteur:  Illel Kieser ‘l Baz pour Enfance en Danger

    Les marabouts : Des « rétrécisseurs » de conscience et de sexe !

    par Mamadou Moustapha WONE, sociologue

     

    Un droit de regard, de critique, s’impose à tout un chacun quand quelqu’un (un être humain, fut-il un guide religieux) développe oralement ou par écrit des faits qui concernent tout le monde. Cela s’impose d’autant plus que le seul « directeur de conscience » valable serait Dieu (si l’on croit en lui et que l’on décide de se soumettre à lui) ou la Raison (si elle est raisonnable).

    Toujours est-il, avec  un minimum de bon sens et de souci d’objectivité tout un chacun peut faire le départ entre ce qui est vrai (ce qui est en conformité avec la réalité) et ce qui est faux (ce que la réalité ne montre pas).

    C’est dans ce cadre que s’inscrit notre démarche du moment dans l’analyse du livre intitulé « l’islam face à l’agression culturelle et médiatique : quelques pistes de réflexions » ; livre ou livret écrit par Sérigne Abdoul Aziz Sy Al-Ibn (porte-parole de la famille d’El Hadji Malick Sy).

    Comme son titre l’indique, ce livre met en garde contre l’agression culturelle et médiatique dont serait victime le monde islamique face à l’Occident.

    Ainsi, il s’inscrit en droite ligne dans ces considérations qui deviennent de plus en plus un « lieu commun » ; considérations visant dans une situation de crise, à se déculpabiliser pour culpabiliser son vis-à-vis ou autrui qui serait responsable de tous ses maux ou à défaut qui serait, comparé à lui, un monde en dégénérescence qu’il ne faut pas imiter.

    Dans les analyses développées dans ce livre par Serigne Abdoul Aziz Sy Al-Ibn, on retrouve ces deux cas de figure :

    L’Occident serait responsable des maux du monde musulman

    L’Occident serait un monde en dégénérescence contre qui il faudrait lutter ou à défaut dont il faudrait se départir.

    Selon l’auteur de ce livre, l’islam fait face à une agression culturelle et médiatique et ainsi « l’avènement de la mondialisation et le développement de la technologie, l’ouverture des foyers aux apports du consumérisme ont rendu beaucoup plus subtil le combat que mènent les négateurs de la religion et les ennemis de l’islam contre ses enseignements, ses orientations, ses finalités et ses principes ».

    Dans cette guerre contre l’islam, l’Occident passerait par la Culture. Ainsi, pour l’auteur « les nouveaux maîtres du monde contrôlent tous les secteurs de l’information et produisent tous les gadgets sensés être culturels alors qu’ils tuent la culture ».

    Vu sous cet angle, avant d’aller plus loin, il faudrait souligner que ce discours est repris avec autant de virulence, sinon plus, sous d’autres cieux paradoxalement occidentaux, notamment en France qui avec beaucoup de bruits et avec comme cheval de bataille l’expression « exception culturelle », pense être détentrice de la « vraie » culture face aux USA qui serait une puissance destructrice de la culture. (cf. FREDET J-G « Astérix contre Hollywood. France/ États-Unis : La guerre culturelle a 50 ans.)

    Ainsi, toujours vu sous cet angle, la France serait aussi victime que l’islam devant cette « agression culturelle et médiatique ». Pourrait-on alors parler spécifiquement de guerre contre la religion islamique ?

    Fermons cette petite parenthèse puisque vraisemblablement le problème serait beaucoup plus large, profond et complexe que cela.

    Revenons aux analyses de Sérigne Abdoul Aziz Sy Al-Ibn. Selon ce dernier « pour tout changement de l’état social d’un pays, d’une communauté, pour tout projet de construction et de déconstruction sociale, il est nécessaire de s’appuyer sur les couches les plus vulnérables. C’est ainsi que les jeunes et les femmes sont les cibles prisées par l’Occident dans sa guerre contre la culture islamique. Les jeunes et les femmes sont pour ainsi dire les portes d’entrée de la culture occidentale dans les sociétés musulmanes. Comme le VIH, la culture occidentale a besoin de porte d’entrée pour insidieusement détruire les défenses de l’organisme, annihiler l’immunité du corps et l’entraîner irrémédiablement dans la déchéance puis la mort ».

    Dans le temps et dans l’espace, il a été vérifié comme il le dit, que pour tout projet de construction et de déconstruction sociale il est nécessaire de s’appuyer sur les couches les plus vulnérables ; l’islam et le christianisme ont recruté d’abord dans ces couches (esclaves, pauvres, etc.). Cette logique donc ne serait pas inhérente à l’impérialisme occidental. Cependant, dans le monde actuel où les hommes et les femmes sont proclamés égaux devant Dieu, devant la Raison et en Droit, qu’est-ce qui fait qu’encore on continue à tenir les femmes comme étant plus vulnérables ? Vulnérables à quoi et par rapport à qui ? Il y aurait une attitude de condescendance, de complexe de supériorité pour ne pas dire de phallocratie.

    Pour ce qui est des jeunes, il n’est pas besoin de montrer qu’ils évoluent dans un monde aux logiques carrément différentes de celui de leurs aînés mâles supposés les protéger.

    En quoi les parents de cette jeunesse peuvent-ils lui apprendre dans le domaine de la vie sociale d’une manière générale où ces parents ont démissionné ou ont été démissionnés par de nouvelles logiques qui sapent toutes les structures et certitudes traditionnelles ?

    Pour ce qui est du monde occidental comparé au virus du sida, s’il est impérial, est-ce sa faute ou la faute du monde musulman qui se sent dominé ?

    « A l’adoration, l’Occident substitue la liberté. A la spiritualité elle substitue le loisir. A l’acquisition de bien par le travail honnête, éloigné des pratiques usuraires, spéculatives et autres que l’islam bannit, l’Occident substitue le gain facile ».

    La liberté n’exclut pas l’adoration. On peut être libre d’adorer ou de ne pas adorer.

    Caricatures une fois de plus ! Qu’est-ce qu’il fait de tous ces combats que ce monde occidental en son sein mène contre le blanchiment de l’argent sale, la corruption, jusqu’à même encourager et soutenir les pays sous-développés dont le Sénégal (un pays majoritairement musulman) à lutter contre la corruption qui est devenue un grand fléau.

    Ou à défaut si tel était le cas pourquoi tout le monde (monde musulman compris) cherche à rejoindre et souvent au prix de leur vie ce monde occidental s’il était aussi lugubre. A moins de penser que les sociétés islamiques entre autres aspirent plus qu’à toute autre chose à cette dépravation qui caractériserait l’Occident selon cet auteur ?

    « Pour l’occident, être maître de son corps c’est se donner à toutes les expériences déviantes et obscènes y compris les pratiques les plus ignobles comme la pédophilie, la zoophilie, etc. ».

    C’est certainement ignorer que dans les pays occidentaux, la pédophilie et la zoophilie sont combattues avec la dernière énergie. En France, à l’occasion du 14 juillet, le gouvernement a entrepris d’exclure de la traditionnelle grâce présidentielle les auteurs de délits racistes et … les pédophiles (cf. Wal fadjiri du 13 juillet 2004). Si en Occident, la pédophilie constituerait un fléau, dans le monde islamique (au Sénégal en particulier) l’infanticide serait son pendant. Pédophilie en Occident, infanticide dans le monde musulman !
    Loin de nous l’esprit de faire l’éloge de l’Occident ou de ne pas le faire ; ou de jeter l’anathème sur le monde musulman ou de ne pas le faire ; notre objectif était animé par un souci d’objectivité et non de caricaturer ou de développer des images à la limite du fait divers, pour en faire des images représentatives d’un monde, d’une société quelle qu’elle soit.

    Personne ne peut nier qu’il y a un rapport de force ou un conflit latent et parfois manifeste entre le monde musulman et le monde occidental, mais c’est un rapport de force qui s’inscrit dans un cadre plus large que celui-là religieux. Cependant, vouloir de part et d’autre développer des clichés et les généraliser est une entreprise (même si elle vise à défendre en attaquant le supposé adversaire) qui ne mène nulle part que vers une phobie injustifiée, sinon vers des appréhensions ; alors qu’on devrait cultiver l’objectivité et éviter cet exercice très réductionniste.

    Toujours dans cette logique dans laquelle s’inscrit notre démarche actuelle, il est assez surprenant, dans des sociétés qui se veulent démocratiques que des imams, dans les sermons hebdomadaires du vendredi (très souvent dans les pays arabes, et parfois dans le nôtre), aient cette latitude de développer des idées non représentatives sans que l’on puisse avoir cette égale latitude de leur contredire à chaud ou à défaut de débattre. En effet, il arrive parfois que des imams développent leurs propres sensibilités durant cette séance sur des questions d’actualité politique, sociale, économique, sanitaire, etc., alors que ces propos ne sont ni religieusement ni scientifiquement fondés. Par exemple, quand un imam (Mosquée du Point E-Dakar) développe dans son sermon que le sidéen est  victime de ses péchés charnels, c’est non seulement participer indûment à la stigmatisation de cet individu mais aussi, c’est développer des contre-vérités.

    Vendredi dernier aussi, à la mosquée de Sacré Cœur 3, l’adjoint de l’imam appelait à la lapidation des fornicateurs. Cent coups fermes de fouet dit-il ! Au secours !

    A ce rythme, nos marabouts risquent de devenir des rétrécisseurs de conscience et … de sexe !
    Mamadou Moustapha WONE

    Sociologue

    BP 15812 Dakar Fann

    moustaphawone@voila.fr

    Sénégal

    Irlande: des milliers d’enfants frappés et violés dans des institutions catholiques, selon un rapport

    DUBLIN — Coups, viols, humiliations en tous genres: la liste est longue des mauvais traitements et agressions sexuelles commis en Irlande dans les institutions sous administration catholique qui ont accueilli les enfants les plus vulnérables de la société jusqu’aux années 1990, selon un rapport accablant rendu public mercredi à l’issue de neuf ans d’investigations.

    Le rapport de 2.600 pages de la commission d’enquête sur les mauvais traitements infligés à des enfants a été dévoilé par le juge de la Haute Cour Sean Ryan. Ce dernier a présidé les travaux à partir de 2003 en remplacement de la juge Mary Laffoy, qui avait démissionné en reprochant au ministère de l’éducation de bloquer l’enquête.

    Le document s’appuie sur les témoignages de plusieurs milliers d’anciens élèves, des femmes et des hommes aujourd’hui âgés de 50 à 80 ans, ainsi que sur les récits de responsables -à la retraite-de plus de 250 institutions placées sous administration catholique.

    « Un climat de peur, créé par des châtiments insidieux, excessifs et arbitraires a grandi dans la plupart des institutions et dans toutes celles accueillant des garçons. Les enfants vivaient avec la terreur quotidienne de ne pas savoir d’où viendrait le prochain coup », souligne le rapport.

    D’après la commission, le système tout entier traitait les enfants davantage comme des esclaves et des détenus que comme des êtres disposant de droits légaux.

    Plus de 30.000 enfants considérés comme des délinquants ou issus de familles à problèmes -une catégorie qui englobait souvent les mères célibataires-ont été envoyés dans les écoles techniques, maisons de redressement, orphelinats et foyers administrés par des catholiques, entre les années 1930 et les années 1990, période marquée par la fermeture des dernières institutions.

    Selon les conclusions du rapport, attentats à la pudeur et viols étaient « endémiques » dans les établissements réservés aux garçons, principalement dirigés par la congrégation des Frères chrétiens. Les filles, dont s’occupaient des religieuses, essentiellement les Soeurs de la miséricorde, ont moins souffert d’abus sexuels. Cependant, elles étaient victimes d’agressions et d’humiliations fréquentes, destinées à provoquer chez elles un sentiment de dépréciation.


    Inceste en Turquie : l’abus le plus invisible

    Info Collectif VAN – www.collectifvan.org – En raison de la structure patriarcale de la société turque, de nombreuses victimes d’inceste sont obligées de se taire et de subir ce traumatisme chronique. De nombreux auteurs d’inceste sont des pères, suivis par des membres mâles de la famille, tels que les grands-pères, les frères aînés et les oncles paternels ou maternels. Le 23 juin 2009, un rapport intitulé « Comprendre le problème de l’inceste en Turquie » a été présenté à un panel à Ankara. L’étude a été conduite par la Demography Association et le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP). L’étude est basée sur des interviews avec des professionnels qui traitent les cas d’inceste en Turquie. Le Collectif VAN vous propose la traduction de cet article en anglais publié sur Bianet du 24 juin 2009. 
    En raison de la structure patriarcale de la société turque, de nombreuses victimes d’inceste sont obligées de se taire et de subir ce traumatisme chronique. 

    Sema BUZ 
    semabuz@hacettepe.edu.tr 
    semabuz@hacettepe.edu.tr 

    Ankara – BİA News Center 

    Le 23 juin 2009, un rapport intitulé « Comprendre le problème de l’inceste en Turquie » a été présenté à un panel à Ankara. L’étude a été conduite par la Demography Association et le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP). L’étude est basée sur des interviews avec des professionnels qui traitent les cas d’inceste en Turquie.
    L’étude vise à présenter les dimensions du problème, à le rendre plus visible, et à attirer l’attention sur les limitations de la méthode actuellement utilisée pour gérer ce problème.
    Selon le rapport, la plupart des cas d’inceste en Turquie, comme ailleurs dans le monde, restent secrets.

    Interviews avec des professionnels

    Les chercheurs ont interviewé 98 professionnels – des enseignants, des juges, des sages-femmes, des policiers, des médecins, des procureurs, des avocats, des psychologues, des psychologues de services sociaux et des membres d’ONG, – dans les provinces d’Ankara, d’Adana, de Diyarbakır, d’Erzurum, d’Istanbul et de Kocaeli.
    L’étude parle des victimes, des auteurs et de leur environnement familial, elle révèle les cas d’inceste et les problèmes qui s’ensuivent, ainsi que les problèmes auxquels sont confrontés les professionnels.
    Bien que tant des filles que des garçons soient victimes d’inceste, l’étude montre qu’il y a plus de victimes féminines. Plusieurs filles ou garçons vivant dans la même maison peuvent en être victimes soit en même temps, soit à des périodes différentes. Certains cas débutent par du harcèlement et se poursuivent par un viol, tandis que d’autres cas débutent directement par un viol.
    La résistance des enfants est vaincue soit par des récompenses, soit par des menaces, avec utilisation de violence physique, ou par la menace de faire du mal à ceux qu’ils aiment.

    Pères, grands-pères, frères, oncles…

    Les exemples donnés par les professionnels montrent que de nombreux auteurs d’inceste sont des pères, suivis par des membres mâles de la famille, tels que les grands-pères, les frères aînés et les oncles paternels ou maternels. Ils peuvent avoir n’importe quel âge et provenir de toute classe sociale, mais l’abus d’inceste père/fille ou père/fils semble être le plus commun, suivi par celui des grands-pères, puis par celui entre frères et sœurs.
    Une découverte importante est que ceux qui commettent l’inceste l’ont souvent subi pendant leur propre enfance.

    Tous types de familles

    Tous les types de familles sont affectés par l’inceste, de la famille nucléaire à la famille recomposée, les familles monoparentales et les familles avec deux parents ou les familles sans parents.
    Les experts expliquent le fait que les cas d’inceste les plus nombreux se trouvent dans des familles aux bas revenus en raison du nombre plus important de ce type de familles dans la société et parce que la puissance économique permet de cacher l’inceste plus facilement. Lorsqu’un cas d’inceste est découvert dans des familles aisées, il est souvent camouflé sans qu’un tribunal soit saisi.
    La grossesse est un facteur qui permet souvent de découvrir l’inceste, et encore une fois, les individus qui ont un niveau d’éducation et de revenus plus élevés sont plus prudents en matière de prévention de grossesse ou ils recourent à des services médicaux privés.

    Le rôle des mères

    Les experts disent que les mères pensent pouvoir se rendre compte tout de suite si l’inceste a lieu et elles affirment que si un enfant le dit à sa mère, elle le croirait immédiatement ou elle serait immédiatement consciente de tout acte suspect et y réagirait.
    Cependant, en réalité, elle peut ne pas découvrir l’inceste, elle peut ne pas croire qu’il a eu lieu, et même si elle le découvre, elle peut ne pas avoir la force de le faire cesser. Les professionnels font remarquer que l’inceste a souvent été considéré comme étant de la faute de la victime et non celle de l’auteur de l’acte, que toute la famille était jugée et que la mère pouvait être sous la domination de l’auteur de l’acte d’inceste. Elle peut aussi ne pas avoir les ressources économiques nécessaires ou la connaissance des institutions auxquelles elle doit s’adresser.
    Cependant, les mères peuvent aussi jouer un rôle important pour faire découvrir l’inceste et pour soutenir ensuite l’enfant affecté.
    Un autre résultat du rapport montre que lorsque les membres de la famille communiquent bien, il est plus facile de révéler l’abus.
    Outre les membres de la famille et de la maisonnée, d’autres personnes doivent être attentives à ce problème, particulièrement dans les écoles, les institutions médicales, les ONG, et les psychologues.

    Processus difficile pour révéler l’abus

    Une fois l’inceste révélé, beaucoup d’autres problèmes surviennent. Les professionnels ont indiqué que les victimes étaient abattues par l’enquête et le processus judiciaire. L’un des problèmes est le manque d’amendements légaux exigeant que les déclarations soient filmées et faites en présence d’un professionnel. Un autre problème est que les lieux où les déclarations sont faites et où les procès se déroulent ne sont pas appropriés pour des enfants.
    Rassembler des preuves et émettre un diagnostic sur les dommages physiques et psychologiques sont essentiels pour déterminer la sanction. Les professionnels ont parlé des problèmes avec les instituts médico-légaux et du manque de spécialistes des maladies et de la psychologie infantiles.
    Un autre problème décrit par les experts dans le rapport est que la victime de l’inceste était accusée et que l’attention se fixait sur « honneur ». Les soins médicaux pour les victimes et les enfants nés de l’inceste étaient jugés insuffisants.
    Les solutions suggérées sont d’augmenter le niveau d’éducation, d’information et de communication, une institutionnalisation des pratiques […] ainsi que des approches interdisciplinaires.

    […] De nombreuses études montrent que les victimes d’inceste vivent avec les effets de cet abus tout le reste de leur vie et que leur vie est négativement affectée à long terme. Si l’on tient compte de la structure patriarcale de la société turque, il est clair que de nombreuses victimes sont forcées de se taire et de subir ce traumatisme chronique. […] (SB/EK)

    ©Traduction C.Gardon pour le Collectif VAN – 29 juin 2009 – 07:15 -http://www.collectifvan.org

    Défenseur des enfants : après l’amende, la mort

    par Jean-Pierre Rosenczveig

    Magistrat : vice-président du TGI de Bobigny
    Président du Tribunal pour enfants de Bobigny
    Président de Défense des Enfants International – France : www.dei-france.org
    Président du Bureau International sur les droits de l’enfant (siège à Québec)
    Président de l’association Espoir (Paris)
    Président de l’APCEJ
    Président d’Objectif Familles (78)

    L’annonce fait l’effet d’un vrai coup de tonnerre parmi tous ceux qui en France portent la cause des enfants : le gouvernement se propose de supprimer purement et simplement le poste de Défenseur des enfants créé en 2000 pour le fondre au sein du futur Défenseur des Droits, et ce contrairement aux engagements souscrits au parlement lors  du débat sur la réforme constitutionnelle.

    La réaction au vitriol de Dominique VERSINI, actuelle titulaire de la fonction, se comprend à plus d’un titre.Déjà du simple fait qu’elle n’ait pas été un tant soit peu informée d’éventuelles interrogations sur l’institution au point de vouloir lui couper le cou. Le moins qu’il se pouvait faire était d’en débattre avec la responsable pour rechercher des améliorations et déjà de vérifier si ces interpellations étaient fondées. Les associations concernées dont nombre avait porté le projet en son temps, auraient également pu avoir un mot à dire.Non seulement l’intéressée apprend la nouvelle comme un simple quidam après le conseil des ministres mais le verdict de mort sans procès ne lui est même pas expliqué a posteriori. Tous les ministres qui auraient pu avoir un mot à dire sur le sujet affirmant qu’ils ne sont pour rien dans la décision on peut penser qu’elle a  été prise à un autre niveau. Mais sur quel fondement ?Sur le fond la décision est encore plus  surprenante que la France a comparu en juin dernier devant le Comité des Experts de l’ONU sur sa manière d’appliquer la convention internationale sur les droits de l’enfant. Elle y a été tancée sur de nombreux points. Dans ses Recommandations le Comité a insisté une nouvelle fois auprès des autorités françaises sur la nécessité de mobiliser l’institution Défenseur des enfants. Pour toute réponse, à la veille de commémorer le 20° anniversaire de l’adoption par l’ONU d’un des textes majeurs de l’histoire de l’humanité, le gouvernement français répond par un pied de nez en proposant de la mort par fusion de l’institution au sein d’un magma sans doute intéressant, mais aux contours encore flous. En quoi la spécificité enfance sera-t-elle sauvegardée au sein du futur Défenseur des Droits ? En tout cas il est ainsi démontré ce qu’il en vaut en France du caractère autonome d’une institution créée et dépendant de la puissance d’état. Un trait de plume peut la rayer.

    En 2005, à l’initiative de Michel Charasse, le Sénat avait déjà mis  le Défenseur de l’enfant à l’amende quand Claire Brisset alors titulaire du poste avait mis en cause violemment les pratiques des conseils généraux en matière de protection de l’enfance. Claire Brisset avait tapé fort, trop fort sans doute, sans toutes les nuances qui s’imposaient, mais fondamentalement elle n’avait pas tort sur certains ratés et quant à la marge de progression possible pour 5 milliards d’euros de dépenses annuelles et 450 000 enfants concernés. A preuve la loi du 5 mars 2007 sur la protection de l’enfance votée sur la base de ses critiques et de quelques autres que nous portions.On peut penser que les différentes prises de position de la Défenseure actuelle notamment sur le sort réservé aux enfants étrangers isolés ou sur la révolution proposée en matière de justice pénale des mineurs ont pu contribuer à irriter, et en tout cas à ne pas militer pour le maintien de son autonomie.C’est pourtant à l’honneur d’une institution et plus généralement d’une démocratie que de savoir intégrer la critique. Le rôle de gratte-poil est indispensable pour éviter les réveils douloureux après l’anesthésie de l’autosatisfaction. Une institution comme le défenseur des enfants interpelle régulièrement les institutions de la République. Elle les titille plus ou moins vertement, mais au final elle les protège.Sans compter que par ses propositions régulières et distanciées de la gestion au quotidien elle peut les aider à progresser.Le coût, au demeurant modeste, vaut la chandelle !
    La suppression du jour au lendemain de cette institution sans concertation interne ni externe avec les associations engagées sur le sujet ne peut donc que susciter les pires interprétations et susciter le courroux.

    Ne doit-on pas y voir une nouvelle fois le signe que nous dénoncions à Genève de l’effritement de l’intérêt pour la promotion des droits de l’enfant en France quand la conjoncture devrait, au contraire, conduire les pouvoirs publics à promouvoir les droits de la personne pour exiger en retour que chacun, jeune et moins jeune s’implique et s’investisse dans les règles communes. Conf. le débat sur le difficile dialogue Police-jeunes.Il va être difficile de démontrer qu’il s’agit là avec cette disparition d’une avancée pour les droits humains.Une nouvelle fois la France étant une référence internationale nous allons écorner notre capital sympathie aux yeux de la communauté internationale à la veille du 20 novembre et de la réunion à Paris du réseau européen des 35 Défenseurs des enfants dont Mme VERSINI doit assurer la présidence.Provocation ? Maladresse ? Ou simple gestion administrative du dossier fusion au sein du futur Défenseur des droits sachant que la Commission Déontologie de la police qui a fait un remarquable travail passerait également à l’as. Il est sans doute encore possible  de reagir.On doit y appeler le gouvernement sinon les parlementaires. En 2005, le Parlement avait renoncé à l’amende de 100 000 euros sur le budget du Défenseur proposée par les sénateurs ; aujourd’hui il faut éviter la mort de l’institution. Le parlement a le pouvoir de dire non au projet qui lui est avancé. Une réflexion sur ses modes d’intervention et sa portée peut être nécessaire ; en tout cas, il ne doit pas être porté atteinte à son existence et à son indépendance par rapport à tous les pouvoirs. Il va de l’intérêt des enfants de France , mais de notre intérêt supérieur à tous.A défaut il ne faut pas être grand prophète pour voir venir moultes réactions nationales et internationales contre ce coup de force quand tant de vrais problèmes sont à traiter

    Avec l’aimable autorisation de l’auteur

    Affaire Polanski, propos de Mitterand

    Un scandale, une honte pour notre pays, que Mr. Mitterrand face une sortie en tenant l’étendard avec l’accord du Président de la République, est une insulte à notre justice, à celle des états-unis et à la démocratie en général.
    Pourquoi être étonné? On peut se poser la question, quand nous voyons deux ministres en fonction se prévalant de propos cautionnant la pédophilie dans leurs écrits, un chef de parti politique conspué pour avoir traité de pédophile un autre chef de parti qui l’est vraiment!

    En résumé, voici le message adressé aux pédophiles: Chers amis, si vous êtes du milieu du showbiz du cinéma, politique, ne vous retenez pas, notre pays et ses responsable vous accueillera, vous protégera des poursuites car vous êtes vraiment des gens supérieurs qui peuvent tout se permettre, y compris droguer une fillette de 13 ans, la violer, la sodomiser comme Monsieur Polanski l’a fait, car dans plusieurs années nous défendrons ces geste car votre talent le méritait bien! Bienvenue chez nous chers pédophiles, surtout ne vous inquiétez pas nous ne vous chercherons pas dans la jungle de Calais et les centres de rétention trop vétustes pour vous, Saint-Tropez vous est ouvert!
    France terre d’accueil, pour millionnaires bien sur

    Justice et Roman Polanski suite et pas fin

    par Jean-Pierre Rosenczveig

    Magistrat : vice-président du TGI de Bobigny
    Président du Tribunal pour enfants de Bobigny
    Président de Défense des Enfants International – France : www.dei-france.org
    Président du Bureau International sur les droits de l’enfant (siège à Québec)
    Président de l’association Espoir (Paris)
    Président de l’APCEJ
    Président d’Objectif Familles (78)

     

    D’évidence le réflexe premier qui conduisit certains à  s’indigner haut et fort de l’arrestation de Roman Polanski pour des faits criminels vieux de quelques 32 ans a produit son effet. C’est l’attentisme qui prévaut désormais, voire un reflux qui s’est enclenché pour que l’intéressé rende enfin des comptes devant une juridiction de telle sorte que sa responsabilité soit circonscrite et que la page définitivement tournée (voir mon blog 330 qui a reçu 35000 visites).

    Cette affaire aura une nouvelle fois suscité nombre de débats sur la justice hexagonale, mais au-delà

    1.    Bien évidemment, chacun, professionnels comme simple citoyen, a le souci que le statut social du mis en cause ne commande pas la réponse judiciaire. On est heurté par l’idée que l’on puisse acheter la clôture d’une affaire criminelle ou que tout simplement on puisse échapper au sens fort du terme à la justice de son pays parce qu’on a les reins solides voire des relations. Selon que vous serez puissants ou misérables ….
    2.  Cette affaire pose aussi la question du droit à l’oubli. Il est nécessaire qu’une société sache tourner la page a un moment donné sur les violation de la loi. Des règles de prescription des faits existent (1 an pour les contraventions, 3 ans pour les délits, 10 ans pour les crimes) et mêmes les peines prononcées peuvent devenir caduques si elles n’ont pas été exécutées. Tout principe doit supporter son exception pour éviter de ne s’enfermer dans un nouveau piège. En l’espèce les crimes contre l’humanité sont imprescriptibles. Certains revendiquent que les crimes sexuels contre les enfants entre dans le champ des crimes contre l’humanité. Ainsi le bâtonnier Pettiti militait pour que le fléau de l’exploitation sexuelle des enfants entre dans cette catégorie. Je le rejoins.  Il est évident que la tendance lourde de notre époque est de restreindre ce droit à l’oubli. Déjà dans l’intérêt des victimes. C’est ainsi que petit à petit le droit français a reculé à 20 ans, avec comme date de départ la majorité de la victime, la prescription pour les crimes sexuels sur mineurs. Ainsi la prescription pour un crime supporté par un enfant de 4 ans sera acquise 34 ans plus tard. Il faut ajouter que la prescription peut être interrompue par des actes de procédure. Dans l’affaire Polanski depuis 1977 de nombreux actes interruptifs sont intervenus qui fait que même ne droit français la prescription n ‘aurait pas été acquise.
    3. Mais c’est l’argument tiré du fait que la victime a retiré sa plainte et souhaite  qu’aucune poursuite ne soit engagée qui mérite le plus de réflexion.Certes la victime est intéressée au premier chef par le sort qui sera réservé à son agresseur. Elle doit pouvoir forcer la main au parquet, maître des poursuites, si celui-ci refuse d’en engager une  en l’espèce. En France, en matière délictuelle –  10 ans de prison au plus encourus –  elle peut faire citer directement devant le tribunal en passant par un huissier. Elle peut   encore déclencher l’ouverture d’une instruction devant le juge du même nom. Des dispositions récentes ont été adoptées pour éviter des dérives, mais ce droit reste acquis. A l’inverse le retrait de la plainte ou le refus de déposer plainte ne paralyse généralement pas les poursuites pénales. Le parquet défend les intérêts de la société et a le souci de « sanctionner » les violations de la loi afin  de réaffirmer l’interdit poser par le législateur. Bref l’action publique n’appartient pas à la victime. Dans chaque affaire le parquet est bien sûr invité à prendre en compte à prendre en compte le positionnement de la victime. Il n’est pas là pour allumer des brulots ou raviver des blessures, mais il n’est pas au service de la victime, mais de la loi.Là encore des dérives sont en train de développer leurs effets dans le droit pénal moderne. On voudrait donner à la victime un droit de veto sur telles ou telles décisions  judiciaires, notamment dans l’exécution de la peine prononcée. Il  est audible que la victime soit prise en compte. Par exemple, par l’interdiction faite à une personne condamnée pour crime de demeurer à proximité du domicile de sa victime reconnue. De même il normal que le juge de l’application des peines veille à ce que la victime soit indemnisée, etc. Pour autant la justice de l’exécution des peines ne doit pas être commandée par la victime. A défaut on sortirait de la justice pour revenir au droit de la vengeance. Il est des principes sur lesquels on ne doit pas céder. Celui là est fondateur de la justice pénale et de notre Etat de droit.Je suis donc choqué quand j’entends les intervenants sur l’affaire Polanski se référer aux souhaits de la victime en affirmant qu’elle est la première concernée. Non, l’objectif est bien qu’il n’y ait pas d’autres victimes de 12 ou 13 ans demain d’hommes de 43 ans qui leur « proposent » d’avoir des relations sexuelles.

    Ces  débats est loin d’être clos. Sans compter les débats collatéraux qu’ils suscitent. Je pense notamment aux accusations développées contre le ministre de la culture qui aurait fait part de ses émois devant les jeunes garçons thaïs dans son livre “La mauvaise conduite “ paru 2005. L’accusation est grave et l’abcès devra rapidement être percé. Il ne suffira pas de prendre ces attaques à la légère et se glorifier du procès fait par le FN voire comme ce jour de s’indigner du relais donné par certains hommes de gauche. Frédéric Mitterrand est devenu ministre de la République Le ministre va devoir s’engager très fort sur une condamnation sans concession de la pédophilie et bien évidemment par des propos sans équivoque se distancier des attirances et des pratiques qu’il prête à son pendant dans son livre. A défaut de ce positionnement clair et fort le tsunami avec des vagues internationales risque d’être foudroyant.

    On apprend aujourd’hui que le ministère suisse de la justice émet un avis défavorable à la remise en liberté de Roman Polanski dont il craint qu’il tente d’échapper à la procédure d’extradition. Or cette procédure devrait durer un certain temps sinon un temps certain. Il faut attendre pour voir si les juges estiment avoir suffisamment de garanties.

    D’ici là nul doute qu’avec le drame de Rambouillet les échanges comme ceux d’hier sur France 2 vont reprendre de plus belle, notamment sur les mesures de contention post judiciaires. Il va être difficile de défendre certains principes.

    Et encore plus quand des responsables politiques violent ostensiblement  la loi (ex. l’élection de M. Dassault comme  maire “de facto” de Corbeil par homme de paille interposé qui joue franc jeu en cédant le bureau du maire à un homme inéligible) ou appellent explicitement à contourner les décisions du Conseil Constitutionnel ( ex.: le morceau de bravoure du porte parole de l’UMP hier soir sur France 2 sur ce sujet)

     

    avec l’aimable autorisation de l’auteur.

    Son blog