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    L’école en bateau : l’enfance sabordée, film de Laurent Esnault et Rejane Varrod

    Voici un film unique. Créé par le journaliste Laurent Esnault, victime comme plusieurs autres dans sa jeunesse, de Léonid Kameneff  créateur  du concept   » l’école en bateau « . Le concept consistait en une sorte d’expérience pédagogique se voulant alternative, censée faire « murir » des adolescents, en les faisant naviguer un an  bord de son navire le Karrek Ven.

    Depuis les années 70 et jusqu’à  2000, quelques uns des 400 enfants  passés par  l’école en bateau ont porté plainte. La majorité des procédures ont été non recevables pour cause de prescription. Kameneff et l’un de ses adjoints ont étés condamnés respectivement à douze ans et 6 mois de prison en mars 2013 à Paris.

     Je vous conseille fortement, de regarder comment ce document dissèque la façon de procéder des agresseurs, la sélection des élèves, les critères de choix, la vie a bord, la manipulation mentale et physique.

    Prix du jury au festival 2015 au Festival du film documentaire du Touquet.

    L’école en bateau : l’enfance sabordée de Laurent Esnaut et de Rejane Varrod

    https://vimeo.com/118892642

    Ceci est une vidéo privée. Pour la lire introduire le mot « école »

    Comment on transforme un être humain en marchandise sexuelles

    Comment on transforme un être humain en marchandise sexuelles: par Richard Poulin sociologue à l’universté d’Ottawa

     

    Ce texte fait partie d’un article intitulé « Prostitution, crime organisé et marchandisation » qui a été publié par l’auteur dans la Revue Tiers Monde, (Paris, PUF, vol. XLIV. n° 176, octobre-décembre 2003 : 735-769). Sisyphe présente le dossier en cinq parties ou chapitres afin d’en faciliter la lecture sur Internet. Un lien à la fin de cet article permet d’accéder à la bibliographie générale.

    « En vingt jours, on peut briser n’importe quelle femme et la transformer en prostituée ».

    « Les marchandises ne peuvent point aller d’elles-mêmes au marché ni s’échanger entre elles. Il nous faut donc tourner nos regards vers leurs gardiens et leurs conducteurs, c’est-à-dire leurs possesseurs. Les marchandises sont des choses et, conséquemment, n’opposent à l’homme aucune résistance. Si elles manquent de bonne volonté, il peut employer la force, en d’autres termes s’en emparer ». (Marx, 1974 :95)
    Les prostituées, propriété des proxénètes qui les vendent
    Les prostituées sont déshumanisées, puisque chosifiées, c’est l’aboutissement même de leur marchandisation. En conséquence, elles cessent de s’appartenir. Elles appartiennent au possesseur de la marchandise, c’est-à-dire au proxénète. La très grande majorité des victimes de la traite des femmes sont violemment contraintes de se prostituer lorsqu’elles parviennent dans le pays de destination (Dusch, 2002 :110). « Une fois instauré, le pouvoir du proxénète s’appuie sur la violence, parfois sur la terreur » (Chaleil, 2002 :113). Il existe dans les Balkans de véritables « camps de soumission » où les jeunes femmes sont violées et dressées (Loncle, 2001 :8). Au Brésil, les fillettes sont « retenues captives comme dans une prison » dans « les boîtes de nuit situées en des lieux éloignés et difficiles d’accès » (Dimenstein, 1992 :33). Beaucoup de filles et de jeunes femmes sont traitées comme du bétail :

    Tout comme les aviculteurs qui pratiquent l’élevage intensif de la volaille ont créé le terme de « batterie hens » pour les poules que l’on met au forçage dans les cages, soit pour les inciter à pondre, soit pour les engraisser, la technique des modernes trafiquants de femmes a enrichi la langue anglaise de cette expression, les « batterie girls » pour désigner les filles constamment maintenues sous l’effet de la drogue et gardées, elles aussi dans des « cages » pour servir d’esclaves sexuelles. (Barley cité dans Chaleil, 2002 :162)

    Il existe des lieux d’emprisonnement des filles et des femmes prostituées. Selon la Coalition Against Trafficking in Women (CATW, 2003), la traite interne en Thaïlande de jeunes filles, majoritairement âgées de 12 à 16 ans, qui sont en provenance du nord du pays, implique un enfermement dans des maisons closes dont les conditions ressemblent à celles d’une prison. Il existe également des lieux d’abattage où la prostituée est vendue quotidiennement à vil prix à une quantité inouïe d’hommes, afin justement de l’abattre, de la briser définitivement, de l’anéantir psychologiquement : « [P]arquées dans des bouges abjects, traitées comme du bétail, abruties par les drogues et l’alcool, les filles de joie y travaillent à la chaîne, alignent parfois jusqu’à quatre-vingt passes par jour » (Coquart et Huet, 2000 :115). Ces femmes sont réduites à des « bêtes à plaisir » (Corbin, 1993).

    Les vitrines des Pays-Bas et de Belgique où les chambres des Eros centers d’Allemagne font office également de cages. Les Eros centers ne sont plus à proprement parler des maisons closes, mais des hypermarchés du sexe. La prostituée y loue à prix fort une chambre – taxes comprises – tout en appartenant au cheptel d’un proxénète : « Sans lui l’inscription est impossible », soulignent Coquart et Huet (2000 :201) L’argent sale est devenu investissement, les établissements et leurs règles (surveillance des filles et contrôle sanitaire) sont désormais officiels, la prostitution est reconnue comme une profession. Il est maintenant possible de recycler les bénéfices et de blanchir l’argent sale sans quitter l’industrie prostitutionnelle. Aux Pays-Bas et en Allemagne, les prostituées sont maintenant considérées comme des « professionnelles du sexe », leurs proxénètes se transforment en « managers », les propriétaires des maisons de passe en « tierces personnes » et les clients en « consommateurs » (Coquart et Huet, 2000 :213). Le « métier » a été reconnu et réhabilité. Les clients n’ont pas à connaître l’envers du décor. Ils paient pour leur « plaisir ». S’ils imaginent démesure et luxure, dans les coulisses, l’hypermarché du sexe tient à la fois de l’usine et de la prison :

    Parce qu’elle arrive de France avec l’estampille du propriétaire, Brigitte est mise en cellule au premier étage […] À l’étage de Brigitte, une sous-taulière et des « videurs » en rapport direct avec le clan propriétaire. Ces gardes-chiourme font des rondes toutes les dix minutes afin de vérifier si le client est véritablement un client. Officiellement, il est chargé de mettre dehors les indésirables, les soûlards ou les maniaques. Officieusement, il empêche toute évasion […] Une heure sans client, et c’est la rouste […] Et lorsqu’elle a fait un client, le videur ou la sous-taulière passe récupérer la monnaie (Marin, 1990 : 54).

    L’enrichissement des proxénètes, non des prostituées

    Le bordel peut s’appeler Eros center, entreprise ou société anonyme, il reste néanmoins un bordel – malgré sa pitoyable modernité – et le proxénète est toujours un proxénète. Ce dernier touche de 75 à 90 % de l’argent empoché par « ses protégées » (Coquart et Huet, 2000 :187). On estime en France qu’une prostituée rapporte entre 460 et 762 euros par jour à « son » proxénète et qu’un réseau contrôlant une douzaine de femmes peut faire jusqu’à 9 100 euros par jour (Dusch, 2002 :151). Selon Interpol, une prostituée rapporte approximativement au cours d’une année 110 000 euros de bénéfices à un proxénète établi en Europe (Dusch, 2002 :97). En 2000, les prostituées russes en Allemagne gagnent mensuellement près de 8 000 euros dont près de 7 500 sont prélevés par les tenanciers de la maison close (Dusch, 2002 :109). Les « pensionnaires » des maisons closes voient rarement la couleur de l’argent qu’elles gagnent. Et lorsqu’elles le voient, comme elles n’ont qu’exceptionnellement l’autorisation de sortir, elles doivent se fournir sur place à des prix exorbitants et payer les amendes de tout ordre. Dans une des maisons closes légales du Nevada aux États-Unis, une ancienne prostituée raconte : « Je fus introduite pour la première fois dans les bordels du Nevada par l’intermédiaire de mon ex-maquereau. Vous ne pouvez pas  » travailler  » dans un bordel légal sans maquereau ». (Ryan, 2002) La légalisation des bordels au Nevada ne semble pas avoir changé les rapports entre proxénètes et prostituées. Selon l’ex-prostituée Ryan (2002) :

    Nous étions payées une fois par semaine. Ce jour-là, chaque femme était appelée seule dans le bureau, on lui montrait le décompte de la maison sur ses gains, on lui demandait d’appeler son mac. Une fois que vous l’aviez au téléphone, le patron lui demandait les instructions concernant l’argent, ce qu’il voulait qu’il lui soit envoyé et combien vous pouviez garder.

    La défalcation sur les gains se fait comme suit :

    La  » maison  » prenait 40 % de nos revenus. Avec les 60 % restant, nous devions payer les femmes de ménage qui nettoyaient la salle de bains commune une fois par semaine […] Les serveuses de bar recevaient aussi un pourcentage sur nos revenus, le coût de la visite hebdomadaire médicale obligatoire ainsi que le loyer de nos chambres. Les autres dépenses consistaient à payer le coiffeur et l’achat de nombreux accessoires nécessaires au « travail ». Enfin venaient les amendes qui allaient de 10 à 100 dollars. Elles variaient en grande partie parce que les règles de la maison variaient quotidiennement. Vous pouviez être taxée pour n’importe quoi : cela allait de se promener à l’extérieur, rendre visite à une copine dans sa chambre ou ne pas avoir fait votre lit impeccablement. (Ryan, 2002)

    Les amendes font partie du système de contrôle, de l’emprisonnement des filles. Ces bordels légaux sont de véritables bagnes : « Les propriétaires du bordel contrôlaient tous les aspects de notre vie : la couleur des cheveux, les vêtements que nous portions, nos promenades, les personnes à qui nous parlions, les temps de repas et de repos ». (Ryan, 2002) « Si vous interrogez des femmes prostituées qui ont connu les bordels et les maisons closes, elles vous diront qu’il n’y a pas pire que la maison close et le bordel. » (Coquart et Huet, 2000 :196)

    Un univers carcéral et de violence

    Certains des bordels légaux du Nevada et du Nouveau-Mexique ont des enceintes grillagées, des chiens, des surveillants, comme s’ils n’étaient au fond qu’un univers carcéral où les prostituées sont en situation de détention ou d’esclave. À Hambourg, les accès de certains quartiers réservés sont fermés par des chicanes. À Istanbul, l’entrée des complexes « bordeliers » est sous surveillance (1). À Calcutta, des prostituées s’offrent derrière les barreaux (Chaleil, 2002 :265). En Thaïlande, des enfants sont sortis d’une cage pour assouvir les touristes sexuels.

    Dans les Eros centers allemands comme dans les vitrines néerlandaises et belges, le corps prostitué est enfermé dans un lieu clos tout en étant ouvert aux regards, car en attente des clients qui jaugent la marchandise, comme dans un étal, avant de choisir celle qu’il prendra.

    Qui dit industrialisation, dit fabrication des marchandises, et pas seulement leur mise en marché. Ce n’est donc pas sans raison que le proxénétisme règne sur la prostitution, y compris dans les pays où la prostitution a été légalisée. Comme marchandises, les prostituées ne sont pas libres : elles sont la possession du proxénète et du client. Différentes études le montrent : entre 85 et 90 % d’entre elles sont soumises à un proxénète (Chaleil, 2002 ; Giobbe et al, 1990 ; Hunter, 1994 ; Silbert et Pines, 1982 ; Weisberg, 1985) (2).

    Le rapt, le viol, la terreur, l’abattage et le meurtre ne cessent d’être des accoucheurs et des prolongateurs de cette industrie ; ils sont fondamentaux non seulement pour le développement des marchés, mais également pour la « fabrication » même des marchandises, car ils contribuent à rendre les prostituées « fonctionnelles » – cette industrie exigeant une disponibilité totale des corps. Une étude sur les prostituées de rue en Angleterre établit que 87 % des prostituées ont été victimes de violence durant les douze derniers mois ; 43 % d’entre elles souffrent de conséquences d’abus physique graves (Miller,1995).

    Une étude américaine menée à Minneapolis montre que 78 % des prostituées ont été victimes de viol par des proxénètes et des clients, en moyenne quarante-neuf fois par année ; 49 % ont été victimes d’enlèvement et transportées d’un État à un autre et 27 % ont été mutilées (Raymond, 1999). Hunter (1994) évalue que les prostituées de Portland, en Oregon, ont été violées en moyenne une fois par semaine. Weisberg (1985) soutient que la plupart des prostituées juvéniles ont été abusées ou battues par leurs « souteneurs » et leurs clients. Quelque 85 % des femmes interviewées par Parriott (1994, cité dans Farley et Kelley, 2000 :37) ont été violées pendant qu’elles se prostituaient. Selon une étude de Green, Goldberg, Christie, Frischer, Thomson, Carr et Taylor (1993), le premier souci des prostituées de rue de Glasgow, au Royaume-Uni, est la violence des clients. Pour ces femmes, être violé apparaît banal et normal. Elles considèrent que l’abus physique est une partie intégrante et commune de la prostitution. Selon une étude de Miller et Schwartz (1995), 94 % des prostituées de rue interviewées ont subi une forme ou une autre d’assaut sexuel et 75 % d’entre elles ont été violées par un ou par plusieurs clients. Une recherche menée à Chicago montre que 21,4 % des femmes exerçant des activités d’escort girls et de danseuses nues ont été violées plus de dix fois (Boulet, 2002). Selon Phillis Chester (1994), 75 % des escorts girls ont commis une tentative de suicide. Les femmes prostituées comptent pour 15 % des suicides rapportés par les hôpitaux américains (Farley, 2003). Les femmes et les filles embrigadées dans la prostitution au Canada connaissent un taux de mortalité quarante fois supérieur à la moyenne nationale (Baldwin, 1992 :58).

    Comment on « brise » femmes et enfants

    Evelina Giobbe (1993) soutient que les proxénètes ont des comportements comparables à ceux des hommes qui battent leur femme. Non seulement utilisent-ils la violence physique, mais ils font tout pour isoler socialement leurs victimes, pour les « désencrastrer » en quelque sorte. Ils les dénigrent, les menacent, les intimident, les terrorisent psychologiquement, les abusent émotionnellement et sexuellement ; ils ont une attitude de propriétaire et ont recours à la violence physique dans le dessein de contrôler entièrement « leurs » femmes. Les proxénètes déplacent très souvent les prostituées dans différents secteurs de l’industrie sexuelle : des bars de danse nue aux agences d’escorte, en passant par les salons de massages, les bordels et le trottoir. Ils les forcent à changer régulièrement de ville. Cette rotation a pour fonction, entre autres, d’isoler, d’éliminer les repères, de rendre docile et dépendant.

    Les femmes et les enfants qui font l’objet d’un « trafic à des fins sexuelles » ainsi que la très grande majorité des prostitués sont fournis « clés en main » au marché. « En vingt jours, on peut briser n’importe quelle femme et la transformer en prostituée », raconte une responsable bulgare d’un foyer de réinsertion (Chaleil, 2002 :498). Leur appropriation par les trafiquants en tout genre, leurs possesseurs, leur métamorphose en marchandises – des humains étant transmutés en choses vénales – , leur dépersonnalisation, puis leur consommation exigent le viol de leur humanité. Pour que l’échange soit réalisé, pour que la marchandise soit vendue et achetée pour de l’argent – ce qui est le but de toutes les opérations – , il faut la soumission des humains, devenus marchandises, aux « règles du marché ». Cette soumission se construit au travers d’un ensemble d’organisations qui aménage la chaîne des transactions et assure leur bon déroulement. Cette chaîne serait brisée s’il n’y avait pas des complicités à tous les niveaux de la société. Christian de Brie (2000 : 4) souligne que les grandes organisations criminelles « ne peuvent assurer le blanchiment et le recyclage des fabuleux profits tirés de leurs activités qu’avec la complicité du milieu des affaires et le « laisser-faire » du pouvoir politique ». En fait, ces accointances, qui sont dues à une collusion d’intérêts et à la corruption qui l’accompagne (Ziegler et Mühlhoff, 1998), constituent une composante capitale de l’économie mondiale ; elles sont, en quelque sorte, son « lubrifiant indispensable ».

    Et comme toute marchandise dans une société où la consommation est effrénée, la prostituée est rapidement dévaluée : un souteneur qui pratiquait la traite de jeunes Sud-Africaines expliquait à un journaliste britannique que les filles étaient « usées » après trois mois (cité dans Kelly et Regan, 2000).

    Merçi a l’auteur.

    Outreau 2

    par Delphine Saubaber

     

    L’autre affaire d’Outreau

    Même lieu, même époque: comme le couple Delay-Badaoui, les frères Danger et leurs épouses ont-ils abusé eux aussi de leurs enfants? Ils nient. Le fiasco de la première affaire pourrait peser sur ce nouveau procès de Saint-Omer

    Du salon tapissé en jaune on a une vue imprenable sur la zone industrielle de Boulogne-sur-Mer. Ses blocs de tôle ondulée, ses cheminées qui percent les nuages. A l’intérieur, un vrai vidéoclub. Il y en a bien 3 000, des cassettes, sur les murs. «Et c’est pas du X, hein!» prévient illico Patrick Danger. Ici, il n’y a que Goldorak, Wonder Woman, L’Agence tous risques, Dallas, la série Vendredi 13 et puis l’intégrale des MacGyver. C’est justement celle-là que son frère Sylvain n’a pas pu finir. Ce vieil adolescent de 36 ans s’apprêtait à se la repasser pour la cent cinquantième fois en novembre 2001, quand on l’a envoyé dormir «en taule». Pour trente-quatre mois. Il n’était pas seul, il avait de la famille, derrière les barreaux. Sa femme, Fabienne. Ses deux frères, Patrick et Didier. Et leurs femmes, Madeleine et Fernande, les sœurs de Fabienne. Trois frères concubins de trois sœurs. En tout, ils ont fait 10 enfants, dont pas mal les accusent d’avoir abusé d’eux à coups de bâtons dans le derrière, pendant que la grand-mère filmait. L’affaire sera jugée du 29 mars au 14 avril, à la cour d’assises de Saint-Omer (Pas-de-Calais).

     

    On aurait pu en faire un entrefilet, un imbroglio incestueux parmi tant d’autres dans cette région cinglée par les vents du large, s’il ne s’était tramé à la Tour-du-Renard, où deux des couples Danger ont habité et si n’était conviée au procès, en témoin et guest star, Myriam Badaoui, la requérante en chef et girouette d’Outreau, qui en a vu des choses, dans la famille Danger. Me Hubert Delarue, le défenseur de Madeleine Danger, n’hésite pas à agiter le spectre du dossier foireux: «Outreau III, le retour.» Mais, cette fois, on a nommé un magistrat chargé de la communication «pour ce dossier», Eric Vaillant. Qui s’insurge: «C’est inadmissible de préjuger ainsi du sort de l’affaire!» Depuis juillet 2004, Outreau, la marque déposée, résonne douloureusement aux oreilles d’une justice échaudée par 13 acquittements, les excuses d’un ministre et une commission d’enquête parlementaire dont les auditions dureront jusqu’au 11 avril. Prévu en juin 2004, le procès des Danger avait déjà été reporté au mois d’octobre à cause de celui de Saint-Omer, puis ajourné «sine die» … Motif officiel: surcharge d’audiences à la cour d’assises. Motif officieux, selon Me Jérôme Crepin, défenseur de Sylvain Danger: «La justice craignait un deuxième cataclysme, dans la foulée du premier.»

    «Pluie de coups, attouchements…»

    Ça commence comme souvent. Placés en 1999 pour échapper aux coups de leur mère, Kevin et Marina (1) Danger, alors âgés de 8 et 5 ans, alertent les assistantes maternelles en «refusant de se laisser laver les parties génitales, se masturbant fréquemment en public», selon l’acte d’accusation. En février 2001, Kevin s’épanche: dès l’âge de 6 ou 7 ans, il a subi des attouchements. Sa mère lui enfonçait un «bâton dans le derrière», son père, Didier, et ses oncles le sodomisaient, ses tantes lui «léchaient le corps». Ça se passait au Portel, chez mamie Renée. Sa sœur, Marina, elle, «fait non de la tête», quand on l’interroge. Mais son comportement troublant fait dire à l’expert: «Il n’y a aucun doute sur le fait qu’elle a été confrontée à des manifestations de sexualité déviante de la part d’adultes de son entourage.» La demi-sœur de Kevin, Nina, 14 ans, renchérit en décrivant des pluies de coups, des partouzes, des «attouchements de Renée sur le chien». L’expert exclut «toute tendance à l’affabulation». Nina est «crédible», comme la plupart des enfants. Le 13 novembre 2001, une information judiciaire est ouverte.

     

    Et Myriam Badaoui, dans l’histoire? «Le hasard d’une rencontre fortuite dans les couloirs de l’instruction permettait de découvrir le lien existant» entre les couples Thierry Delay-Myriam Badaoui et Madeleine-Patrick Danger, lit-on dans l’ordonnance. C’était en novembre 2001. «Je voudrais vous préciser qu’il y a une dame dans le couloir qui était dans le réseau», lâche Myriam Badaoui au juge Burgaud. Entendue comme témoin dans le dossier Danger, elle confirme les copinages sexuels entre les deux couples, Madeleine usant du godemiché sur ses enfants… «Badouesque, l’affaire», «néologise» Me Crepin. La justice appréciera.

    Assise dans sa salle à manger, Yvonne Danger, l’autre grand-mère, une ancienne «emboîteuse» – «Je mettais le poisson dans des boîtes» – agite ses bras de haut en bas, dans un bouillon de mots: «Ils n’ont rien fait, mes gamins! Je les ai bien élevés!» Les trois frères ont rencontré les trois sœurs «en octobre 1989». Didier a flashé sur Fernande, à l’hôpital psychiatrique. Il était en dépression, elle avait fait une tentative de suicide. Yvonne: «Après, mes deux autres fils ont demandé à la mère Vandevelde: « Vous n’avez pas d’autres filles? »» Si. Alors, Renée a présenté Fabienne à Sylvain. Et Madeleine à Patrick. «Elle est jolie, non?» dit-il en montrant la photo incrustée dans le portable. Didier a travaillé douze ans dans un centre d’aide par le travail (CAT), dont il a démissionné parce qu’il était «fatigué». Il vit de l’allocation adulte handicapé, comme Sylvain. Lui aussi a séjourné en psychiatrie. Il avait fait une tentative de suicide après la mort de son chien, Ruf. Patrick a «fait» menuisier, ébarbeur, passé un diplôme de chauffeur de bus. Tous ou presque se situent, selon l’expert, «dans la zone de la débilité mentale légère».

    Pour ce qui est du sexe, ils ne sont pas trop regardants et assez partageux. Sylvain, qui est avec Fabienne, est allé chercher plusieurs fois du réconfort avec Madeleine. Patrick le lui a bien rendu. «D’ailleurs, les deux derniers gosses de Fabienne, c’est les miens, grommelle-t-il. – Ouais, y paraît, lâche Sylvain, occupé à rouler sa cigarette sur la toile cirée. – Comment ça, y paraît?» gueule Patrick, aussi baraqué que son frère est efflanqué. Sylvain, gentiment: «C’est bon…» Voilà pour les mélis-mélos entre adultes, qu’ils ont volontiers confessés à la juge.

    «Un cri d’innocence depuis le début»

    Mais, avec les enfants, «jamais!» Fernande a bien mis des volées aux gosses, attachés pieds et poings liés. Il y a peut-être eu des raclées par-ci par-là. «Mais on les aime, les gamins», dit Sylvain. Et, pour le reste, insiste Me Crepin, «c’est un cri d’innocence depuis le début». Seule Madeleine a ouvert une brèche. Ses codétenues disent qu’elle a raconté des viols, des attouchements. Devant la juge, elle a évoqué la violence de Patrick la forçant à avoir des rapports avec ses frères, à regarder des films pornos en présence des enfants, elle a parlé de ses manières suggestives avec eux… «Depuis, elle dément, affirme Me Hubert Delarue. Elle a subi beaucoup de pressions, été frappée en prison… Elle a fini par broder, dans le climat de psychose pédophile de l’époque.»

    Il était de la première mêlée, le ténor, avec Franck Berton, Eric Dupont-Moretti, Julien Delarue… Alors, ils ne vont pas se priver de s’y réengouffrer, soudés, en visant l’acquittement. Des similitudes avec Outreau I, il y en a, oui. Même lieu, même moment. Une affaire qui repose, pour l’essentiel, sur les pilotis de mots d’enfants. Verra-t-on resurgir la «tata connection» raillée par Me Hubert Delarue, ce canal des assistantes maternelles recueillant les confidences des petits tout en les suggérant? «On a un processus de préenquête identique au premier, qui a pu aboutir à un conditionnement des enfants, entre les « enquêtrices bis » et les questions fermées des enquêteurs», accuse Me Crepin. On retrouve aussi les mêmes noms, parfois: de référents éducatifs, du procureur Lesigne paraphant le réquisitoire, de quelques experts, dont Michel Emirzé, qui, comme à Outreau, a décelé tant de «traits de personnalité habituellement rencontrés chez les abuseurs sexuels». Les fillettes sont vierges. Il n’y a pas de trace de vidéo porno, sauf une, Sacrée Coquine. Bref, «ce dossier ne tient pas, assure Me Guillaume Combes. Il est d’ailleurs troublant que, après trois ans de détention et des refus de demandes de mise en liberté, on relâche nos clients en septembre 2004, par simple extinction du mandat de dépôt». Le parquet général n’en a pas demandé le renouvellement. Et il n’y a pas eu de contrôle judiciaire ordonné. «Ce n’était pas nécessaire, rétorque Eric Vaillant, l’enquête étant terminée et les enfants placés.»

    Mais pourquoi ces enfants sont-ils si perturbés, avec leurs poses sexuelles de grands? Me Delarue répond par une autre question: «Quelle est la part de mauvais traitements, de fantasmes, de contamination avec le premier dossier?» La défense a raison de «surfer sur la vague», admet Me Marc Pantaloni pour la partie civile. «C’est quand même un dossier d’inceste familial.» Il reste prudent, très. Il a raison. Car c’est une nouvelle guérilla qui s’ourdit dans les coursives. «Laissons la justice montrer qu’elle peut juger sereinement à Saint-Omer», plaide Eric Vaillant. Si trop de boue, trop d’émotion spectacle ne faussent pas les débats.

    Je suis tombée enceinte de mon père

    Témoignage d’une jeune victime

    Dans un hôpital à Goulmim, une jeune femme de 18 ans vient de mettre au monde un bébé. Un accouchement réussi, aucune complication. La fillette, qui aura bientôt un mois, est en bonne santé. La maman aussi. Une histoire banale jusqu’à ce qu’on découvre l’identité du père, qui n’est autre… que le grand père du bébé ! Une sordide histoire d’inceste…

    Leila (appelons-la ainsi), a de l’amertume dans la voix. Voilà moins d’un mois qu’elle a accouché d’une fillette qui se trouve être en même temps sa fille et sa sœur. Leila, âgée d’à peine 18 ans a subi depuis l’âge de 14 ans l’abus sexuel de son père, Saïd.A, un militaire de 63 ans. «J’avais 14 ans lorsqu’il a abusé de moi pour la première fois» se rappelle leila. En racontant son histoire, la jeune fille a du mal à l’appeler «mon père», se contentant d’un «il» qu’elle utilise au minimum. «Je faisais encore mes études au Centre de formation professionnelle de Guelmim. Un après-midi alors que je n’avais pas cours, il m’a demandé de l’accompagner à la maison d’un ami à lui pour la nettoyer. Je l’ai naturellement suivi sans me poser la moindre question, c’était tout de même mon père. En arrivant là-bas, il m’a enfermée et m’a violée». De la pédophilie doublée d’un inceste, c’est la pire violence que l’on puisse faire subir à un enfant de 14 ans. L’aînée d’une famille de 13 membres. En rentrant chez elle, Leila ne se renferme pas. Elle raconte tout, dans les détails, d’abord à sa mère, puis au reste de la famille… Mais en vain. La famille de la jeune fille préférera la prendre pour une adolescente au bord de la folie, plutôt que de croire à une aussi impensable violence et y faire face. «Évidemment, personne ne m’a crue, et je suis passée pour être une adolescente révoltée, menteuse et qui souffre de troubles psychologiques… Il faut dire aussi que je n’avais aucune preuve de ce que je disais. J’ai même insisté pour aller voir un médecin et on m’a fait passer des examens médicaux. J’étais encore vierge !».

    A 14 ans, j’ai fugué
    Tant pis si on refuse de la croire, il n’était plus question pour Leila de rester sous le même toit avec «cet homme». Car depuis le jour où il a abusé d’elle sexuellement, elle dit avoir arrêté de voir en lui un père. «Je ne supportais plus de rester à la maison. Je n’ai pas hésité à fuguer abandonnant mes études». Sa panique la conduira chez son oncle à Agadir qui l’a accueillie pendant un mois, «mais sans vraiment croire, comme tout le monde, à ce que je lui ai raconté», précise la jeune fille qui est partie ensuite se réfugier chez son grand-père à Guersif. «Après 3 mois passés chez mon grand père. Il (son père) est venu me récupérer de force. Lorsqu’on m’a ramenée à la maison, j’ai tout de suite sombré dans une grande déprime. J’ai piqué plusieurs crises de nerfs, j’étais devenue complètement dépressive… Mon état l’arrangeait puisqu’il confirmait que j’étais «folle» et que j’ai tout inventé dès le début», raconte t-elle. Dans les faits, les crises de la jeune fille étaient tout à fait normales : «Je vivais avec la peur constante de le voir abuser de moi de nouveau» dit-elle. C’est à cette période là que Leila a commencé à prendre des médicaments, somnifères, antidépresseur et autres… «Mais je vivais dans une angoisse terrible qui ne me permettait aucun repos ni rétablissement».
    L’enfer de Leila durera trois longues années. «Pendant trois ans, j’ai vécu un véritable enfer. Je refusais de me séparer de ma mère, surtout pendant la nuit. Je ne supportais plus d’être dans une pièce obscure, je dormais toujours avec la lumière allumée», se rappelle t-elle.
    Pendant ce temps, Leila sera heureusement protégée par sa maman qui, sans véritablement croire à ses «histoires», lui assure un soutien psychologique.

    L’inceste reprend
    le dessus
    Saïd.A, lui, n’aura pas pour autant perdu goût à l’inceste et à la violence. Début 2005, sa femme tombe enceinte de jumelles, il la bat et la chasse de la maison. «Ma mère, avec son gros ventre, ira vivre seule avec mon frère jumeaux dans une autre maison» signale Leila qui reste désormais face à son père qui a refusé qu’elle rejoigne sa mère.
    C’est désormais elle qui s’occupe de la maison, de ses petits frères et sœurs… et de son père !
    «Il a commencé à me faire ingurgiter lui-même mes médicaments. Il m’en augmentait à chaque fois la dose. J’étais constamment fatiguée, et ce que je prenais comme somnifères le soir faisait que je sombrais dans un sommeil très profond», raconte leila. «C’est justement quand j’étais dans le pire de mes états qu’il a commencé à abuser de moi de nouveau…».
    Et l’inceste donne son fruit. Leila tombe enceinte ! «A une certaine période, je commençais à me sentir encore plus mal. J’avais tout le temps des nausées, je vomissais à longueur de journée, j’étais dégoûtée de certains aliments, j’avais plus d’envie pour d’autres… J’étais enceinte, mais à 17 ans, j’étais trop jeune pour le comprendre du premier coup». Le père refusait de laisser sa fille aller consulter un médecin en la faisant croire qu’autant de malaise était tout à fait normal sous l’effet de son traitement…
    «Mon ventre était trop petit pendant toute la durée de la grossesse, ce n’est que vers le 5ème mois que j’ai commencé à y sentir du mouvement. C’est là que j’en ai parlé à une voisine, vu que je n’avais pas le droit de voir ma mère. C’est elle qui m’a emmenée en cachette chez un médecin qui m’a confirmé ma grossesse. J’étais dégoûtée, mais à ce stade de la grossesse, il n’y avait plus moyen d’avorter», précise-elle. A sa sortie du centre de santé, Leila prend avec sa voisine directement le chemin du premier Commissariat de police. «Je voulais le voir jeté en prison. Puisque je passais pour une folle en en parlant à ma famille, j’ai décidé de m’en occuper toute seule. N’est ce pas qu’ils voulaient une preuve ? Et bien je l’avais la preuve : je portais ma propre sœur dans mon ventre !», s’indigne t-elle révoltée.
    Après avoir porté plainte, Leila a eu le réflexe de s’adresser à l’Association «Touche pas à mon enfant» qu’on lui aurait conseillée. «Ce sont les gens de l’association qui ont intervenu pour qu’il (son père) soit retenu dans la caserne militaire en attendant le verdict».
    La jeune femme reçoit pourtant la visite, indésirable, de son père le jour de son accouchement à l’hôpital : «Je ne sais sous quel miracle il est venu me demander pardon, devant ma mère. Chose qui n’a absolument rien changé à la haine que je lui porte désormais. Il n’est pas question que je lui pardonne», insiste Leila. Elle aurait vu juste. Une semaine plus tard, il est revenu à la maison (où est revenu s’installer sa femme), «cette fois, il est venu me demander de retirer ma plainte, quand j’ai refusé il nous a frappé ma mère et moi».
    A présent, l’affaire est entre les mains du tribunal militaire, une fois le jugement de ce dernier soumis, Saïd.A passera devant le tribunal civil. En attendant, le bébé de Leila ne porte pas encore un prénom officiel : «Elle ne dispose encore d’aucun papier. A la maison, chacun l’appelle comme il veut. Pour le moment, je n’ai aucune envie de lui trouver un prénom. Je n’arrive même pas à assimiler le fait qu’elle soit ma fille. C’est ma mère qui s’en occupe, je la vois comme une petite sœur…bizarre !».

    Quand un spécialiste justifie la pédophilie

    Adaptation française de Martin Dufresne, Hélène Palma et Léo-Thiers Vidal
    Richard A. Gardner, un expert légiste très connu, fait depuis longtemps carrière dans l’évaluation des enfants, notamment dans le contexte de litiges de garde entre leurs parents. D’aucuns le considèrent comme une autorité dans ce domaine : on a été jusqu’à le qualifier de « gourou » des évaluations en matière d’attribution de garde d’enfants (Quinn, 1991). Gardner a élaboré de nombreuses théories et instruments relatifs aux enfants et ses travaux continuent à servir de base à des arrêts judiciaires qui affectent le mieux-être d’enfants partout aux États-Unis. En 1992, un article paru dans The National Law Journal décrivait Gardner « comme l’un des plus éminents – certains disent dangereux – ténors de la thèse réactionnaire selon laquelle on assisterait à une épidémie de femmes vindicatives qui accusent faussement les pères d’agressions sexuelles contre des enfants afin d’obtenir gain de cause dans des différends de droit de garde » (Sherman, 1993, p.1).

    Si les théories de Gardner à propos d’une hystérie collective en matière d’agressions sexuelles ont largement été critiquées, ses opinions concernant les véritables agressions sexuelles sur mineur-es et ses recommandations en matière de traitement des familles touchées par l’inceste ont fait l’objet de très peu d’attention. Le présent article soumet à un examen approfondi les conceptions de Gardner en matière de pédophilie et son approche thérapeutique de l’intervention auprès des familles où un enfant a subi des agressions sexuelles de la part d’un parent.

    Les antécédents professionnels de Gardner

    Gardner a une pratique de pédopsychiatre et de psychanalyste pour adultes. Il est professeur de pédopsychiatrie clinique au College of Physicians and Surgeons de la Columbia University. Il a rédigé plus de 250 livres et articles comprenant des conseils adressés aux professionnels de la santé mentale et du droit, aux adultes qui divorcent et à leurs enfants (Sherman, 1993, p. 45). La maison d’édition privée de Gardner, « Creative Therapeutics », publie ses nombreux livres, cassettes et vidéos. Gardner a également son propre agent ainsi qu’un site Internet (1) où sont annoncées ses publications. On y apprend qu’il a été reconnu témoin expert dans quelque 300 instances, tant correctionnelles que civiles, intentées dans plus de 24 États américains. Gardner témoigne presque exclusivement pour la défense dans les procès pour agression sexuelle sur enfants.

    La théorie de Gardner concernant la sexualité atypique

    « Plus la machine à survie est jeune au moment de l’apparition des pulsions sexuelles, plus durable sera sa capacité procréatrice… »

    Gardner (1992, pp. 18-32) a élaboré sa propre théorie sur les bénéfices, du point de vue de l’évolution , des pratiques sexuelles déviantes, qualifiées de paraphilies. Selon lui, plusieurs comportements sexuels humains particuliers, dont la pédophilie, le sadisme (sexuel), la nécrophilie (la sexualité avec des cadavres), la zoophilie (la sexualité avec des animaux), la coprophilie (la sexualité impliquant la défécation), la klismaphilie (la sexualité impliquant des lavements) et l’urophilie (la sexualité impliquant l’urine), peuvent être considérés comme utiles à la survie de l’espèce. Il ne serait donc « pas justifié de les exclure de la liste des ‘formes prétendûment naturelles du comportement sexuel humain’ ». À son avis, de telles paraphilies pourraient servir les buts de la Nature par leur capacité à augmenter le niveau général d’excitation sexuelle dans la société et donc la probabilité que les gens aient des rapports sexuels, contribuant ainsi à la survie de l’espèce (Gardner, 1992, p. 20).

    Dans le cadre de sa théorie, Gardner (1992, pp. 24-5) prête à la pédophilie des fins liées à la procréation. Même si une grossesse est encore impossible, il prétend que l’enfant attiré-e dans des rencontres sexuelles dès l’enfance est susceptible de devenir hautement sexualisé-e et de rechercher activement des expériences sexuelles durant les années précédant la puberté. Ainsi « chargé-e à bloc », l’enfant est plus susceptible de transmettre très tôt ses gènes à sa progéniture. Pour Gardner (1992, pp.24-5) : « Plus la machine à survie est jeune au moment de l’apparition des pulsions sexuelles, plus durable sera sa capacité procréatrice et plus grande la probabilité que cet individu engendre d’autres machines à survie dans la génération suivante. »

    Note
    1. Le site gardner.com
    Lire la version intégrale de ce document exceptionnel en format PDF

    En version anglaise sur le site The Leadership Council For Mental Health, Justice & the Media à cette page.

    Cet article est le premier d’une série en deux parties. Le deuxième article est intitulé « Le Syndrome d’Aliénation Parentale a-t-il une base empirique ? Examen des théories et opinions de R. Gardner ». On peut le lire et le télécharger en PDF depuis le site Sisyphe à cette page.

    COMPLEMENT D’INFORMATION

    Décès de Richard Gardner

    Sur le site de « The Independant » (http://news.independent.co.uk/people/obituaries/story.jsp ?story=411000) : une sommation par Andrew Gumbel de la triste carrière du principal « témoin expert » utilisé par les violeurs d’enfant pour discréditer leurs victimes et leurs mères. Gumbel décrit Gardner – qui est mort dimanche dernier – comme un « authentique monstre américain » dont la recommandation-type à une femme qui apprendrait que son enfant est agressé par son père était de recommander qu’elle menace l’enfant dans ces termes : « Don’t you say that about your father. If you do, I’ll beat you. » !…

    Richard Gardner est l’auteur du prétendu « syndrome d’aliénation parentale », une fiction déculpabilisante qui ferait, si on y accordait foi, de tout enfant qui témoigne d’une agression subie par le père une victime de sa mère… Il a été jusqu’à écrire que, selon lui, les femmes qui divulguaient l’agression de l’enfant par le père exprimaient en fait leurs « propres » inclinations sexuelles à l’égard de la victime !… Ses thèses sont reprises au Québec et en Europe par Hubert van Ghyseghem, un « témoin expert » montréalais spécialisé dans l’approche « Monsieur ne peut pas être pédophile ; mon test scientifique le démontre… »

    Malheureusement, faute de plus d’exigence de la part des médias, le lobby des agresseurs sexistes continue à tenter d’imposer le « SAP » comme légitime sur toutes les tribunes, malgré son rejet par l’ensemble des instances de contrôle d’une pratique qui ne fait déjà pas de cadeaux aux femmes.

    Pour en savoir plus : Lire ici


    © Sisyphe 2002-2006

    Article publié avec l’aimable autorisation du site  Sisyphe.org,  rubrique 7, article 294


    Esclavage et le commerce des femmes en Iran

    Par Donna M. Hughes, professeur, ayant une chaire d’études sur les femmes (Carlson Edowed Chair) à l’Université de Rhode Island. Toute information sur la prostitution et l’esclavage et le commerce des femmes en Iran peut lui être expédiée à dhughes@uri.edu & pour en savoir plus faire www.uri.edu/artsci/wms/hughes Article paru le 11 juin 2004 dans Insight on the News & Front Page Magazine.com

    Un des moyens les plus efficaces pour contrôler la société, utilisé par les mollahs intégristes d’Iran, est de dépouiller la femme de ses droits et de sa liberté. Ces islamistes appliquent depuis 25 ans des règles sadiques et humiliantes contre les filles et les femmes du pays, les transformant en esclaves dans un système d’apartheid sexuel, les forçant à se voiler, les traitant en citoyens de seconde zone, les fouettant et les lapidant à mort.

    Dans le même esprit, ces mollahs fondamentalistes ont ajouté un autre moyen de déshumaniser filles et femmes, en en faisant commerce pour la prostitution. Il est impossible d’avoir le nombre précis des victimes, mais selon une source officielle à Téhéran, on a recensé un accroissement de 635% des jeunes filles qui se prostituent.

    Ce chiffre donne un idée de la vitesse de propagation de tels abus. À Téhéran, on estime le nombre de filles et de femmes prostituées à 84 000, la plupart dans les rues, certaines dans les 250 bordels connus de la capitale. Le commerce est international et des milliers de filles et de femmes ont été vendues à l’étranger pour l’esclavage sexuel.

    Le chef du bureau d’Interpol en Iran pense que ce type de commerce est l’un des plus lucratifs aujourd’hui en Iran. Cette activité criminelle est menée avec l’assentiment et même la participation des mollahs intégristes. De hauts fonctionnaires du gouvernement sont impliqués dans l’achat, la vente et l’abus des filles et des femmes. La plupart d’entre elles viennent de régions rurales pauvres.

    L’usage de la drogue est très répandu dans ce pays et des parents dépendants de la drogue vendent leurs enfants pour alimenter leur accoutumance. Le niveau élevé du chômage (28% des jeunes de 15 à 29 ans, 43% des femmes de 15 à 20 ans) incite les filles à accepter des opportunités risquées. Les marchands d’esclaves n’ont plus qu’à ramasser les plus vulnérables. L’exemple du récent tremblement de terre à Bam qui a rendu un grand nombre de filles orphelines est frappant. Sous prétexte de protection, ces filles ont été enlevées, emmenées sur le marché de Téhéran pour être vendues à des marchands Iraniens et étrangers. Dans ce dernier cas, la destination la plus courante est le Golfe persique.

    D’après le chef du tribunal de la province de Téhéran, les trafiquants visent des jeunes filles de 13 à 17 ans pour les envoyer dans les pays arabes, mais des informations par ailleurs nous donnent une tranche d’âge de 8/10 ans. Une jeune fille de 18 ans a réussi à s’échapper d’un sous-sol de rassemblement avant expédition au Qatar, au Koweit et aux émirats, et le réseau a été découvert.

    Le nombre de filles Iraniennes déportées des pays du Golfe donnent une idée de l’ampleur de ce commerce. À leur retour en Iran, les Islamistes blâment ces victimes et souvent les punissent et les mettent en prison ; elles sont « examinées » pour savoir si elles ne se sont pas eu des « activités amorales » et, dans ce cas, ils leur interdisent la sortie du territoire (1).

    La police a découvert plusieurs réseaux de prostitution et de commerce opérant à Téhéran et exportant en France, en Grande Bretagne et en Turquie. Un réseau basé dans ce dernier pays, achète des filles iraniennes passées en contrebande, leur donne un faux passeport et les expédie de là en Europe ou dans le Golfe. Dans un cas précis, une fille de 16 ans a été vendue à un citoyen européen de 58 ans pour 20 000 $ !

    Dans la province du Khorassan, au Nord-Est, la police locale a rapporté que les filles étaient vendues à des Pakistanais comme « esclaves sexuels ». Les Pakistanais épousent ces filles de 12/20 ans, puis les vendent « après usage » à des bordels appelés « kharabat ». Un réseau a été découvert, contactant des familles pauvres autour de Mashad et leur offrant « le mariage ». Les filles sont alors emmenées dans des bordels pakistanais à travers l’Afghanistan. Au Sistan Balouchestan, à la frontière du sud-est, des milliers de filles iraniennes ont été vendues à des Afghans. La destination finale n’est pas connue.

    L’accroissement de la prostitution et du commerce de filles est lié à celui des fugues. La rébellion des filles contre la rigueur intégriste, l’absence de liberté, les abus domestiques et la dépendance familiale à la drogue contribue à cette calamité. Mais la fuite vers plus de liberté à l’extérieur mène à plus d’abus et à l’exploitation, 90% des filles qui fuguent se retrouvent prostituées. À Téhéran seulement, on compte 25 000 enfants des rues, la plupart des filles. Les proxénètes chassent les fugueuses et les écolières vulnérables dans les rues et les parcs. Dans un cas précis, on a découvert une femme vendant depuis quatre ans des filles pour les pays du Golfe, les enlevant dans la rue ; elle a même vendu sa propre fille à 11 000 $.

    L’Iran est un pays totalitaire et la plupart des activités organisées sont connues des autorités. De nombreux mollahs et officiels du pouvoir sont impliqués dans les réseaux d’esclavage sexuel. On sait que pour obtenir le divorce une femme est obligée de couchée avec le juge. Les femmes arrêtées pour prostitution sont obligées de coucher avec l’officier qui les arrête. On nous a signalé le cas d’officiers de police traquant des jeunes femmes pour les amener aux riches et puissants mollahs.

    On a construit des abris pour assister les fugueuses. Les fonctionnaires qui gèrent ces abris sont souvent corrompus et montent des réseaux de prostitution autour des filles qu’ils sont censés protéger. À Karaj par exemple, l’ancien chef du tribunal révolutionnaire et sept autres officiels ont été arrêtés, car ils étaient impliqués dans un réseau utilisant des jeunes filles de 12/18 ans venant d’un abri appelé « Centre d’Orientation Islamique »…. À Qom, le centre spirituel de l’Iran, quand un réseau a été éventé, on a découvert qu’il était animé par des fonctionnaires, certains appartenant au Département de la Justice.

    Les mollahs au pouvoir ont des opinions officielles différentes vis à vis de ce commerce. Les uns le nient en le cachant, les autres le reconnaissent et s’en accommodent. En 2002 une journaliste de la BBC a été chassée du pays car elle avait pris des photos de prostituées. On lui a dit « on vous chasse…pour les photos de prostituées que vous avez prises, car ce n’est pas le reflet de la vie dans notre République Islamique, car nous n’avons pas de prostituées ». Plus tôt la même année, des officiels du Département Social au Ministère de l’Intérieur ont suggéré de légaliser la prostitution, afin de la contrôler et d’éviter la propagation du Sida. Ils ont proposé la création de bordels qui seraient appelés « maisons de la moralité », en utilisant la coutume traditionnelle du « mariage temporaire », le couple se mariant un laps de temps très court, pour faciliter la prostitution. Quand il s’agit d’utiliser ou de contrôler les femmes, les Islamistes ne manquent pas d’imagination.

    On pourrait penser qu’un commerce de filles aussi florissant, dans une théocratie, avec des mollahs comme maquereaux, est en contradiction avec la loi religieuse du pays. En fait non ! D’abord l’exploitation des femmes est étroitement liée à leur répression et elles sévissent ensemble là où les droits de la femme et sa liberté sont dénigrés, individuellement ou collectivement. Ensuite les fondamentalistes islamiques d’Iran ne sont pas simplement des musulmans conservateurs : on est devant une idéologie politique raciste qui considère la femme comme inférieure sur le plan intellectuel et moral. Ces gens-là haïssent l’esprit et le corps de la femme. Vendre des filles et des femmes pour la prostitution n’est que le complément déshumanisant à l’obligation de se couvrir entièrement le corps. Dans une dictature basée sur la religion comme l’Iran, on ne peut faire appel à la loi pour obtenir justice. Il n’y a aucune garantie et aucun espoir d’obtenir un quelconque respect ou dignité. Seule la fin du régime des mollahs pourra libérer les filles et les femmes iraniennes de toutes les formes d’esclavage qu’elles subissent.

    Lien direct de l’article

    Source: Iran Résist.org

    Source: Iran Résist.org

     

    La prostitution des mineurs, commerce mondial

    Par Claire Brisset

    Enfances décomposées

    CERTAINS sujets brisent difficilement le silence. L’exploitation des enfants par des réseaux mondiaux de prostitution liés à la terrible progression du tourisme sexuel oblige autorités et organisations de défense des droits humains à réagir. A l’initiative du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), une centaine de gouvernements se retrouvent avec de nombreuses institutions en Suède du 27 au 31 août, afin d’élaborer une stratégie commune pour réprimer ce fléau.
    Il est des  » prostitués  » qui n’ont pas cinq ans. Quelques-uns sont même des nourrissons une victime identifiée en Belgique n’avait que neuf mois : elle en est morte. Un million d’enfants rejoignent chaque année, dans le monde entier, les rangs des victimes du tourisme sexuel et de la prostitution organisée. Lucrative activité, dont le profit se chiffre en milliards de dollars ; industrie en pleine croissance, à l’Est comme à l’Ouest, au Nord comme au Sud de la planète, tant la  » demande  » est forte et l’offre sans limites. Commerce mortifère, qui se traduit en enfances détruites, en viols, en sida. Pour la première fois, la communauté mondiale entreprend d’affronter un problème dont les dimensions internationales ne peuvent plus échapper aux responsables politiques. Du 27 au 31 août 1996, le Congrès mondial sur l’exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales se réunit à Stockholm, à l’initiative conjointe du gouvernement suédois, du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) et d’une myriade d’organisations non gouvernementales dont les plus actives sont regroupées au sein de End Child Prostitution in Asian Tourism (Ecpat, Pour en finir avec la prostitution enfantine du tourisme en Asie), engagé depuis des années dans ce combat (1). Plus de cent gouvernements ainsi qu’Interpol et de nombreux représentants de l’industrie touristique conscients du dévoiement de leur activité ont déjà annoncé leur participation. Les faits étaient connus depuis bien longtemps, et chacun semblait prendre son parti de voir Manille, Bombay ou Bangkok transformées en vastes bordels (2). Certes, entendait-on, peut-être ces centaines de milliers de victimes ne sont-elles pas toutes consentantes, mais du moins ont-elles un emploi ; certes, quelques-unes d’entre elles semblent très jeunes, mais en Asie la maturité vient si tôt… Des enfants ? Mais qu’appelle-t-on un enfant ? Quinze ans ? Douze ans ? Allez savoir ! Huit ans ? Cinq ? C’est là que survenait, que survient encore, la dénégation. Or l’aveuglement n’est plus possible tant ce marché est devenu massif, envahissant, alourdi chaque année de nouveaux témoignages. Les clients des prostituées craignent tant le sida qu’ils les recherchent de plus en plus jeunes, les pensant ainsi non contaminées. C’est ignorer l’habileté et le goût du lucre des souteneurs qui, louant très cher les services d’enfants vierges, leur font refaire à plusieurs reprises des  » virginités  » hautement rentables. C’est ainsi que l’on compte en Thaïlande, selon l’estimation de l’Unicef, environ 300 000 enfants de moins de seize ans travaillant dans des bars et des maisons closes. Hermétiquement closes puisque ces enfants, dont la majorité ont été enlevés ou achetés dans le nord du pays partie la plus pauvre de la Thaïlande, peuplée de minorités sont enfermés de jour comme de nuit. Ils sont d’abord livrés, dans une chambre gardée, à leurs premiers clients, qui défileront au rythme de dix à quinze par jour. Pour la plupart, ces rapports sexuels contraints s’accompagnent de coups et de mauvais traitements de toutes sortes. Mme Marie-France Botte, une jeune assistante sociale belge, est parvenue, au péril de sa vie, avec des équipes thaïlandaises, à faire libérer 1 400 enfants des maisons closes de Bangkok :  » On les viole, on les affame, on les brûle avec des cigarettes, on les blesse à coups de ceinture, voire à coups de couteau, on les torture parce qu’ils ne veulent pas du soi-disant « nouvel amour« . Et, au bout du chemin, on les laisse crever de ces mauvais traitements et du sida (3).  » Ce  » nouvel amour  » est celui que les pédophiles, occidentaux ou non, prônent inlassablement et qu’ils mettent en pratique, au mépris de toutes les lois. Certes, la Convention des Nations unies sur les droits de l’enfant (20 novembre 1989) prévoit l’interdiction de toute prostitution enfantine. Certes, le code pénal français punit de cinq ans de prison les relations sexuelles rémunérées avec un enfant de moins de quinze ans, et de vingt ans de réclusion criminelle toute  » atteinte sexuelle  » sur un mineur de moins de quinze ans  » commise avec violence, contrainte ou surprise « . Il n’en demeure pas moins que toute une littérature de propagande fleurit librement, sous couvert d’expression artistique, sans que leurs auteurs soient le moins du monde inquiétés. On peut ainsi lire, sous la plume de Gabriel Matzneff, de retour d’un voyage aux Philippines (4) :  » Amoureusement, ce que je vis en Asie est très inférieur à ce que je vis en France, même si les petits garçons de onze ou douze ans que je mets ici dans mon lit sont un piment rare. Oui, un piment, mais seulement un piment : une épice et non le plat de résistance.  » Mais les  » clients  » des enfants prostitués ne sont pas tous des pervers. La plupart sont des citoyens ordinaires, sans habitudes apparentes particulières. Leurs goûts sexuels s’exercent plus facilement à l’étranger que chez eux, où les risques sont plus grands. Avec les gamin(e)s du tiers-monde, tout est tellement plus simple… C’est l’enfant matière première, l’enfant qu’on achète, qu’on loue, puis qu’on jette peu importent les conséquences. Les suites commencent pourtant à être connues : c’est l’explosion de l’épidémie de sida dans toute l’Asie, notamment en Thaïlande et en Inde, où la prostitution enfantine atteint des seuils jamais égalés. Ce sont des enfances saccagées par des pédophiles venus d’Occident, du Japon ou, plus nombreux encore, du pays lui-même. Et ce proxénétisme s’accompagne d’une propagation de la pornographie mettant en scène des enfants, industrie florissante. Car les clients sont les mêmes. Ceux qui recherchent des enfants sont aussi ceux qui les filment puis distribuent tout ce matériel, de plus en plus facile à produire grâce aux Caméscope et autres appareils de vidéo amateur. Selon Interpol, l’Allemagne est le principal producteur de ce type de films, les Pays-Bas et le Royaume-Uni sont de vastes centres de distribution, les Etats-Unis le plus gros marché, avec un chiffre d’affaires annuel qui dépasse le milliard de dollars. Ce commerce, sans délaisser l’Europe et l’Amérique du Nord, se déplace lentement vers l’Asie. Tout démontre que dans ces deux domaines prostitution et pornographie enfantines il n’existe plus de zones préservées. Le Cambodge et le Vietnam sont touchés de plein fouet, comme l’est toute l’Amérique latine, notamment le Brésil et la Colombie (lire, pages 6 et 7, l’article d’Eduardo Galeano). En Afrique, le phénomène s’accroît dans les régions en guerre, où l’errance rend quantité d’enfants réfugiés très vulnérables à toutes sortes de pressions et de coercitions. L’exploitation sexuelle des mineurs s’y exerce aussi sur les travailleurs à domicile, considérés comme corvéables aux services les plus divers. Au Proche-Orient et au Maghreb, cela passe également souvent par le travail domestique, malgré la dénégation des gouvernements, mais aussi par le biais du mariage d’enfants, légitimation de leur utilisation sexuelle, rendue ainsi  » présentable  » quoique hautement monnayée. Le Nord reste toutefois un pivot essentiel de ce trafic. D’abord par la masse de touristes qui écument les bars et  » salons de massage  » des pays du Sud. Mais aussi parce que la prostitution enfantine s’exerce sur son propre sol, et de plus en plus. Il y aurait près de 30 000 prostitués mineurs à New York et de 10 000 à 15 000 à Paris. Il s’agit là, le plus souvent, d’adolescents en rupture de famille, qui se vendent pour acheter une dose de drogue ou, plus simplement, un bien de consommation rendu  » indispensable  » par la pression sociale. La paupérisation de l’Europe de l’Est y a entraîné l’éclosion et le développement inquiétant de ce moyen de survie, notamment en Russie, en Pologne et en Roumanie. Pour ce qui concerne la France, les organisateurs de la conférence de Stockholm se montrent extrêmement critiques à l’égard du Minitel, dont on sait qu’il est, avec la complicité de fait de son administrateur France Télécom, un relais efficace de la prostitution, y compris des mineurs. Plus généralement, le détournement de procédés plus modernes de communication Internet au premier chef fait naître de très fortes inquiétudes. Reste à souligner que la banalisation des scènes pornographiques, avec leur diffusion par la télévision, permet à tous, y compris aux pédophiles, de considérer comme réalisables avec des enfants des fantasmes qui ne relèvent à l’évidence, entre adultes, que de la sphère privée. Le mouvement est-il encore contrôlable ? De l’avis unanime, un aspect paraît essentiel, celui du droit : il faut renforcer l’arsenal des textes, et surtout les faire appliquer. Douze pays dont la France, les Etats-Unis, l’Allemagne, la Belgique, etc. ont adopté des lois d’extra-territorialité, leur permettant de réprimer sur leur sol des abus sexuels sur mineurs commis à l’étranger. Le Royaume-Uni, pour le moment, s’y refuse. Cette procédure doit être généralisée. D’autre part, certains pays, terres d’élection du tourisme sexuel, ont, comme les Philippines ou même plus récemment la Thaïlande, entrepris de le réprimer. Aux Philippines, cette attitude commence à porter ses fruits. L’un des objectifs de la conférence de Stockholm consiste à donner une très forte impulsion à ces efforts. Essentielle, la répression ne suffit pas pour autant. Le pédophile incarcéré un temps récidivera à sa sortie de prison s’il n’est pas soigné. Pour le moment, de tels traitements n’existent guère. La coopération internationale doit conduire à mieux contrôler les auteurs, et à libérer les victimes. Car les enfants retenus malgré eux dans de tels réseaux doivent bien entendu être considérés comme des victimes, et non raflés et jetés en prison, comme on le voit par exemple au Pakistan.  » Il faut en finir avec tout cela. Parce que c’est insupportable et qu’on peut faire quelque chose. Pour qu’un jour il ne suffise plus de pousser la porte d’un hôtel de Bangkok, d’appeler le garçon d’étage, de lui tendre quelques billets, pour voir arriver dans sa chambre un enfant au regard de somnambule, le corps nu et la serviette à la main (5).  » Victimes, ils le sont tous, par leur blessures, les maladies contractées, parfois mortelles. Et par leur confiance à jamais perdue dans le monde des adultes.

    Claire Brisset.

    Quand on se donne à une femme d’expérience

    par Richard Martineau

    Le journal de Montréal
    Tout le monde a entendu parler du cas de Julie Dorval, cette Québécoise de 31 ans qui a écopé de 15 mois de prison pour avoir entretenu une relation amoureuse avec un jeune de 12 ans.

    C’est clair, cette femme (visiblement perturbée) a brisé la loi et mérite d’être punie.

    Mais je me pose une question, comme ça: le jeune homme, lui, s’est-il senti agressé? Ou se trouve-t-il au contraire chanceux?

    Je ne veux pas minimiser la pédophilie, loin de là, mais je me souviens, quand j’étais un jeune adolescent (et que la testostérone me sortait par le nez), je priais tous les soirs pour que le ciel m’envoie une femme de 20 ou 30 ans.

    Je n’étais pas seul. Tous mes amis faisaient le même souhait. Comme le chanteur Francis Martin (qui est devenu James K. Field après avoir parlé aux anges), on rêvait tous de «se donner à une femme d’expérience».

    Certes, la pédophilie est condamnable, et le juge a bien fait d’appliquer la loi à la lettre (de toute façon, il n’avait pas le choix; la loi, c’est la loi).

    Mais au-delà des considérations légales, la question ne cesse de me chicoter: une femme de 30 ans qui fait l’amour avec un adolescent, est-ce aussi grave qu’un homme de 30 ans qui fait l’amour avec une adolescente?

    Cela a-t-il les mêmes conséquences?

    Après tout, pour qu’il y ait relation, il faut qu’il y ait érection, donc plaisir, donc consentement… Non?

    Plein de tendresse?

    Il y a quelques jours, j’ai fait une tribune téléphonique sur la question.

    Plusieurs hommes m’ont téléphoné. Des hommes qui ont vécu la même expérience, qui ont eu des relations avec des femmes de 30 ans alors qu’ils étaient au début de l’adolescence.

    – Est-ce que tu t’es senti agressé? ai-je demandé à l’un d’eux.

    – Es-tu fou? m’a-t-il répondu en riant. C’est l’une des plus belles choses qui me soient arrivées. Tous mes chums étaient jaloux… Cette femme m’a appris à faire l’amour. Grâce à elle, je suis un excellent amant, plus doux, plus attentionné que la plupart des gars de mon âge…

    Un autre m’a dit que son père l’a félicité quand il a appris ce qui lui est arrivé!

    On connaît tous la chanson de Claude Dubois: «Plein de tendresse, elle avait deux fois mon âge, plein de tendresse…»

    Ça ne sent pas beaucoup l’agression. Plutôt le fantasme réalisé…

    Traumatisme

    Cela dit, le portrait n’est pas toujours aussi rose.

    Un homme m’a fait part de son témoignage. Il avait 12,13 ans, il passait l’été dans un camp de vacances, et la monitrice (qui était dans la trentaine, comme Julie Dorval) allait régulièrement le voir pour l’embrasser sur la bouche.

    Résultat: le gars a été complètement traumatisé. Depuis ce temps, il est incapable d’embrasser une fille…

    «Un acte pédophile est un acte pédophile, que l’adulte soit un homme ou une femme», m’a répété la sexologue Denise Cusson.

    D’accord, je comprends.

    Reste qu’à douze ans, si le ciel avait répondu à mes prières et m’avait envoyé une jolie fille dans la trentaine (à l’époque, je tripais sur Deborah Harry, la chanteuse de Blondie), j’aurais grimpé les marches de l’Oratoire à genoux.

    Et mes amis auraient bavé d’envie…


    La c.i.a. protège les réseaux pédophiles

     Publié le 13 juillet 2007 sur Indymédia


    Les réseaux pédophiles avec des haut placés existent dans différents pays et pratiquent des actes horribles similaires. Ci-dessous, on traitera successivement la Belgique, l’Australie et les Etats-Unis. Mais les pédophiles haut placés sont aussi actifs en Grande-Bretagne, en France, au Portugal etc. Pour ces hommes qui sont impliqués, l’étouffement de leurs affaires réussit traditionnellement par les besognes corrompus des pouvoirs juridiques et des services de renseignements.

    B e l g i q u e

    La disparition de Stacy et de Nathalie, le 9 juin 2006, nous rappelle à la douloureuse épisode de pédophilie en Belgique. Il y a à peine deux mois, Michel Nihoul était mis en liberté provisoire. Depuis lors, on dirait que les kidnappeurs ont repris courage et veulent nous souvenir de leur influence. Il est improbable que Stacy et Nathalie seront retrouvées vivantes. D’autres filles comme Estelle sont toujours introuvables. Les victimes des réseaux pédophiles sont abandonnées à leurs bourreaux. Surtout si notre appareil judiciaire-même paraît moralement et sexuellement corrompu.

    En août 1996, le juge d’instruction Jean-Marc Connerotte réussit, de façon héroïque, à sortir deux enfants de la cave de Marc Dutroux. Dans son investigation, le juge suit la piste des réseaux. Il veut examiner des frottis et des traces d’ADN sur les enfants assassinés. Ses supérieurs ne lui laisseront pas faire. Pour une futilité, Connerotte est licencié et remplacé par un débutant. Non pas le réseau pédophile autour de Nihoul, mais Marc Dutroux doit être placé au centre de l’attention. Quand on découvre que plusieurs témoins cruciaux au procès-Dutroux sont décédés, il devient clair que la piste des réseaux devait être évitée à tout prix. Ont disparus dans un ordre chronologique :

    Francois Reyskens : début juin 1995, il disait avoir des informations sur la disparition de Julie et Mélissa. Avant d’arriver au commissariat de police il se fait écraser par un train.

    Bruno Tagliaferro, un marchand de quincaillerie et connaissance de Dutroux, fait savoir qu’il peut fournir de l’info sur la voiture qui avait servi à enlever Julie et Mélissa. Il déclarait aussi posséder une liste de noms relatés à Dutroux. Le 5 novembre 1995, on le trouvera mort apparemment décédé d’une crise cardiaque. Dur à croire, selon sa femme Fabienne Jaupart, qui fait réaliser une autopsie secondaire. Des prélèvements de sang auraient indiqués que son mari était empoisonné. Peu après, on la retrouvera morte sur un matelas moitié brûlé. Le matelas contient des traces de carburant.1 (milieu de la page) La piste essentielle à l’enquête — le trafic des voitures — est en suite compartimenté de façon efficace par le procureur général Anne Thilly. Qui ne s’épargnera point pour saboter la suite du procès.

    Le 22 janvier 1996, Simon Poncelet, chercheur de police examinant la même piste d’escroquerie de voitures, est tué par balles. Son père souligne qu’il voit une connexion claire avec le procès-Dutroux.2

    Le 5 avril 1998, Brigitte Jennart apparemment se suicide. Elle est la dentiste de Michel Nihoul et de sa femme Annie Bouty. Jennart est probablement le témoin décédé le plus important :elle en savait trop sur l’escroquerie pédophile du couple-Nihoul avec des réfugiés africains.3

    Anna Konjevoda, en 1996, se présente comme témoin dans la disparition des deux fillettes. La femme dit en savoir plus sur la connexion entre les kidnappings et le trafic de voitures à Charleroi. Le 7 avril 1998, on la draguera du canal de Liège. Une autopsie prouvera qu’elle était asassiné par strangulation.source

    Le 25 août 1995, Guy Goebels, qui examinait la disparition de Julie et Mélissa, se suicide — officiellement — avec son arme de service. Les parents des filles connaissent bien le chercheur et estiment qu’un meurtre est plus probable.4 Jean Marc Houdmont, connaissance de Dutroux, meurt le 25 février 1997 dans un accident de voiture, en route vers Namur pour délivrer son témoignage sur Dutroux.5 Et ce ne sont pas les seuls. Lire cet article pour apprendre qu’il y a encore plus de témoins décédés.

    La plupart de ces témoins transmettait ses informations à la gendarmerie ou à la court de justice, avant de perdre la vie peu après. La façon volontairement déficiente des services juridiques de traiter ces disparitions, et le silence quasiment complet des médias sur ces témoins décédés, sont accablants.

    Pendant son apparition au procès-Dutroux, un Jean-Marc Connerotte brisé résumait correctement que ‘jamais auparavant avait-on gaspillé tant d’énergie à l’enrayage d’une investigation’. La police l’alertait que des contrats était préparés pour ’terminer’ les magistrats si nécessaire. Connerotte-même se faisait transporter dans une voiture pare-balles. Selon le juge, Nihoul profitait d’une certaine protection et était hors d’atteinte.6

    Que la piste des réseaux pédophiles fut étouffée sera confirmé par le témoignage d’une victime connue de pédophilie. Durant l’arrestation de Dutroux, Régina Louf reconnaît Michel Nihoul à la télévision comme un de ses bourreaux.7 Selon elle, Nihoul jouait un rôle central dans l’organisation des Ballets Roses : des réunions aux années ’80 où des filles mineures furent horriblement abusées par différents personnages. Elle témoigne que Michel Nihoul — ensemble avec Annie Bouty — avait tué une autre victime, Christine Van Hees, de façon rituelle. Elle décrit exactement tous les détails du meurtre comme les investigateurs les avaient découverts.8 Régina connaît aussi d’autres victimes du réseau comme Carine Dellaert, Catherine De Cuyper et plusieurs autres filles.

    Durant les sévices, Régina reconnaît des politiciens, elle nomme des juges haut placés, des officiers de police et des hommes d’affaires. Les interrogations de Régina font resurgir des noms comme Paul Van den Boeynants, Maurice Lippens, Melchior Wathelet, Wilfried Martens, des membres de la famille royale et différents autres. En effet, durant l’investigation, Michel Nihoul avait à quelques reprises nommé Paul Van den Boeynants comme participant aux partouzes.9 Nihoul réglait les fonds des campagnes électorales de l’ancien premier ministre et côtoyait les mêmes milieux neofascistes autour du CEPIC.10 Les interrogations originelles (choquantes) de Régina (pp. 8 à 1083), ainsi que celles de X2 (pp.1083 à1100) et de X3 (pp.1100 à1105), y inclus les noms et perversions des participants, ont transpiré sur l’internet.source

    Que des notables cités par leur nom étaient présents au partouzes ne signifie pas que tous ces hommes sont des pédophiles cruels. Certains étaient leurrés par Nihoul afin d’enregistrer leur présence près de mineurs d’âge sur photo. Les tactiques de chantage par Nihoul étaient inhérents à son organisation et étaient très lucratives. Pour prouver qu’il ne bluffait pas, Nihoul avait essayé plusieurs fois de régler une vente de tels photos avec des agences de presses étrangères comme Der Spiegel ou Canal+.11 Si Nihoul était vraiment en possession de tels matériels sensibles, on peut comprendre pourquoi la piste de réseaux autour de sa personne fut étouffée. On a commis l’erreur de jouer à son jeu de chantage.

    Ce qui n’est point excusable : la disparition à Liège de deux nouvelles filles indique que les réseaux pédophiles continuent leur travail invariablement. Il est recommandable que les personnes qui se font plaisir avec de telles perversions se regardent dans le miroir, et se réalisent qu’ils ont tort.

    A u s t r a l i e

    Ceci est aussi de valeur pour ces abuseurs d’enfants de l’autre côté du monde. Le Dr. Reina Michelson est la directrice du Child Sexual Abuse Prevention Program (CSAPP) en Victoria, au sud de l’Australie. Depuis des années, elle est une combattante couronnée pour les droits de l’enfant. Son histoire commence en 1995 quand elle sonne l’alarme sur des abus pédophiles dans un internat à Victoria et dans un centre d’accueil à Melbourne. Aucune de ces affaires seront résolues.

    Depuis lors, le Dr. Michelson rencontre régulièrement des victimes similaires qui témoignent sur des pratiques sadiques avec des enfants de 2 à 14 ans, sur des tournages de films-x pédosexuels et même sur des meurtres d’enfants. Cette injustice date des années ’80 et continue impunément jusqu’à ce jour.121314

    Les victimes australiens de pédophilie citent ouvertement les noms des participants aux séances : des magnats des médias, des hommes d’affaires et plusieurs politiciens sont impliqués. Personne ne sera poursuivi par la justice.

    En Australie aussi, l’étouffement des affaires de pédophilie est extensif :

    Le scandal à l’internat de Mornington — où au moins 19 enfants sont abusés — est totalement négligé par la police de Victoria. Les instances officielles inviteront ni les parents, ni les victimes à entrer un réquisitoire.15

    La plainte en avril 2002 contre un magnat des médias de Melbourne qui avait violé à répétition un garçon de 3 ans (abus physique confirmé par le Royal Children’s Hospital’s Gatehouse Centre) fut classé sans suite deux jours plus tard.16

    La plainte, en mars 2004, d’un victime de pédophilie des années ’80, contre une personnalité connue de la télévision, fut simplement détruit par la police de Victoria.17 Un enseignant de renommée pédophile à Melbourne donne toujours cours dans l’enseignement secondaire. Il n’a jamais été puni, voir même interrogé.18

    L’étouffement du réseau australien pédophile a tout à voir avec la complicité des services de sécurité. Plusieurs victimes témoignent qu’ils ont été violés par des agents et officiers de police même. C’est ce qu’on peut lire dans une lettre d’avril 2004 envoyé à la CSAPP venant d’une femme qui témoigne : des fonctionnaires de la police de Victoria haut placés se servaient sexuellement d’elle dans une réseau de prostitution locale d’enfants ; elle est toujours intimidée par la police et craint d’être ’suicidée’. Le Dr. Michelson, elle aussi, n’est pas épargnée : on cambriole chez elle, un membre de sa famille est menacé et elle-même est régulièrement physiquement intimidée.192021

    On reconnaît le même phénomène en Belgique : Gina Pardaens, activiste des droits de l’enfant flamande, meurt dans un accident de voiture en novembre 1998. Avant sa mort, elle examinait la disparition d’enfants dans un réseau pédophile et avait découvert de l’information sur le réseau de Nihoul. Les jours précédents à son accident elle fut intimidé à répétition au téléphone et suivi par une voiture de façon constante.source

    En 1996, Marie France Botte, une activiste des droits de l’enfant wallonne mondialement connue, parle de protection de pédophiles haut placés. Fin 1998, madame Botte essaye soi-disant de se suicider en avalant un dissolvant. Son asbl est ébranlée sans cesse et doit finir par fermer ses portes.source

    L’abus navrant d’enfants en Belgique et en Australie indique comment les victimes de pédophilie et les activistes du droits de l’enfant sont intimidés et menacés par un appareil d’Etat. Si les chantages ou les intimidations s’avèrent inefficace, le réseau exécutif autour des pédophiles met en route des moyens plus lourds. On remarque que l’ordre qui est supposé protéger les victimes s’active davantage dans la protection des accusés.

    E t a t s U n i s

    En 1999, Paul Bonacci inculpe des notables au Nébraska d’une série d’abus qu’il avait succombé pendant les années ’80. Il inculpe et cite les noms de policiers haut placés, des hommes d’affaires, des médias, des membres de l’église et de l’orphelinat. Le républicain noir Larry King, manager du Community Federal Credit Union à Franklin, sera condamné à payer un million de dollars d’indemnisation.22

    Ce procès, tout comme en Belgique et en Australie, démontre comment les représentants de l’Etat participent à l’abus des enfants et etouffent l’affaire pendant des décennies. Un thème récurrent est l’opportunité de systématiquement recruter des enfants dans des écoles, des centres d’accueil ou des orphelinats, et de les ’conditionner’ dès un jeune âge pour qu’ils acceptent les excès auxquels ils doivent succomber. Paul Bonacci en fut un malheureux exemple. Comme d’autres victimes de pédophilie, il souffre d’ailleurs du syndrome d’identités multiples.

    Le procès au Nébraska ouvre des veilles cicatrices. Une investigation du comité d’enquête à Franklin indique que l’abus des mineurs date de 1984, et probablement déjà d’avant. On soumet Lisa, une fille de Franklin qui était introduite dans le réseau depuis ses quatorze ans, à un détecteur de mensonges ; son témoignage est tellement incroyable. Le détecteur indique que Lisa racontait la vérité. Elle raconte qu’elle fut transportée par Larry King, ensemble avec des garçons noirs mineurs, vers une partouze au Chicago, où elle avait entre autre reconnu le candidat présidentiel et ancien directeur de la CIA George H.W. Bush. C’est ce qu’on peut lire dans une biographie renommée sur le président.23

    Des articles d’investigation du New York Times du 15 et 22 décembre 1988 avaient exposé en effet que des mineurs, de Franklin à Washington, étaient obligé de fournir des services sexuels aux pédophiles haut placés.24

    Le 29 juin 1989 apparaît en suite un article dans le Washington Times intitulé (ma traduction, ndla) : « Investigation de Prostitution Homosexuelle piègent des VIPs autour de Reagan, Bush ».25 Dans cet article, on peut lire que des jeunes prostitués étaient importés dans la Maison Blanche pour en suite être abusé dans des fêtes vicieuses avec des politiciens, militaires et hommes d’affaires.

    Craig J. Spence est un personnage central dans les scandales à Washington. C’est un lobbyiste républicain homosexuel qui avait introduit des mineurs dans la Maison Blanche à au moins une occasion. Spence est une version américaine de Michel Nihoul. Dans sa résidence secondaire, il s’occupait des orgies élitaires où un tas de participants haut placés étaient discrètement filmés et enregistrés ; ceci paraît dans un article du Washington Times, le 30 juin 1989.26

    Craig Spence aurait dit à un ami : « J’ai besoin de garçons et de filles pour mes fêtes avec des politiciens, avec des hommes d’affaires haut placés, ou d’autres individus, bref : tout ce qui se présente. »27

    Le lobbyiste-souteneur laissait entendre qu’il serait finalement trahis par ce service secret et qu’il mourrait probablement dans un suicide. Ce qui fut le cas.28 Intéressant à l’investigation chez nous des Ballets Roses et des Tueurs du Brabant est que cette pratique de chantage, selon Spence, était une opération de longue durée de la CIA où des call-boys et des mineurs d’âge étaient systématiquement recrutés pour figurer dans des partouzes avec des invités domestiques et étrangers. L’enregistrement des notables dans des scènes compromettantes s’avérait comme base de pouvoir pour les services de renseignements américains.

    C o n c l u s i o n

    Les actes sexuels organisés par les réseaux pédophiles, et dont je vous ai épargné les détails, sont d’une perversion inouïe. Les impliqués se livrent au viols, tortures, et mêmes meurtres de jeunes personnes. Les sessions sont filmés, parfois on cré des soi-disants snuff movies. Des invités sont piégés, filmés et seront chantés si nécessaire. On constate régulièrement un rituel satanique. C’est bouleversant que non seulement ces actes sexuels malsains sont vraiment pratiqués, mais qu’ils cachent aussi une organisation bien huilée.

    Notons que les organisateurs des partouzes en Belgique, comme aux Etats-Unis, sont liés aux services de renseignements. Cette technique permettra aux derniers de chanter des personnes de pouvoir de façon efficace. Durant la période des partouzes outre-Atlantiques, Michel Nihoul équipait systématiquement ses Ballets Roses de caméras. Comme Craig Spence, il tenait des liens proches avec des personnages néofascistes au sein de la Sûreté d’Etat. Durant la même période, ces membres de la Sûreté d’Etat étaient impliqués dans l’organisation des Tueries du Brabant et des CCC Les Tueurs du Brabant : le plus grand hit de la CIA

    Conclusion : en comparant les actions des réseaux pédophiles en Belgique, en Australie et aux Etats-Unis, on constate que les services de sécurité et de renseignement participent activement à l’organisation des réseaux élitaires pédophiles, à l’étouffement de leur existence en temps de crise, et à l’intimidation et l’assassinat éventuel de témoins encombrants.

    Pédophilie et enflammement médiatique

    L’effet boule de neige est dans les média un effet bien connu. On devrait parler  plutôt d’effet d’avalanche pour relater la façon de travailler de certains et plus particulièrement pour les journaux en ligne.

    Petite exemple: Un enfant oublie son sac et sa casquette  dans les vestiaires de son club de football et voilà que la nouvelle se retrouve dans tous les sites!

    Deux heures après on parle déjà d’un hypothétique enlèvement. Non vérifiée l’information enfle sans cesse pour quelques heures plus tard  être transformée en enlèvement avec séquestration! Et ainsi de suite.

    Peu importe si rien n’est confirmé ensuite,  on a publié un article très intéressant pour les lecteurs qui ont déjà posté moult réponses sur des supports en ligne, le but est souvent de flatter un petit animal précieux qui se promène sur les autoroutes de l’information; Il se nomme google.

    Il faudrait arrêter de ressasser les mêmes informations sans contenu comme des moutons et réfléchir un tout petit peu avant de publier la énième version du communiqué de presse de l’AFP ou de Mr. Tartempion pour augmenter le page-rank de votre site »

    Je suis moi-même le webmaster d’un portail internet de lutte contre la pédophilie et je publie certains communiqués de presse pour informer les gens. Certains diront que je ne fais que pratiquer les méthodes que je condamne ici mais je suis particulièrement conscient que pour moi il est indispensable d’informer le public sur les risques liés aux pédocriminels et de proposer de la prévention. Le faire oui, pour  une vraie prévention.

    Pour répondre a certains détracteurs, on peut faire du bon travail avec des moyens faibles voire inexistants, des informations propres, une ligne de conduite claire et une certaine déontologie sans être ni une O.n.g, Ni une organisation gouvernementale, ni une association n’ayant que pour seul but de se servir au passage et de s’entretenir des bons boulots sans se bouger les fesses!

    Notre portail pour ne pas le citer est le Portail Antipedophil, non subventionné, ni association, ni organisation non gouvernementale, ni site gouvernemental et pourtant là! N’en déplaise à certains.

    Pour en revenir au sujet de l’article si l’avalanche médiatique servait les vrai causes et les vrai combats il en serait peut être autrement de la lutte anti pédophile dans ce pays ou les gens sont plus forts pour la critique que pour la construction! La France et les français n’ont pas d’argent pour ce combat qui pourtant les touche ou les touchera personnellement une fois dans leur vie.

    Il est certain que les français sont très fauchés! Sauf pour appeler et soutenir leur chanteur préféré de la star’ac ou le la recherche de la….Il faut espérer qu’ils n’aient jamais à le regretter! Je leur dit quand même qu’au moins nous nous battons de notre mieux.

    Nous faisons sans vous et ferons sans vous mais arrêtez de nous critiquer.

    Ils se reconnaîtront!

    Pour paraphraser une célébrité « vous ne m’aimez pas, mais moi non plus je ne vous aime pas »

    Antipedophil